Fin 1999, les frères Mpenza, Emile et Mbo, disputaient leur dernière rencontre de concert sous les couleurs du Standard. Depuis lors, les Rouches ont encore connu plusieurs fratries : les Uruguayens Jorge et Juan Ramon Curbelo (9 matches ensemble en 2004-2005) ainsi que Julien et Alexis De Sart, qui n'ont toutefois jamais foulé la pelouse en match officiel simultanément. Aujourd'hui, les Liégeois comptent à nouveau deux frangins au sein du club : les frères Mmaee. Samy, 19 ans, évolue en défense tandis que Ryan, son cadet d'un an, est un pur attaquant.
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Fin 1999, les frères Mpenza, Emile et Mbo, disputaient leur dernière rencontre de concert sous les couleurs du Standard. Depuis lors, les Rouches ont encore connu plusieurs fratries : les Uruguayens Jorge et Juan Ramon Curbelo (9 matches ensemble en 2004-2005) ainsi que Julien et Alexis De Sart, qui n'ont toutefois jamais foulé la pelouse en match officiel simultanément. Aujourd'hui, les Liégeois comptent à nouveau deux frangins au sein du club : les frères Mmaee. Samy, 19 ans, évolue en défense tandis que Ryan, son cadet d'un an, est un pur attaquant. Face à Courtrai, début avril, Yannick Ferrera les titularisait tous les deux mais ils n'auront que peu goûté au bonheur de jouer ensemble puisque Samy fut alors exclu après 7 minutes à peine. Leur présence s'explique par la cure de jouvence subie par le 11 liégeois depuis le début de ces PO2. En plus des deux précités, Ferrera a offert du temps à plusieurs jeunes pousses de l'Académie comme Fadel Gobitaka, Hugo Cuypers, Martin Remacle, Jonathan Okita ou encore Achraf Achaoui, Farouk Miya et Rochinha lors de la dernière rencontre face à Mouscron. Passés par Zuun, le Brussels et Gand, les Mmaee ne sont pas deux mais quatre : Jack, l'aîné (21 ans) porte les couleurs de Roda JC, aux Pays-Bas, tandis que Camil, le petit dernier, joue également au Standard, en U12. Nés d'un père camerounais et d'une mère marocaine, Samy et Ryan ont rejoint l'Académie Robert-Louis Dreyfus en 2013 alors qu'ils auraient pu filer à l'étranger : des clubs comme Valenciennes ou Aston Villa les convoitaient. Mais leurs parents tenaient à ce qu'ils poursuivent leur scolarité en Belgique. Ryan est d'ailleurs toujours en rhéto : il étudie à l'Athénée d'Hasselt, en néerlandais, ce qui ne lui permet de s'entraîner avec le groupe pro que lorsque les séances ont lieu l'après-midi. Sans cette contrainte, son temps de jeu, cette saison, aurait probablement été plus conséquent car le bonhomme est considéré comme l'un des grands talents de l'école des jeunes liégeoise. Représenté, comme son frère, par le groupe Stellar Football Ltd qui compte dans son portefeuille des joueurs comme Gareth Bale, Luke Shaw ou Joe Hart, Ryan a prolongé en cours de saison son contrat jusqu'en 2018. Un paraphe qui lui a permis de faire ses grands débuts en D1 face à Ostende (3 minutes) lors de la dernière rencontre de Slavo Muslin. Une première apparition suivie par une mi-temps lors de la débâcle au Club Bruges (7-1) sous les ordres d'Eric Deflandre. Des débuts difficiles dans des circonstances compliquées pour ce passionné de piano qui a alors disparu du paysage jusqu'aux play-offs. " Il marque facilement et est à l'aise dans sa conduite de balle. Il se retourne bien aussi ", expliquait Yannick Ferrera au moment de le titulariser face à Courtrai. Une nouvelle rencontre difficile pour Ryan puisque le Standard a évolué à 10 pendant quasiment toute la partie suite à l'exclusion de son frère. Mais où il est parvenu à provoquer le penalty que GiannisManiatis allait convertir. " Il