Les journalistes luxembourgeois présents sur l'Amstel Gold Race s'en souviendront de cette victoire pascale d'un des leurs. Grâce au jour férié du lundi de Pâques, ils ont pu fêter comme il se doit le succès de Franck Schleck dans une classique du Pro Tour, 52 ans après le succès de Marcel Einzer à Liège-Bastogne-Liège, et c'est avec le mal de tête du lendemain qu'ils ont pris la plume pour célébrer l'exploit du nouveau prodige national.
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Les journalistes luxembourgeois présents sur l'Amstel Gold Race s'en souviendront de cette victoire pascale d'un des leurs. Grâce au jour férié du lundi de Pâques, ils ont pu fêter comme il se doit le succès de Franck Schleck dans une classique du Pro Tour, 52 ans après le succès de Marcel Einzer à Liège-Bastogne-Liège, et c'est avec le mal de tête du lendemain qu'ils ont pris la plume pour célébrer l'exploit du nouveau prodige national. Schleck c'est la surprise du chef. Ou plutôt la confirmation d'un talent que l'on avait vu poindre il y a de cela une paire d'années. Déjà, pour un Luxem- bourgeois, percer sur la scène vélocipédique, ce n'est pas courant. Mais quand en plus, on s'aperçoit qu'il s'illustre sur les routes de Paris-Nice, cela soulève la curiosité. En terminant 9e il y a deux ans, Schleck avait forcé son destin. Généralement, on attend les Grands- Ducaux dans les classiques flamandes mais Schleck fait partie de cette génération de coureurs (avec Kim Kirchen) que l'on a envoyé se former en Italie. La Fédération a investi sur ses talents de cette façon et on découvre que ce pays regorge désormais de coureurs capables de dompter les plus hautes cimes. " Schleck sait grimper. Pour moi, ses prestations dans Paris-Nice, il y a deux ans, ne constituaient pas une surprise. Je l'avais suivi et je savais ce dont il était capable. Je crois qu'il peut continuer sur cette voie-là et je pense que prochainement, il est capable de terminer dans le Top-10 du Tour de France ", explique son directeur sportif Bjarne Riis, qui, après avoir construit une équipe CSC brillante sur les courses à étapes, est en train de s'immiscer dans le paysage des classiques. A 26 ans, Franck Schleck a donc décidé de frapper un grand coup et de s'offrir un beau cadeau d'anniversaire, lui qui est né un 15 avril. Depuis deux ans, sa progression constante lui garantissait un avenir radieux. Deuxième du GP de Zurich la saison passée, il avait également réussi à accrocher son premier bouquet en succédant au palmarès du championnat national à son père Johnny Schleck, qui avait porté le maillot de champion du Luxembourg quarante ans auparavant lorsqu'il était équipier de luxe de Luis Ocana au sein de la formation Bic. Car, chez les Schleck, le vélo est une affaire de famille. Après le père, ce sont les fils qui se sont lancés dans la bicyclette. La formation CSC compte ainsi également en son sein le frère de Franck, Andy. Pourtant, ce titre obtenu au printemps dernier, n'est pas encore de ceux que l'on range dans l'armoire des souvenirs. En raison du manque de prestige et de concurrence de l'épreuve. Il lui fallait donc accrocher une belle victoire après sa quatrième place au Tour de Suisse, sa troisième au Tour de Lombardie et sa deuxième au GP de Zurich. En début de saison, il affirmait : " Je rêve de remporter une grande classique. J'adore le Tour de Lombardie, un mythe et Liège-Bastogne-Liège, une course fabuleuse ". Depuis son podium en Lombardie, il gardait toujours avec lui le dossard 215 qu'il portait lors de la course italienne. " Je l'enlèverai après ma première grande victoire ", avait-il lancé. Et il ne pensait pas que cela pouvait arriver si tôt car une lourde chute encourue il y a une semaine lors du Tour du Pays Basque lui ôtait (pensait-on) tout espoir pour les classiques ardennaises. Finalement, le scanner ne révélant rien malgré une perte de connaissance et une nuit passée à l'hôpital, Bjarne Riis a décidé de l'aligner au départ de l'Amstel. A la grande satisfaction de ce coureur qui a pu se défaire de ce dossard 215 et des plumitifs du Grand Duché qui ont trouvé le successeur de Marcel Einzer et de Charly Gaul. STÉPHANE VANDE VELDE