Les scandales des derniers mois ont démontré que notre football avait urgemment besoin d'une réforme en profondeur. La rédaction de Sport/Foot Magazine s'est penchée sur le problème en décembre et a ouvert le débat. Notre point de départ se base sur plus de transparence et sur un traitement équitable de tous les clubs, sans qu'il y ait deux poids deux mesures, car notre football est aussi fort que ne l'est son représentant le plus faible.
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Les scandales des derniers mois ont démontré que notre football avait urgemment besoin d'une réforme en profondeur. La rédaction de Sport/Foot Magazine s'est penchée sur le problème en décembre et a ouvert le débat. Notre point de départ se base sur plus de transparence et sur un traitement équitable de tous les clubs, sans qu'il y ait deux poids deux mesures, car notre football est aussi fort que ne l'est son représentant le plus faible. René Van Haute estime que le principe d'institutions indépendantes, censées réguler la toute puissance des grands clubs, est positif. " Un beau programme, mais hélas, ne comptez pas sur les clubs pour le réaliser ", a réagi Gilbert Pierard par mail, au lendemain de la parution de l'article. Le plan global séduit Frederik Baeten. " Je trouve toutes vos propositions très intéressantes, certainement celle qui interdirait aux clubs professionnels de jouer le dimanche après-midi. Cela inciterait davantage de gens à retrouver le chemin des clubs locaux. J'aimerais que vos propositions soient appliquées par l'Union belge et la Pro League. " Mais il envisagerait une autre formule de compétition. " Je trouve l'idée d'une D1A à 10 équipes très bonne, car il y aurait davantage de grands matches et la différence de niveau entre les adversaires serait réduite. Pourtant, je n'en suis pas entièrement partisan, car je constate que les autres pays qui ont un championnat à peu d'équipes ne sont pas très performants sur la scène européenne. " C'est la recherche d'une autre formule de championnat qui passionne le plus nos lecteurs. Louis Claerebout souhaiterait un retour à ce qui existait autrefois, avec 18 ou 20 clubs par série, première, deuxième et troisième division. " Les pays qui n'ont que dix clubs en D1 sont confrontés à un monopole : Bâle en Suisse, et Salzbourg en Autriche. " Coriolan Fondaire trouve que les critiques sur la formule actuelle ne sont pas fondées. Depuis 2010, constate-t-il, les résultats des clubs belges en Coupe d'Europe se sont améliorés, si l'on excepte une mauvaise année comme la saison dernière. " C'est à cela que l'on peut juger la compétitivité d'un championnat. " Il estime que la formule actuelle offre suffisamment de possibilités aux clubs pour continuer à briller sur la scène européenne après le Nouvel An et craint que ce ne soit pas le cas dans un championnat à dix équipes. S'il faut quand même changer, Frederik Baeten propose ceci : la D1A deviendrait un championnat de 14 équipes, avec play-offs. Les PO1 comporteraient six participants, les PO2 huit participants. Dans ces derniers, les équipes lutteraient pour le maintien (deux descendants), dans les premiers elles lutteraient pour le titre et les places européennes. Dans cette proposition, aucune équipe disputant les PO2 ne pourrait décrocher un ticket européen. Les points ne seraient pas divisés par deux, comme c'est le cas aujourd'hui, car cela va selon lui à l'encontre de l'éthique sportive. Le 14e du classement final, après les play-offs, descendrait directement, tandis que le 13e participerait à un tour final avec trois équipes de D1B. Le champion de D1B et le vainqueur de ce tour final prendraient les places libres en D1A. La D1B consisterait, dans sa proposition, en un championnat de 12 équipes et pas 8 comme aujourd'hui. Elles disputeraient un championnat au format similaire à celui de la D1A. D'abord un championnat normal par aller-retour, puis deux groupes de six qui lutteraient soit pour le titre, soit pour le maintien. Ici aussi, deux descendants et pas de division des points par deux au début du tour final. Baeten : " 26 clubs professionnels, cela devrait être possible. Ce sont deux de plus qu'aujourd'hui, et dans les séries amateurs actuelles, on trouve plusieurs équipes qui entrent en considération pour un statut professionnel. " Sa proposition a aussi des conséquences pour la Coupe de Belgique. Les clubs de D1 entreraient