a montré, notamment sur cette phase, qu'il avait une belle technique, qu'il était un attaquant mobile capable de bien lire le jeu ", estime Patrick Van Kets, son coach chez les U21. " Il est également très puissant même s'il peut encore devenir plus costaud sur ses jambes. Il a aussi cette faculté de pouvoir progresser balle au pied sur 30-40 mètres, ce qui n'est pas donné à tout le monde ". " Il a un sens du but naturel, c'est son principal atout ", estime de son côté Christophe Dessy, directeur technique du centre de formation du Standard entre 2012 et février dernier. " C'est un bel athlète, un joueur axial qui a un rôle de fixateur. Il forme une paire très intéressante avec Hugo Cuypers, qui prend la profondeur en U21. C'est un joueur d'avenir ". Des qualités intéressantes, donc, qui ont déjà valu à Double M une comparaison flatteuse dans la presse avec Michy Batshuayi. Un emballement que tempère Van Kets : " Batshuayi a gagné des matches à lui tout seul au Standard. Ryan peut y arriver mais il n'en est pas encore là. Batshuayi, il n'y en a qu'un. J'espère qu'il suivra le même chemin mais pour l'instant cette comparaison ne tient pas, c'est parler dans le vide ". Il faut dire que si les louanges pleuvent, le garçon a encore beaucoup de points à améliorer. " Il doit prendre conscience qu'un attaquant doit aussi participer au travail défensif ", avance Van Kets. " Même Cristiano Ronaldo le fait. Il doit plus faire partie du bloc-équipe et comprendre que l'individuel doit être mis en relation avec le collectif ". " Je pense qu'il doit aussi progresser dans le travail au quotidien ", poursuit Dessy. " Il n'est pas dans un état d'esprit où il bosse si on ne lui demande pas. Il peut parfois avoir la tête dure, être désagréable dans le relationnel. S'il se montre plus ouvert aux conseils et qu'il accumule de l'expérience, il va encore beaucoup progresser. Il doit encore prendre de la maturité, devenir un homme, un vrai joueur ". A nouveau aligné d'entrée de jeu, au côté d'Ivan Santini, lors de la défaite à Mouscron, Ryan n'a par contre pas décollé du banc face aux mêmes Hurlus à Sclessin et est toujours à la recherche de son premier but en D1. Si un prêt à Saint-Trond a été évoqué au mercato d'hiver, Van Kets n'y est pas favorable : " C'est mieux qu'il reste. S'il fait une bonne préparation avec l'équipe première, il doit être capable d'être dans l'effectif de manière définitive la saison prochaine. Je ne dis pas qu'il jouera tous les matches, on parle quand même du Standard, mais il doit pouvoir grappiller bien plus de temps de jeu que cette année ". " Tout dépendra aussi de la politique du club ", ajoute Dessy. " Si plusieurs attaquants étrangers sont recrutés, ça va être compliqué. A son âge, il est important qu'il joue un match complet chaque semaine, même en U21, mais il est clair qu'il a sa place dans le noyau ". Libéré de ses obligations scolaires, Ryan pourra en tout cas se concentrer à fond sur le Standard mais aussi sur l'équipe nationale. Membre de la sélection U19 dirigée par Gert Verheyen, il sera un jour amené à devoir faire un choix concernant son avenir international. S'il a déjà déclaré privilégier la Belgique, la concurrence est rude et la fédération marocaine lui a déjà fait les yeux doux. Le Cameroun, de son côté, n'a pas fait dans la demi-mesure : Roger Milla en personne est venu rendre visite à la famille Mmaee pour convaincre les fistons de rejoindre les rangs des Lions Indomptables. PAR JULES MONNIER - PHOTO BELGAIMAGE" Batshuayi a gagné des matches à lui tout seul. Ryan n'en est pas encore là. " PATRICK VAN KETS, COACH DES U21 AU STANDARD