Enzo si bien à Madrid...
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Enzo si bien à Madrid...Mardi dernier, Enzo Scifo a participé aux festivités du centenaire du Real. Il a joué une mi-temps dans la sélection mondiale qui affronta des anciens de Madrid. Le lendemain, il marchait comme un canard, tant il souffrait de la hanche. Mais là n'était pas le plus dérangeant pour lui. Le pire fut de se retremper, après deux heures d'avion, dans l'ambiance électrique qui règne actuellement à Charleroi."J'étais si bien à Madrid", ironise-t-il. "Pendant deux jours, je n'ai pas pensé aux problèmes du Sporting. J'y serais bien resté une semaine".En arrivant dans la capitale espagnole, Enzo fut accueilli par Jorge Valdano et Emilio Butragueño. Son aura reste énorme aux quatre coins du monde. Dès qu'il met le pied à Charleroi, il en prend plein la figure. Il ne l'avoue pas lui-même, mais ses proches reconnaissent qu'Enzo vit de plus en plus mal ce contraste. La presse ne l'épargne pas et la frange radicale des supporters du Sporting l'a matraqué en fin de saison. Au point de le dégoûter? "Qui s'est investi moralement et financièrement pour sauver ce club? Monsieur Bayat et moi-même", rappelle-t-il. "Aujourd'hui, certaines personnes extérieures au club voudraient prendre les décisions à notre place. La Nouvelle Gazette veut ma tête. Son seul but est de déstabiliser tout le club. Il est dommage que des gens lisent encore ce quotidien... On ne peut plus parler d'information. Mais je suis prêt à m'accrocher. Dans ma tête, je serai toujours entraîneur à la reprise. J'ai eu une bonne discussion avec le président en cours de saison: je lui ai demandé s'il n'estimait pas que je serais plus utile dans un autre rôle. Aujourd'hui, je ne me pose plus trop la question". Abbas Bayat laisse le choix à son actionnaire minoritaire: "Enzo doit rester à Charleroi. Et il choisira lui-même son rôle pour l'avenir".Du côté de La Nouvelle Gazette, on se défend face à ces accusations de déstabilisation. Philippe Dewitte: "Nous ne sommes pas persuadés que Scifo est taillé pour le métier d'entraîneur. Le Sporting peut-il confier un noyau de jeunes à un coach inexpérimenté? Tout cela nous fait peur. Nous avons le droit de critiquer certaines décisions. Au niveau du recrutement et de la gestion du noyau par exemple: un seul Iranien s'est imposé, Stéphane Biakolo a été transféré par téléphone, Daniel Calvo a été retiré de l'équipe alors qu'il venait de faire deux très bons matches, Branko Milovanovic est rentré le plus souvent quand le match était plié, etc. Pour ce qui est de l'avenir, c'est le sac de noeuds et on attend les éclaircissements du président". Quelle équipe en 2002-2003?L'actuelle politique de transferts du Sporting inquiète. Sergio Rojas, Darko Pivaljevic et Daniel Camus sont déjà partis. Le club a annoncé que tous les autres titulaires étaient transférables. Personne ne peut jurer que Daryush Yazdani, Frank Defays, Grégory Dufer et Istvan Dudas seront toujours là en juillet. Côté entrées? Le vide! Scifo a annoncé les ambitions devant les caméras de la RTBF après le dernier match de la saison: "Nous ne gagnerons peut-être pas beaucoup de matches l'année prochaine, mais c'est agréable aussi de travailler avec des jeunes". Une déclaration maladroite alors que Jean-Jacques Cloquet, ancien Zèbre et nouvel homme de confiance de Bayat, se démène pour trouver des sponsors? Scifo a en tout cas le mérite d'être franc. "Je ne tiens pas à tromper les supporters", explique-t-il. "Je ne peux pas imaginer que nous soyons plus compétitifs la saison prochaine. Evidemment, j'aimerais avoir un super noyau, comme n'importe quel entraîneur. Mais je suis bien placé pour comprendre que ce n'est pas possible actuellement à Charleroi".Le président n'est pas inquiet à ce niveau: "Les supporters pensent qu'il faut nécessairement