Il n'y aura pas à Tubize de treizième saison consécutive pour l'incontournable Théo Buelinckx au poste d'entraîneur. En effet, après douze ans de mariage et cinq montées, le divorce a été récemment acté. "A titre temporaire", précise un communiqué laconique et presque romantique.
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Il n'y aura pas à Tubize de treizième saison consécutive pour l'incontournable Théo Buelinckx au poste d'entraîneur. En effet, après douze ans de mariage et cinq montées, le divorce a été récemment acté. "A titre temporaire", précise un communiqué laconique et presque romantique. La séparation intervient tellement tard dans la saison qu'elle a de quoi étonner. A l'instar de Robert Waseige jadis au feu FC Liégeois ou de Guy Roux à l'AJ Auxerre, le paternel d' Yves paraissait lié à vie aux Sang et Or du Brabant wallon. L'usure du pouvoir si souvent annoncée et toujours démentie aurait-elle quand même fini par faire son effet? "J'ai vécu des moments tellement exceptionnels à Tubize que je n'ai pas envie de râler sur trois derniers mois délicat"s, relate Théo Buelinckx qui, pour la première fois dans sa carrière d'entraîneur, se retrouve sur le marché du travail. "J'ai probablement sous-estimé la jalousie et les envieux au sein du club. Récemment, j'ai entendu une réflexion qui, avec recul, prend toute sa signification: -C'est qui le président à Tubize? Buelinckx ou Langendries? Le climat de travail n'était plus le même". Néanmoins, la décision reste étonnante car elle n'apparaît pas comme mûrement réfléchie et préparée. Pour preuve, Buelinckx avait été intégré à la campagne des transferts et était sur le point de boucler la liste des matches de préparation d'avant-saison. "J'ai toujours eu carte blanche sur le plan sportif. Ces derniers temps, et pour la première fois en douze années de collaboration, je commençais à entendre des critiques. Souvent sournoises. Mon travail n'était plus apprécié à sa valeur, moins respecté. En concertation totale, je tiens à le dire, avec le présidznt, nous avons décidé d'arrêter. Notre amitié, je ne veux pas la gâcher. Elle est indéfectible. Moi, je n'étais pas usé. J'étais prêt à aller encore au front mais il y avait un risque de clash en cours de saison prochaine. Néanmoins, le club, ou plutôt certains au sein du club, en avaient peut-être marre de voir ma tête. Mieux vaut se retirer". Dimanche dernier, à l'occasion de la venue de l'Union St-Gilloise au stade Leburton, Théo Buelinckx a été fêté, fleuri. La course à sa succession n'aura pas été longue puisque Jacques Urbain (ex-Marchienne et RJ Wavre) devrait reprendre les rênes. Même s'il n'est pas un adepte des trémolos, Théo avoue qu'il a vécu une aventure incroyable. Qui a failli ne jamais démarrer. "En 89, j'étais encore joueur à Hal en Promotion. Lorsque Tubize, alors sociétaire de P3, m'a contacté, j'ai d'abord souri avant d'écouter et de mordre à l'hameçon. Les succès se sont empilés. Avec trois titres en quatre ans. A cette époque, j'ai réfléchi: -Ne devrais-je pas partir alors que tout fonctionne bien? Mais le club était mû d'un tel dynamisme que j'ai poursuivi l'aventure". Avec une historique montée en D3 et une culbute tout aussi rapide. Avec toujours Théo Buelinckx aux commandes : "Preuve que le président et moi étions sur la même longueur d'ondes. Dès le début de la saison, j'avais prévenu que ce serait difficile. Ce le fut et il ne m'a pas lâché".En douze ans, le club en a vu défiler des... joueurs. Tubize était devenu une exception. Le club qui vire les joueurs et non l'entraîneur : "J'ai une méthode de travail qu'il faut accepter. Je ne suis pas engagé pour faire plaisir mais pour entraîner et obtenir des résultats. Evidemment, certains ne m'aiment pas mais je crois pouvoir dire que j'ai conservé de bonnes relations avec mes ex-joueurs. Je me souviens de Patrick Berlot que j'avais jadis viré du club. Quelques années plus tard, il me tombe dans les bras. Si j'avais été si imbuvable, il m'aurait évité". La succession du monument ne sera guère aisée d'autant que Tubize se situe à un tournant de son histoire. Après avoir gravi les échelons, le club brabançon semble chercher sa voie. Ou plutôt stagner. Il y a deux ans, un grand projet, un peu utopique, avait germé : Tubize en D1 en 2009. "Je pense que, pour l'heure, il est au placard. Pas par manque d'ambition pas mais par déficit de moyens. La commune est pauvre et la situation économique de la région n'est guère florissante". Au-delà de l'avenir de Tubize, où Théo Buelinckx va-t-il rebondir? "J'ai déjà envie de réentraîner. Jadis, j'avais eu des touches avec Deinze et Wetteren mais, coiffeur à Hal, je ne peux pas me permettre de dénicher un club trop loin de mon domicile. Je suis d'ailleurs prêt à recommencer une aventure avec une équipe de P1 ou P2 ambitieuse. Pour la première fois de ma carrière, je suis libre". Même si aucune garantie contractuelle n'existe, le retour de Théo Buelinckx à Tubize est dans l'air. Dans six mois ou six ans.Jean-Marc Ghéraille