Une petite fille timide l'observe, un peu à l'écart de dizaines d'adolescents tous avides d'un autographe. Elle se trouve à une dizaine de mètres de lui, mais elle n'ose pas aborder ZlatanIbrahimovic. Puis, miracle : le Suédois s'approche d'elle : " Veux-tu une signature ?" Le visage de la gamine s'éclaire. L'international ajacide s'exécute puis commente : " Gamin, je n'aurais jamais demandé d'autographe. Je n'ai jamais idolâtré quelqu'un parce qu'il faisait bien un truc ".

L'avant est précieux à l'Ajax. Il est son meilleur buteur. Blessé à l'aine cet été, il a sacrifié ses vacances à sa rééducation et a renoncé, la mort dans l'âme, à une invitation de rêve : " Luis Figo m'a demandé personnellement de disputer avec lui un benefit-match au profit de l'UNICEF. Après concertation avec mon coach Ronald Koeman, j'ai refusé mais cette invitation en dit long sur mon statut en Europe. Je suis sur la bonne voie. Quand on marque en Ligue des Champions, on se fait un nom ".

Le départ de Mido et de NikosMachlas l'a rendu presque indispensable. Cependant, il est passé à côté de certains matches, dit-on...

" Ces critiques me surprennent et m'énervent. Parfois, je me retrouve face aux meilleurs défenseurs du monde alors que je n'ai que 21 ans. Je ne suis quand même pas DiegoMaradona. Je suis un jeune avant talentueux qui a encore besoin de temps pour être toujours d'un niveau égal. Heureusement, mes entraîneurs le comprennent ".

Marco van Basten l'a ouvertement critiqué, par exemple.

Ibrahimovic tempère : " En Suède, on a déformé ses propos, lui faisant dire que je n'étais bon à rien. On m'a demandé si ses propos m'avaient choqué. Bien sûr que non. Nous avions déjà parlé de tout ce qu'il a déclaré à la télévision pendant un stage. C'est un fait : je marque encore trop peu et je ne suis pas assez régulier. Mais le simple fait que van Basten s'intéresse à moi est positif. S'il veut que je progresse, c'est qu'il me trouve quelque chose ".

Après l'entraînement, ce jour-là, Koeman le convoque. Il estime que son attaquant ne met pas assez de c£ur à l'ouvrage à l'entraînement : " Zlatan doit mieux appréhender les entraînements, les stages, les matches contre des amateurs ".

Mais le message ne passe pas complètement. Ibrahimovic : " Les entraîneurs m'ont expliqué que j'étais un joueur important. C'est sans doute pour ça qu'ils s'occupent tant de moi mais ce n'est pas toujours marrant. Ils me parlent beaucoup trop. Parfois, j'ai l'impression de ne rien faire convenablement, ce qui me fait mal. Alors, quelque chose se bloque dans ma tête et je réagis mal. A l'égard de mes coéquipiers ou de l'arbitre, par exemple. Je sais que je dois accepter la critique mais c'est difficile. Mes parents me trouvent pourtant plus pondéré qu'avant, plus adulte ".

Le clin d'£il appuyé qui accompagne la dernière déclaration démontre qu'il oscille toujours entre deux mondes.

" Wesley me rappelle mes débuts ici "

En fait, Koeman loue régulièrement les qualités d'Ibrahimovic en public comme entre quatre yeux. L'entraîneur a expliqué au Suédois qu'après le départ du capitaine, Cristian Chivu, il comptait encore plus sur lui. Ça flatte l'ego du footballeur mais ça lui impose de plus lourdes responsabilités. L'enfant qui subsiste en lui doit faire place à l'adulte.

