Votre bibliothèque est bien garnie. Quelle littérature vous intéresse-t-elle actuellement ?

Jerko Tipuric (43 ans) : Tout tourne autour du même sujet : comment obtenir un meilleur rendement des joueurs par un bon suivi. Pour atteindre cet objectif, je suis aussi des cours, pour mieux appréhender les aspects mentaux et émotionnels. Pendant deux ans, le week-end, j'ai suivi des cours sur la vitalité. J'aimerais maintenant apprendre le djembé, des mouvements au son du tambour. Je voudrais maîtriser le rythme de base, ou du moins essayer, pour mieux comprendre la souplesse et la mobilité de mes joueurs africains. (Galina : " Nous pourrons bientôt ouvrir une bibliothèque, ici ").

Vous avez une antenne-satellite. L'utilisez-vous souvent ?

Moins qu'avant, puisque nous pouvons suivre la situation en Croatie via Internet. Mon épouse écoute la radio, envoie des mails, mais elle aime aussi regarder la télévision. La Croatie ne me manque pas vraiment, même si j'éprouve le besoin d'y retourner chaque année pour recharger mes accus. Pour m'amuser, revoir les gens. Chez nous, tout le monde est toujours le bienvenu. Ce n'est pas comme ici. Evidemment, en Croatie, il y a plus de tensions : les gens ont le tempérament plus chaud et ils bouillonnent vite. En Belgique, c'est le travail avant tout.

Avez-vous une spécialité culinaire ?

(Il éclate de rire). Les crêpes. J'adore... les manger. Ma femme m'en a écrit la recette et j'en fais souvent pour les enfants. Les retourner et les faire sauter, c'est fantastique. Au début, j'en ai collé quelques-unes au plafond. C'est la seule chose que je sois capable de faire, à part faire bouillir de l'eau. Soyons honnêtes : c'est ma femme le chef-coq. Elle nous prépare souvent des plats croates. Notre cuisine est très variée, avec quatre ou cinq spécialités locales. Nous rapportons la plupart des ingrédients de Croatie.

Vous avez un chien.

Depuis huit ans. Nous l'avions offert à notre fille aînée, à l'occasion de son anniversaire. J'ai été le chercher à Tongres. Un fameux déplacement mais ça ne me dérange pas. Pour mes enfants, je ferais tout, bien que ma femme occupe la première place. C'est une question de hiérarchie, hein !

Qu'est-ce qui peut vous énerver ?

Que les gens oublient qu'ils doivent penser, qu'ils soient trop vite contents, qu'ils prennent des décisions sous le coup d'une impulsion. Ça me rend fou, même si je le garderai pour moi. Quand on cherche une solution à un problème, on ne peut pas être l'esclave de ses émotions : il faut oser exploiter tout son potentiel. Pour se faire une meilleure idée de la situation, il faut réfléchir.

Quel style de musique pouvez-vous écouter pendant des heures ?

Je raffole de Dire Straits et de Queen. C'est le summum, pour moi. Ça a beaucoup de rythme. J'adore Mark Knopfler à la guitare. La facilité avec laquelle il en tire des sons, sans effort apparent... Je ne suis pas un habitué des concerts. Il y a six ans, j'ai conduit ma fille au concert des Backstreet Boys. Papa est alors resté tout près de la sortie, en vrai garde du corps (il rit).

Avec qui aimeriez-vous vraiment avoir une conversation ?

Dans le monde ? Alex Ferguson. Le sommet. Nous ne parlerions pas seulement de football mais aussi de psychologie, de charisme, de style, de classe, de fidélité. Cet homme a quelque chose. Chaque année, il aborde une autre facette du football avec ses joueurs. Je ne dois pas oublier Shirley Mac Laine. Une actrice sublime qui a du sang irlandais, je pense. J'aimerais discuter avec elle des Celtes et de la verte Irlande.

Comment vous êtes-vous connus ?

Galina Tipuric-Skapurevic (40 ans) : C'était il y a 20 ans, dans un café, par hasard. Pour moi, ce fut le coup de foudre. Heureusement, j'ignorais que Jerko était footballeur, au début, car chez nous, les joueurs ont mauvaise réputation : les filles, l'argent, des hommes peu fiables, en un mot. Mais Jerko est une exception (elle rit). Je l'aime encore plus qu'avant. Nous sommes unis par des liens très forts.

Comme vos quatre enfants, vous allez toujours à l'école. Quels cours suivez-vous ?

Des cours d'infirmière. J'ai obtenu mon diplôme en Croatie mais il n'est pas reconnu en Belgique et j'ai envie de travailler. J'en ai marre de rester seule à la maison. Je ne peux pas passer ma journée dans un fauteuil, je veux aider les gens. La formation dure trois ans. Je suis une des étudiantes les plus âgées mais ça ne me dérange pas. C'est même marrant. Jerko est passionné de football, moi, je m'intéresse aux gens malades.