transférer beaucoup de joueurs confirmés pour réussir. Nous l'avons fait depuis deux ans mais les résultats n'ont pas répondu à l'attente. Qui peut dire dès maintenant que nous échouerons avec nos jeunes?"Une chose est sûre: c'est ce manque d'ambition qui a poussé le manager Gallinella à prendre du recul par rapport à la conduite sportive du club. Sera-t-il toujours au Sporting dans quelques mois? Il le souhaite mais ne s'accrochera pas. Enzo veut qu'il reste et le président réfléchit à la fonction qu'il pourrait lui confier.Virer Brogno et provoquer une révolution?La brouille Scifo-Brogno est un autre sujet chaud du moment. "Depuis deux semaines, ils ne se parlent plus", confie un Zèbre. "Honnêtement, les joueurs s'en foutent. Quand on est en fin de saison, on a d'autres préoccupations en tête. Nous ne connaissons pas les raisons de leur dispute, mais je pense qu'il y avait beaucoup d'hypocrise dans leur relation".Difficile de connaître l'origine du clash.Brogno: "Pas de commentaire. Je peux seulement vous confirmer que, depuis quelque temps, nous nous disons bonjour, sans plus. Une réconciliation? Pour le moment, je ne pense pas tellement à faire le premier pas. Je m'expliquerai devant le président en temps voulu. En tout cas, je n'ai pas envie de quitter le Sporting".Scifo: "Je ne tiens pas à m'exprimer à ce sujet. Nous règlerons le problème en interne".Bayat: "Il y a un problème et je le solutionnerai. Dante ne veut pas rester adjoint. De mon côté, je souhaite le conserver dans le club. Je réfléchis".Des versions officieuses circulent. Brogno aurait manoeuvré pour prendre la place de Scifo. Il aurait balancé aux médias des informations qui auraient dû rester confidentielles. Des explications qui valent ce qu'elles valent. La cote de Dante Brogno est toujours intacte auprès des supporters, qui ont obtenu que le maillot numéro 11 ne soit plus jamais attribué au Sporting et ont contribué à l'aménagement d'une vitrine spéciale Brogno dans le boutique du stade. Le mettre dehors pourrait provoquer une nouvelle révolution. Il est donc probable que Bayat parviendra à le recaser dans l'un ou l'autre rôle."Un putsch? N'importe quoi"Scifo et Gallinella auraient-ils fomenté un putsch destiné à renverser leur président? Encore une rumeur apparue dans la presse. Enzo se fâche: "C'est de la folie! Avec Lucien Gallinella, je suis allé trouver Jean-Claude Van Cauwenberghe. J'estimais qu'il fallait relancer une collaboration entre le Sporting et la Ville parce que le contact s'était un peu refroidi ces derniers temps. Or, je tiens à conserver de bonnes relations avec les gens qui m'ont amené ici. Ce rendez-vous aurait dû rester confidentiel. Le lendemain, on pouvait lire dans la presse que j'étais allé chez Van Cau pour trouver du pognon!" La Ville sera-t-elle une nouvelle fois amenée à jouer un rôle de pompier si les finances du Sporting continuaient à empirer? Claude Despiegeleer n'y pense même pas: "Le déficit actuel ne me préoccupe pas du tout. Abbas Bayat conserve toute notre confiance. C'est un homme d'affaires brillant et je suis sûr qu'il va réussir. Comme il y est parvenu, jusqu'ici, partout où il est passé. Je suis persuadé qu'il sortira prochainement un nouveau joker de sa manche". Il n'empêche que le club devra rembourser tôt ou tard plus de 6 millions d'euros. Difficile à imaginer alors qu'il a accumulé un déficit d'exploitation de 4 millions depuis l'arrivée de la nouvelle direction. Bayat: "Nous ne devrons commencer à rembourser qu'en 2007. D'ici cette date, je veux parvenir à équilibrer notre budget chaque saison. En formant des jeunes pendant ce laps de temps, j'espère les revendre dans quelques années et rembourser ainsi notre dette".Pierre DanvoyeDeux certitudes: Gallinella ne sera plus manager et Brogno ne sera plus adjoint"Je ne tiens pas à tromper les supporters" (Scifo)