Le transfert de Chivu et d' Andy van der Meyde déplaît d'ailleurs à Ibrahimovic : " Il y a deux ans, quand l'Ajax m'a enrôlé, il m'a dit qu'il voulait revenir parmi l'élite européenne. La saison passée, en atteignant les quarts de finale de la Ligue des Champions, nous avons démontré que nous avions un noyau talentueux. La vente de ces joueurs contraste avec les ambitions du club. Je comprends qu'il soit très tentant de vendre un joueur moyennant une forte somme mais je ne pense pas qu'on ait même tenté de conserver ces joueurs. Rester un an de plus, voire deux, à Amsterdam n'eût pas constitué un drame pour Andy et Cris. Ils l'ont souvent dit. L'Ajax aurait dû en profiter. Nous, les joueurs, trouvons ça très grave. Je crains aussi que le club ne laisse partir d'autres éléments s'il reçoit de nouvelles offres. Alors, il nous faudra tout reprendre à zéro. Le staff technique affirme que nous pouvons aisément compenser le départ de Cris et d'Andy. Ça reste à voir. Le football que pratique l'Ajax n'est pas si évident. S'y adapter prend du temps. Je sais de quoi je parle ".

Ibrahimovic subit la concurrence de Wesley Sonck mais les deux hommes partagent la même chambre en retraite. Zlatan : " Wesley est un chouette gars. Je suis content de son arrivée. Cette concurrence me fera du bien. J'ai joué mes meilleurs matches quand Mido me talonnait. Wesley me rappelle mes débuts, si difficiles, il y a deux ans. J'ai fait de mon mieux dès le début pour qu'il se sente chez lui à l'Ajax. Mais évidemment, je ne vais pas lui céder ma place de titulaire comme ça, sur un plateau ". Et un nouveau clin d'£il...

Ibrahimovic ne se départit de sa malice qu'en évoquant sa douleur chronique à l'aine : " La saison est chargée. Cette douleur récurrente est pénible, surtout au moment où je veux gommer l'irrégularité dont j'ai fait preuve ces dernières années. Je vais être franc : parfois, j'ai du mal à me concentrer contre un adversaire moindre. C'est parce que contre les grands clubs, je veux à tout prix être en forme. Alors, je me retiens dans les autres rencontres. Je sais qu'un véritable grand joueur est toujours affûté et attentif. C'est donc mon principal objectif à court terme ".

L'après-midi, pendant que les joueurs sains s'entraînent sous la férule de Koeman, Ibrahimovic se joint au groupe des blessés légers. René Wormhoudt, le préparateur physique, et Tonny Bruin, adjoint, dispensent une séance fun : on jongle avec le ballon, on tire. Le genre d'exercice qu'un adepte de Maradona comme Ibrahimovic adore et ferait toute la journée.

" Pour moi, la beauté du football primera toujours le reste. Les gens veulent me transformer en une froide machine à marquer. Parfois, j'en ai envie aussi, mais je crains de ne jamais pouvoir me focaliser sur cette seule tâche. J'ai déjà effectué des progrès mais je ne serai jamais un attaquant qui reste planté pendant une heure et demie dans le rectangle, à l'affût d'une occasion. Je veux être important dans tous les domaines qu'un footballeur doit maîtriser. Si je dois choisir entre un assist inventif et un simple tir, je réfléchirai ".

Zlatan Ibrahimovic ne supporte pas qu'on critique son style de jeu. Longtemps, il a assorti son avenir immédiat d'un point d'interrogation, même s'il était ravi de la promotion accordée par Koeman. L'Ajax lui a soumis une offre pour prolonger son contrat, pour éviter un troisième départ, après ceux de Chivu et de Van der Meyde, surtout que l'Olympique Lyon, Valence et l'AS Roma s'intéressent de près au Suédois.

Il y a près d'un an, Leo Beenhakker, qui était alors directeur sportif de l'Ajax, avait promis que son contrat serait revu en fonction de ses progrès, comme ça avait été convenu lors de son transfert. A la grande surprise d'Ibrahimovic et de son manager, Anders Carlsson, la promesse n'a pas été tenue. On ne sait donc pas où se produira le Suédois l'année prochaine.