Quels sont les qualités et défauts de Jerko ?

Il est l'honnêteté personnifiée, ce qui est rare de nos jours. Jerko est ouvert, il ose afficher ses opinions et les défendre. Il est aussi très romantique. Il me fait souvent des surprises et a des attentions adorables. D'autre part, il est résolu, sans être vraiment têtu. Il écoute les autres mais suit généralement son avis.

Qu'est-ce qui vous détend le mieux ?

Les contacts avec ma famille. J'ai beaucoup d'amis et d'amies ici aussi mais nos relations ne sont pas vraiment soudées. Dans les Balkans, vos proches occupent la première place. Vous êtes frères et s£urs. Chacun se coupe en quatre pour les autres, sans qu'il faille expressément le demander. Par exemple, il ne faut pas chercher une baby-sitter pour les enfants. L'été dernier, Jerko et moi sommes allés en Croatie sans les enfants, pour la première fois. Ce fut magnifique. Nous avons été si bien reçus...

Jerko a la réputation d'être un maniaque de la santé mais vous fumez. Ce n'est pas incompatible ?

(Jerko : " Je ne m'en mêle pas. Ça n'aurait aucun sens. Mais j'ai une théorie intéressante sur le sujet : vous avez une heure " ?) C'est une assuétude, une habitude depuis mes 18 ans. J'aime fumer en buvant un café, pour l'aspect convivial. Je ne parviens pas à m'en défaire. Je n'ai pu arrêter que pendant mes grossesses. Je sais que je donne sans doute un mauvais exemple aux enfants et j'espère qu'ils auront assez de bon sens pour ne jamais commencer à fumer. Evidemment, ce sont des choses qu'on ne maîtrise pas. Si je le leur interdis, ils le feront certainement.

Jerko est-il émotionnel ?

Tout à fait. Quand le Cercle a été champion, il a laissé couler ses larmes. Il n'hésite pas à montrer sa joie ou son chagrin, même s'il n'est pas toujours aussi expressif. ( Jerko : " Il faut simplement apprendre à bien canaliser ses émotions, comme sa motivation et son énergie ").

Vous parlez bien néerlandais tous les deux. L'avez-vous appris seuls ou avez-vous suivi des cours ?

J'ai suivi des cours mais je n'ai pas tenu longtemps. J'en ai perdu l'envie rapidement. J'essaie de me perfectionner maintenant, après avoir parlé pendant quatre ans anglais avec des amis. Avec les enfants, je parle ma langue maternelle, pour qu'ils n'oublient pas leurs origines.

Avez-vous une destination de rêve ?

(Jerko : " Je vis dans un rêve ! Je voudrais pourtant chercher davantage le contact avec la nature, par exemple en habitant dans les bois ou en étant skipper sur un voilier "). Le Mexique ou la Chine. Je voudrais découvrir une autre culture, ses coutumes, pendant plus d'un mois. Mais c'est pour plus tard, quand les enfants n'auront plus besoin de nous.

