Suite à la défaite de Liège face à Visé, Henri Deprieux a été d'une humeur massacrante. Qu'est-ce qui avait bien pu le mettre - à part le match perdu - dans un tel état?
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Suite à la défaite de Liège face à Visé, Henri Deprieux a été d'une humeur massacrante. Qu'est-ce qui avait bien pu le mettre - à part le match perdu - dans un tel état? Son fils, Eric, répond: "En réalité, certains joueurs dont Wawa, Pieroni et Wiggers n'ont pas été alignés suite à une décision du conseil d'administration. Ceux-ci sont en fin de contrat et le club ne souhaite pas les mettre en vitrine pour qu'ils partent gratuitement en fin de saison. Au total, il en va de huit joueurs du noyau et non des moindres. Normalement, ce match on aurait pu le gagner si tous les titulaires avaient été présents. Mon père se sent logiquement lésé car il est conscient que l'issue de la partie et, peut-être de la saison si les choses ne s'arrangent pas, aurait été plus favorable. Il a ses qualités et ses défauts. Il est très honnête et là, il était fort déçu. Il n'a donc pas hésité à tirer la sonnette d'alarme. Généralement, on domine quasiment toutes les équipes mais désormais, si ces joueurs ne reviennent pas, je suis curieux de voir ce qui va se passer. A mon avis, on va devoir jouer pour ne pas descendre. Quand on pense qu'une montée un D1 était envisageable. Sur une partie, on peut se défendre mais sur la longueur du demi championnat, c'est totalement différent". Eric Depireux: Je crois que l'école de jeunes nous a beaucoup apporté. Et à l'avenir, le salut du club viendra de là. C'est vraiment un réservoir inépuisable depuis des années. Le problème, peut-être, c'est qu'ils sont tous jetés un peu trop tôt dans l'arène. Les jeunes doivent prendre leur carrière au sérieux parce qu'elle passe très vite. Ils doivent aussi beaucoup en profiter car c'est réellement un rêve pour la plupart. Ce qui fait notre force c'est aussi la cohésion du groupe. Il y a beaucoup de joueurs qui se sentent Liégeois et qui ont soif de revanche. L'ambiance est vraiment excellente. On évolue en 4-4-2. Ce système a fait ses preuves et il n'est pas très compliqué. Il convient à des équipes qui n'ont pas d'automatismes comme la nôtre. En plus, mon père aime également prendre des risques offensifs. Pour ce qui est de nos points faibles, je mettrai en avant notre naïveté à la finition. Nos attaquants, comme Nong, sont encore très jeunes et manquent d'expérience. Généralement, ils veulent frapper en force au lieu d'avancer un peu plus et de mettre un plat du pied. Surtout qu'on se procure en moyenne deux fois plus d'occasions que nos adversaires. Je dirai également que nos suspendus, nos blessés et nos meilleurs joueurs non alignés nous handicapent fortement. Sans toutes ces absences, Liège pourrait quasiment jouer sans complexe la tête du classement. Mais je crois que tout le monde a compris, à Liège, on a toujours des problèmes. Comment le public a-t-il réagi?Le supporter a une approche différente. Il n'est pas au courant de ce qui se passe réellement au sein du club. Il ne juge seulement que la qualité du jeu et le résultats. Ils ont été très déçus mais il faut les comprendre. En peu de temps, ils ont vu leur club fusionner plusieurs fois, abattre leur stade et maintenant, le conseil d'administration décide d'enlever cinq des titulaires. Ils commençaient à y croire et à mi-championnat, on leur casse en quelque sorte leur jouet. Dans la plupart des esprits, la montée en D1 n'était plus utopique. Il ne faut pas non plus mettre tout sur le dos de Michel Evrard. Il sort beaucoup d'argent de sa poche, en particulier pour payer les joueurs. On peut également penser à ses enfants qui voient leur héritage filer sous leurs yeux. Les supporters devraient prendre du recul à l'égard de cet homme. Mais le public reste vraiment exceptionnel. Il est toujours là et est bien le seul à n'avoir jamais erré. Si le FC Liégeois n'est pas mort, c'est bien grâce à son public. Etre le fils de son pèreéa l'était de dix ans à 25 ans. Actuellement, c'est différent. Je vais bientôt avoir 31 ans et j'ai une certaine expérience. Cela fait également presque six saisons que je suis à Liège. Mon passage à Charleroi, sous l'ère Waseige, fut un épisode difficile. Beaucoup ont dit que j'avais été transféré parce que j'étais le fils d'un ami de l'entraîneur. Je n'ai pourtant pas fait tache car les spectateurs me soutenaient et la presse s'est montrée respectueuse. A Liège, il n'y a aucun problème. J'ai l'estime de tous. En fait, je suis, sur le terrain, le relais de mon père pour la communication. Parfois, j'éteins le feu quand des joueurs non alignés sont déçus car mon père est assez froid quand il s'agit de la composition de l'équipe.Eprouvez-vous des regrets à l'égard de votre carrière? Oui. Mes blessures l'ont vraiment massacrée! Elles ont stoppé mon élan à chaque fois. J'ai eu des problèmes avec mon genou, de dos et de bassin et une pubalgie. On a mis trois ans à détecter mon problème au niveau du bassin. C'est finalement l'ostéopathe de La Louvière qui m'a travaillé pendant deux semaines et ensuite, c'était fini. Maintenant, j'ai retrouvé la santé mais c'est un peu trop tard. Le train passe deux fois pour une carrière. Généralement, on peut le rater une fois si on est jeune et stupide. Mais le plus dur, c'est quand on le rate à cause des blessures. C'est un peu mon cas. Un jour, avec Charleroi, j'ai failli jouer contre le Standard mais un malheureux concours de circonstances est venu tout détruire. Là, je n'ai pas eu de chance. J'étais en fait suspendu à la suite de trois cartes jaunes. Qui sait ce que ça aurait donné si j'avais joué? Tim Baete