en lice plus tôt, et les rencontres se joueraient en une seule manche. Compte tenu de la diminution du nombre de matches, tous les tours pourraient être disputés le week-end. Les clubs de division inférieure bénéficieraient automatiquement de l'avantage du terrain. C'est aussi ce qu'exige Robert Collinet, avec une finale organisée APRÈS le championnat, en guise d'apothéose de la saison. Wim Dierckx est, lui aussi, d'accord avec cette revalorisation de la Coupe de Belgique : chaque tour doit être joué en une seule manche et les clubs de division inférieure doivent toujours bénéficier de l'avantage du terrain, qui ne pourrait plus être vendu. Christian Lhoest, fait une remarque à propos de l'une de nos propositions : le fait que 51% des parts d'un club devraient être détenues par des citoyens de l'Union Européenne. Selon lui, cela pourrait générer des problèmes pour concurrencer le Royaume-Uni, l'Espagne, la France ou les Pays-Bas. " A moins que cette règle ne soit d'application dans tous les pays de l'Union Européenne. " Jan Daelemans veut une vision claire de la part du président (h/f) de la fédération, qui doit être parfait bilingue et communicatif. Il plaide aussi pour que l'amateur de football puisse davantage exprimer son avis, " par exemple dans une émission comme La Tribune. " Marc Bastiaenssen est favorable à des dirigeants fédéraux moins liés à un club. " Il serait opportun qu'à côté du président de la Pro League, le vice-président et les principaux décideurs soient plus neutres. " Guy Bragard s'interroge. " Comment trouver une personne compétente, connaissant et aimant le foot, sans qu'elle soit attachée à un club ? C'est comme si on demandait de trouver un Premier ministre n'appartenant à aucun parti politique. " Il trouve ridicule aussi d'empêcher les arbitres d'avoir des contacts avec le monde du football en dehors des matches. " Un arbitre est une personne liée, au départ, à un club ", dit-il. " Le contexte zéro n'existe donc pas. Il doit pouvoir se montrer en société mais il faut aussi lui fournir des armes pour résister aux tentations, en dispensant par exemple des cours sur la manière dont les lobbys agissent. " Xavier Geys se montre un rêveur très critique. A l'exception du G5, chaque dirigeant de club veut faire en sorte de diminuer au maximum les risques de relégation pour son club, dit-il. Dans notre proposition, c'est... juste le contraire ! " Comment voulez-vous que quelqu'un investisse si les risques d'une relégation sont trop élevés ? " Pour cette raison, il n'est pas opposé à une compétition fermée, comme dans la plupart des sports américains. " Laissons les montées et les descentes au football amateur, ou limitons-les à la D1B. Cette série ne sera quand même jamais intéressante, à moins que l'on implique ses clubs dans les PO2. " La saison dernière, souligne-t-il, les PO2 étaient intéressants parce qu'on se demandait comment le Beerschot se débrouillerait contre un club de première division. " Le championnat dont il rêve ? Une D1A et une D1B avec 12 équipes. Après 22 matches, les huit premiers joueraient des play-offs (avec division des points par deux) pour le titre et les places européennes. Les quatre derniers de D1A et les quatre premiers de D1B se disputeraient les places en D1A pour la saison prochaine, tandis que les huit derniers de D1B joueraient entre eux. De préférence en circuit fermé, ou avec au maximum un seul descendant, afin de limiter le risque de frais inutiles, dans les infrastructures, notamment. Lui aussi ne croit pas en un président de Pro League et ne croit pas davantage dans la parole donnée aux supporters (" Imaginez que vous auriez votre mot à dire dans le prix d'achat d'une voiture ou d'un casier de bière au supermarché ? Je pense que la salle d'exposition ou le magasin pourrait rapidement fermer ses portes "), ni dans l'obligation d'un salaire minimum pour un joueur non originaire de l'Union Européenne. " Moins de Serbes, parce que trop chers ? On se tournerait alors vers des Bulgares ou des Roumains. " Il est d'accord avec notre proposition de réforme de la Coupe de Belgique, mais pas avec la limitation du rôle des agents. " Imaginez que Kevin De Bruyne devienne entraîneur plus tard et continue à travailler avec Patrick De Koster, celui-ci saurait plus rapidement ce dont KDB a encore besoin. Ne serait-ce pas ridicule de lui interdire d'amener un bon arrière gauche ? "