La chevelure blonde et les yeux bleus rappellent que Jari Niemi (27 ans) est un Finlandais pur jus. Aucun doute sur ses origines géographiques. Par contre, sa voix difficilement audible n'indique pas directement que cet homme d'apparence timide peut se transformer en tueur dès qu'il chausse des souliers à crampons. Il faut tendre l'oreille pour comprendre le récit de ce joueur qui est l'une des plus belles réussites du mercato montois.
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La chevelure blonde et les yeux bleus rappellent que Jari Niemi (27 ans) est un Finlandais pur jus. Aucun doute sur ses origines géographiques. Par contre, sa voix difficilement audible n'indique pas directement que cet homme d'apparence timide peut se transformer en tueur dès qu'il chausse des souliers à crampons. Il faut tendre l'oreille pour comprendre le récit de ce joueur qui est l'une des plus belles réussites du mercato montois. Niemi a immédiatement frappé très fort. Pour son tout premier match officiel en Belgique, il planta deux buts contre le Germinal Beerschot. Deux goals de raccroc, certes, mais n'est-ce pas la marque des purs buteurs ? Dans la même rencontre, il provoqua aussi l'exclusion d'un défenseur adverse. " Yeah, it was really a dream start ", lâche-t-il. " Je ne sais pas si on peut parler de chance. J'étais au bon endroit, au bon moment : c'est quand même ce qu'on demande à un voleur de buts, non ? Si j'ai été chanceux ce jour-là, c'est uniquement dans le fait d'avoir su deviner où les ballons chauds allaient arriver alors que je connaissais à peine mes coéquipiers ". Jari Niemi : Je n'étais pas au top vu que, pendant cette période, je m'étais limité à un match avec l'équipe nationale et à des entraînements individuels. Mais j'avais fait une croix sur mes congés parce que je voulais être prêt dès que je recevrais une chance de l'étranger. Dans ma tête, j'étais parfaitement frais : des entraînements individuels n'imposent aucun stress à un joueur. Aujourd'hui, je me sens progresser sur le plan physique. On n'a pas encore vu le meilleur Niemi. Il faudra encore patienter un peu. J'avais fait le tour de la question dans mon pays. J'ai joué huit saisons en D1 avec Tampere. J'ai été champion et j'ai joué en Coupe d'Europe avec ce club. It was time to discover something different. J'aurais pu signer un nouveau contrat là-bas, mais ma décision était prise depuis plusieurs mois. Oui, j'ai débuté dans une petite équipe à deux pas de ma ville natale : Nokia. La marque de GSM, ça vient de là (il rit). C'est très simple : il n'y a que trois ans que je joue en pointe. Avant cela, j'étais médian ou ailier. Je me suis retrouvé tout devant par hasard : un de nos attaquants attitrés était blessé et on m'a essayé à son poste. La sauce a pris immédiatement et je n'ai plus changé de place. Je ne l'ai jamais regretté car j'ai besoin de marquer pour être pleinement heureux. Rien ne remplace les sensations qu'éprouve celui qui vient de mettre la balle au fond. Mais le fait d'avoir commencé très tard ma carrière d'attaquant de pointe implique un certain retard dans mon développement. Il y a des choses que je ne fais pas encore aussi bien qu'un joueur ayant toujours évolué devant : appeler et couvrir le ballon, par exemple. Il faut savoir, aussi, que je ne suis professionnel que depuis trois ans. Cela prouve en tout cas que je me sens parfaitement bien dans cette équipe. Je n'aurais pas pu mieux commencer mon séjour en Belgique mais, plus important encore, ces buts nous ont permis de gagner deux fois. C'est encore bien plus grisant que les buts en eux-mêmes. Oui, c'est parfois stressant. D'autant que c'est nouveau pour moi. J'ai été habitué à avoir au moins un autre attaquant spécifique à mes côtés. C'est plus facile de jouer à deux devant. Mais j'essaye de m'adapter au style de Mons. Quand nous montons sur le terrain, la première