" Zlatan Ibrahimovic ne supporte pas qu'on critique son style de jeu "

Une petite fille timide l'observe, un peu à l'écart de dizaines d'adolescents tous avides d'un autographe. Elle se trouve à une dizaine de mètres de lui, mais elle n'ose pas aborder ZlatanIbrahimovic. Puis, miracle : le Suédois s'approche d'elle : " Veux-tu une signature ?" Le visage de la gamine s'éclaire. L'international ajacide s'exécute puis commente : " Gamin, je n'aurais jamais demandé d'autographe. Je n'ai jamais idolâtré quelqu'un parce qu'il faisait bien un truc ". L'avant est précieux à l'Ajax. Il est son meilleur buteur. Blessé à l'aine cet été, il a sacrifié ses vacances à sa rééducation et a renoncé, la mort dans l'âme, à une invitation de rêve : " Luis Figo m'a demandé personnellement de disputer avec lui un benefit-match au profit de l'UNICEF. Après concertation avec mon coach Ronald Koeman, j'ai refusé mais cette invitation en dit long sur mon statut en Europe. Je suis sur la bonne voie. Quand on marque en Ligue des Champions, on se fait un nom ". Le départ de Mido et de NikosMachlas l'a rendu presque indispensable. Cependant, il est passé à côté de certains matches, dit-on... " Ces critiques me surprennent et m'énervent. Parfois, je me retrouve face aux meilleurs défenseurs du monde alors que je n'ai que 21 ans. Je ne suis quand même pas DiegoMaradona. Je suis un jeune avant talentueux qui a encore besoin de temps pour être toujours d'un niveau égal. Heureusement, mes entraîneurs le comprennent ". Marco van Basten l'a ouvertement critiqué, par exemple. Ibrahimovic tempère : " En Suède, on a déformé ses propos, lui faisant dire que je n'étais bon à rien. On m'a demandé si ses propos m'avaient choqué. Bien sûr que non. Nous avions déjà parlé de tout ce qu'il a déclaré à la télévision pendant un stage. C'est un fait : je marque encore trop peu et je ne suis pas assez régulier. Mais le simple fait que van Basten s'intéresse à moi est positif. S'il veut que je progresse, c'est qu'il me trouve quelque chose ". Après l'entraînement, ce jour-là, Koeman le convoque. Il estime que son attaquant ne met pas assez de c£ur à l'ouvrage à l'entraînement : " Zlatan doit mieux appréhender les entraînements, les stages, les matches contre des amateurs ". Mais le message ne passe pas complètement. Ibrahimovic : " Les entraîneurs m'ont expliqué que j'étais un joueur important. C'est sans doute pour ça qu'ils s'occupent tant de moi mais ce n'est pas toujours marrant. Ils me parlent beaucoup trop. Parfois, j'ai l'impression de ne rien faire convenablement, ce qui me fait mal. Alors, quelque chose se bloque dans ma tête et je réagis mal. A l'égard de mes coéquipiers ou de l'arbitre, par exemple. Je sais que je dois accepter la critique mais c'est difficile. Mes parents me trouvent pourtant plus pondéré qu'avant, plus adulte ". Le clin d'£il appuyé qui accompagne la dernière déclaration démontre qu'il oscille toujours entre deux mondes. En fait, Koeman loue régulièrement les qualités d'Ibrahimovic en public comme entre quatre yeux. L'entraîneur a expliqué au Suédois qu'après le départ du capitaine, Cristian Chivu, il comptait encore plus sur lui. Ça flatte l'ego du footballeur mais ça lui impose de plus lourdes responsabilités. L'enfant qui subsiste en lui doit faire place à l'adulte. Le transfert de Chivu et d' Andy van der Meyde déplaît d'ailleurs à Ibrahimovic : " Il y a deux ans, quand l'Ajax m'a enrôlé, il m'a dit qu'il voulait revenir parmi l'élite européenne. La saison passée, en atteignant les quarts de finale de la Ligue des Champions, nous avons démontré que nous avions un noyau talentueux. La