Jerko Tipuric (43 ans) : Tout tourne autour du même sujet : comment obtenir un meilleur rendement des joueurs par un bon suivi. Pour atteindre cet objectif, je suis aussi des cours, pour mieux appréhender les aspects mentaux et émotionnels. Pendant deux ans, le week-end, j'ai suivi des cours sur la vitalité. J'aimerais maintenant apprendre le djembé, des mouvements au son du tambour. Je voudrais maîtriser le rythme de base, ou du moins essayer, pour mieux comprendre la souplesse et la mobilité de mes joueurs africains. (Galina : " Nous pourrons bientôt ouvrir une bibliothèque, ici "). Moins qu'avant, puisque nous pouvons suivre la situation en Croatie via Internet. Mon épouse écoute la radio, envoie des mails, mais elle aime aussi regarder la télévision. La Croatie ne me manque pas vraiment, même si j'éprouve le besoin d'y retourner chaque année pour recharger mes accus. Pour m'amuser, revoir les gens. Chez nous, tout le monde est toujours le bienvenu. Ce n'est pas comme ici. Evidemment, en Croatie, il y a plus de tensions : les gens ont le tempérament plus chaud et ils bouillonnent vite. En Belgique, c'est le travail avant tout. (Il éclate de rire). Les crêpes. J'adore... les manger. Ma femme m'en a écrit la recette et j'en fais souvent pour les enfants. Les retourner et les faire sauter, c'est fantastique. Au début, j'en ai collé quelques-unes au plafond. C'est la seule chose que je sois capable de faire, à part faire bouillir de l'eau. Soyons honnêtes : c'est ma femme le chef-coq. Elle nous prépare souvent des plats croates. Notre cuisine est très variée, avec quatre ou cinq spécialités locales. Nous rapportons la plupart des ingrédients de Croatie. Depuis huit ans. Nous l'avions offert à notre fille aînée, à l'occasion de son anniversaire. J'ai été le chercher à Tongres. Un fameux déplacement mais ça ne me dérange pas. Pour mes enfants, je ferais tout, bien que ma femme occupe la première place. C'est une question de hiérarchie, hein ! Que les gens oublient qu'ils doivent penser, qu'ils soient trop vite contents, qu'ils prennent des décisions sous le coup d'une impulsion. Ça me rend fou, même si je le garderai pour moi. Quand on cherche une solution à un problème, on ne peut pas être l'esclave de ses émotions : il faut oser exploiter tout son potentiel. Pour se faire une meilleure idée de la situation, il faut réfléchir. Je raffole de Dire Straits et de Queen. C'est le summum, pour moi. Ça a beaucoup de rythme. J'adore Mark Knopfler à la guitare. La facilité avec laquelle il en tire des sons, sans effort apparent... Je ne suis pas un habitué des concerts. Il y a six ans, j'ai conduit ma fille au concert des Backstreet Boys. Papa est alors resté tout près de la sortie, en vrai garde du corps (il rit). Dans le monde ? Alex Ferguson. Le sommet. Nous ne parlerions pas seulement de football mais aussi de psychologie, de charisme, de style, de classe, de fidélité. Cet homme a quelque chose. Chaque année, il aborde une autre facette du football avec ses joueurs. Je ne dois pas oublier Shirley Mac Laine. Une actrice sublime qui a du sang irlandais, je pense. J'aimerais discuter avec elle des Celtes et de la verte Irlande. Galina Tipuric-Skapurevic (40 ans) : C'était il y a 20 ans, dans un café, par hasard. Pour moi, ce fut le coup de foudre. Heureusement, j'ignorais que Jerko était footballeur, au début, car chez nous, les joueurs ont mauvaise réputation : les filles, l'argent, des hommes peu fiables, en un mot. Mais Jerko est une exception (elle rit). Je l'aime encore plus qu'avant. Nous sommes unis par des liens très forts. Des cours d'infirmière. J'ai obtenu mon diplôme en Croatie mais il n'est pas reconnu en Belgique et j'ai envie de travailler. J'en ai marre de rester seule à la maison. Je ne peux pas passer ma journée dans un fauteuil, je veux aider les gens. La formation dure trois ans. Je suis une des étudiantes les plus âgées mais ça ne me dérange pas. C'est même marrant. Jerko est passionné de football, moi, je m'intéresse aux gens malades. Il est l'honnêteté personnifiée, ce qui est rare de nos jours. Jerko est ouvert, il ose afficher ses opinions et les défendre. Il est aussi très romantique. Il me fait souvent des surprises et a des attentions adorables. D'autre part, il est résolu, sans être vraiment têtu. Il écoute les autres mais suit généralement son avis. Les contacts avec ma famille. J'ai beaucoup d'amis et d'amies ici aussi mais nos relations ne sont pas vraiment soudées. Dans les Balkans, vos proches occupent la première place. Vous êtes frères et s£urs. Chacun se coupe en quatre pour les autres, sans qu'il faille expressément le demander. Par exemple, il ne faut pas chercher une baby-sitter pour les enfants. L'été dernier, Jerko et moi sommes allés en Croatie sans les enfants, pour la première fois. Ce fut magnifique. Nous avons été si bien reçus... (Jerko : " Je ne m'en mêle pas. Ça n'aurait aucun sens. Mais j'ai une théorie intéressante sur le sujet : vous avez une heure " ?) C'est une assuétude, une habitude depuis mes 18 ans. J'aime fumer en buvant un café, pour l'aspect convivial. Je ne parviens pas à m'en défaire. Je n'ai pu arrêter que pendant mes grossesses. Je sais que je donne sans doute un mauvais exemple aux enfants et j'espère qu'ils auront assez de bon sens pour ne jamais commencer à fumer. Evidemment, ce sont des choses qu'on ne maîtrise pas. Si je le leur interdis, ils le feront certainement. Tout à fait. Quand le Cercle a été champion, il a laissé couler ses larmes. Il n'hésite pas à montrer sa joie ou son chagrin, même s'il n'est pas toujours aussi expressif. ( Jerko : " Il faut simplement apprendre à bien canaliser ses émotions, comme sa motivation et son énergie "). J'ai suivi des cours mais je n'ai pas tenu longtemps. J'en ai perdu l'envie rapidement. J'essaie de me perfectionner maintenant, après avoir parlé pendant quatre ans anglais avec des amis. Avec les enfants, je parle ma langue maternelle, pour qu'ils n'oublient pas leurs origines. (Jerko : " Je vis dans un rêve ! Je voudrais pourtant chercher davantage le contact avec la nature, par exemple en habitant dans les bois ou en étant skipper sur un voilier "). Le Mexique ou la Chine. Je voudrais découvrir une autre culture, ses coutumes, pendant plus d'un mois. Mais c'est pour plus tard, quand les enfants n'auront plus besoin de nous.