La RTBF est partie en croisade contre la violence dans le football. Pas celle qui gangrène les tribunes mais celle, plus insidieuse, qui consiste à mettre un peu trop le pied, au péril de l'intégrité physique de l'adversaire.
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La RTBF est partie en croisade contre la violence dans le football. Pas celle qui gangrène les tribunes mais celle, plus insidieuse, qui consiste à mettre un peu trop le pied, au péril de l'intégrité physique de l'adversaire. " J'ai l'impression que, plus les semaines passent, plus on constate une augmentation de l'agressivité ", dit Marc Delire. " Je ne dis pas qu'elle est intentionnelle mais elle est bien réelle. Quand on voit la réaction de VladimirVoskoboinikov, on se rend compte qu'il n'a pas voulu faire mal mais les images montrent aussi clairement qu'il n'avait aucune chance d'avoir le ballon. Pour moi, c'est le type à qui on a dit de bouffer du gazon et qui donne tout ce qu'il a dans le ventre, sans trop réfléchir aux conséquences. Mais on n'est qu'au tiers du championnat : qu'est-ce que ce sera lorsque l'enjeu sera encore plus direct ?" Les deux fractures de la jambe relevées voici dix jours sont tombées le jour même où le sondage de Match 1 se demandait, à la lumière des affaires EricDeflandre et BartGoor, s'il fallait revoir le tarif des sanctions. " Et on m'a rarement autant parlé d'un sondage que cette semaine-là ", ajoute Delire. S'il faut évidemment relativiser les chiffres (91 % de oui), il n'en reste pas moins que la question méritait d'être posée et que la RTBF a le mérite de prendre une position claire, images à l'appui. " C'est un sujet auquel Benoît Thans, en tant qu'ancien joueur, est très sensible ", explique Delire. " Car nous ne montrons évidemment pas toutes les images que nous recevons. Et je peux vous dire que parfois, ça fait peur ". Ce qui inquiète la rédaction sportive de la RTBF, c'est que la sanction est la même pour une agression que pour une rouspétance ou un geste de joie trop manifeste. " Les joueurs étant surtout sensibles à leur portefeuille, je propose plutôt un système d'amendes pour les faits qui ne touchent pas à l'intégrité physique de l'adversaire ou de l'arbitre ", explique-t-il. Du côté de l'Union Belge, on n'a pas enregistré de réaction. " Ce n'est pas nécessairement mauvais signe car la CCA est très sensible lorsqu'on critique les arbitres ", dit Delire. " Si elle ne dit rien cette fois, c'est peut-être qu'elle est d'accord ". Il apprécie nettement moins l'attitude d' Emilio Ferrera qui, pour ne pas devoir répondre aux questions, s'est retranché derrière l'incident de la fracture de la jambe de Diabis Diawara. (P. Sintzen)P.Sintzen