priorité est de ne pas encaisser. A moi de faire le reste quand je reçois un bon ballon. Heureusement que Wamberto a la faculté de se transformer très vite en attaquant quand il reçoit une bonne balle. Ce Roussel, on m'en a déjà beaucoup parlé. Je sais qu'il a réussi de très bonnes choses ici. Mais, Roussel, c'est Roussel. Moi, je suis Niemi. Je fais mon job et j'essaye de convaincre les gens qui me parlent de Roussel qu'ils doivent arrêter de vivre avec le passé. Il y a bien longtemps que j'ai pris conscience d'une chose : je n'ai pas le talent de Thierry Henry, alors je compense par d'autres qualités. Je m'engage à fond du début à la fin des matches, je ne laisse jamais tomber les bras. Je pense que c'est une vertu commune à de nombreux sportifs scandinaves. J'ai toujours rêvé de devenir footballeur professionnel, alors que mes copains visaient une carrière en hockey sur glace. Je me suis essayé aux patinoires, mais ce n'était pas trop mon truc. Mon choix n'était certainement pas financier : on ne peut pas devenir très riche en jouant au foot dans mon pays. Par contre, les hockeyeurs s'en mettent facilement plein les poches. Ce n'est pas évident, mentalement, parce que les périodes sans match officiel sont très longues. On se prépare, on doit s'entraîner à fond, mais l'objectif qui suit est parfois éloigné de plusieurs mois. J'avais quand même de la chance à Tampere : ce club possède depuis longtemps un terrain indoor et des infrastructures correctes. Mais, pour d'autres équipes, c'est difficile. Quand il neige ou gèle trop fort, les entraînements sont annulés. Comment voulez-vous être concentré correctement sur votre boulot dans des conditions pareilles ? On constate toutefois une évolution. De plus en plus de clubs sont bien équipés. Les jeunes en profitent. Une nouvelle génération se prépare sur de bons terrains indoor et tout le football finlandais devrait en cueillir les fruits d'ici quelques années. Une bonne expérience à l'étranger. Ma venue à Mons s'inscrit aussi dans ce cadre-là. Dans la plupart des matches que je jouais avec la Finlande, j'étais le seul international toujours actif au pays. Je sais que mes chances de devenir titulaire régulier augmenteront si je fais de bons matches en Belgique. C'est l'effet Litmanen. Ne cherchez pas plus loin. En perçant à l'Ajax, il a véritablement déchiré nos frontières. Avant lui, nos footballeurs restaient au pays. Aujourd'hui, il y en a un peu partout. Nous avions vraiment besoin d'une star pareille pour que notre football puisse prendre une nouvelle dimension. Il a été élu plusieurs fois sportif finlandais de l'année. Il faut le faire, parce que chez nous, il y a tous les cracks du hockey sur glace, mais aussi des rallymen qui ont accumulé les titres mondiaux et des pilotes de Formule 1. Après Litmanen, beaucoup de compatriotes sont partis aux Pays-Bas, puis l'Angleterre est devenue l'eldorado. Moi aussi, je rêve d'atterrir un jour en Premier League. Ma première ambition est de me prouver à moi-même que j'ai le niveau pour tenir la distance dans un championnat étranger. Je dois m'affirmer sur le terrain, mais aussi dans la vie. Quand on n'a encore jamais quitté sa région natale, on manque de repères. Je suis conscient que ma carrière démarre seulement aujourd'hui. Je ferai le point en fin de saison. La direction de Mons m'a directement proposé un contrat d'un an et demi, mais je n'ai voulu signer que pour six mois parce que je n'étais pas sûr de pouvoir réussir en me déracinant. Le plus dur, pour moi, est de vivre dans un environnement où je ne parviens pas facilement à me faire comprendre. Et à comprendre les autres. Je ne parle pas un mot de français, et la plupart des gens que je rencontre ne parlent pas anglais. Je me tâte encore : je dois suivre des cours de français ou d'italien (il rit) ? Pierre Danvoye" JARI LITMANEN a déchiré nos FRONTIÈRES "