vente de ces joueurs contraste avec les ambitions du club. Je comprends qu'il soit très tentant de vendre un joueur moyennant une forte somme mais je ne pense pas qu'on ait même tenté de conserver ces joueurs. Rester un an de plus, voire deux, à Amsterdam n'eût pas constitué un drame pour Andy et Cris. Ils l'ont souvent dit. L'Ajax aurait dû en profiter. Nous, les joueurs, trouvons ça très grave. Je crains aussi que le club ne laisse partir d'autres éléments s'il reçoit de nouvelles offres. Alors, il nous faudra tout reprendre à zéro. Le staff technique affirme que nous pouvons aisément compenser le départ de Cris et d'Andy. Ça reste à voir. Le football que pratique l'Ajax n'est pas si évident. S'y adapter prend du temps. Je sais de quoi je parle ". Ibrahimovic subit la concurrence de Wesley Sonck mais les deux hommes partagent la même chambre en retraite. Zlatan : " Wesley est un chouette gars. Je suis content de son arrivée. Cette concurrence me fera du bien. J'ai joué mes meilleurs matches quand Mido me talonnait. Wesley me rappelle mes débuts, si difficiles, il y a deux ans. J'ai fait de mon mieux dès le début pour qu'il se sente chez lui à l'Ajax. Mais évidemment, je ne vais pas lui céder ma place de titulaire comme ça, sur un plateau ". Et un nouveau clin d'£il... Ibrahimovic ne se départit de sa malice qu'en évoquant sa douleur chronique à l'aine : " La saison est chargée. Cette douleur récurrente est pénible, surtout au moment où je veux gommer l'irrégularité dont j'ai fait preuve ces dernières années. Je vais être franc : parfois, j'ai du mal à me concentrer contre un adversaire moindre. C'est parce que contre les grands clubs, je veux à tout prix être en forme. Alors, je me retiens dans les autres rencontres. Je sais qu'un véritable grand joueur est toujours affûté et attentif. C'est donc mon principal objectif à court terme ". L'après-midi, pendant que les joueurs sains s'entraînent sous la férule de Koeman, Ibrahimovic se joint au groupe des blessés légers. René Wormhoudt, le préparateur physique, et Tonny Bruin, adjoint, dispensent une séance fun : on jongle avec le ballon, on tire. Le genre d'exercice qu'un adepte de Maradona comme Ibrahimovic adore et ferait toute la journée. " Pour moi, la beauté du football primera toujours le reste. Les gens veulent me transformer en une froide machine à marquer. Parfois, j'en ai envie aussi, mais je crains de ne jamais pouvoir me focaliser sur cette seule tâche. J'ai déjà effectué des progrès mais je ne serai jamais un attaquant qui reste planté pendant une heure et demie dans le rectangle, à l'affût d'une occasion. Je veux être important dans tous les domaines qu'un footballeur doit maîtriser. Si je dois choisir entre un assist inventif et un simple tir, je réfléchirai ". Zlatan Ibrahimovic ne supporte pas qu'on critique son style de jeu. Longtemps, il a assorti son avenir immédiat d'un point d'interrogation, même s'il était ravi de la promotion accordée par Koeman. L'Ajax lui a soumis une offre pour prolonger son contrat, pour éviter un troisième départ, après ceux de Chivu et de Van der Meyde, surtout que l'Olympique Lyon, Valence et l'AS Roma s'intéressent de près au Suédois. Il y a près d'un an, Leo Beenhakker, qui était alors directeur sportif de l'Ajax, avait promis que son contrat serait revu en fonction de ses progrès, comme ça avait été convenu lors de son transfert. A la grande surprise d'Ibrahimovic et de son manager, Anders Carlsson, la promesse n'a pas été tenue. On ne sait donc pas où se produira le Suédois l'année prochaine. " Zlatan Ibrahimovic ne supporte pas qu'on critique son style de jeu "