O uais, bonjour en fait, vous êtes bien sur le GSM de Yulu-Matondo Jean quoi ! Je ne suis pas là pour l'instant mais laissez-moi vos coordonnées et dès que je les ai, je vous rappelle quoi ! Ciao !
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O uais, bonjour en fait, vous êtes bien sur le GSM de Yulu-Matondo Jean quoi ! Je ne suis pas là pour l'instant mais laissez-moi vos coordonnées et dès que je les ai, je vous rappelle quoi ! Ciao !Le message d'accueil de Jeanvion Yulu-Matondo (19 ans), décliné sur un ton extrêmement lymphatique, sent bon l'insouciance africaine. Mais sur le terrain, rien de tout cela : Jean combine puissance, ambition, audace. Il y a quelques semaines, il était encore un nobody de notre football. Aujourd'hui, on le connaît un peu mieux : un but en Ligue des Champions contre la Juventus et une participation à la dernière ligne droite de la superbe campagne éliminatoire des Espoirs, ça vous révèle un homme. Qui est-il ? D'où vient-il ? Que pense-t-il ? Que veut-il ? Comment vit-il ce qui lui arrive ? Jeanvion Yulu-Matondo passe son parcours au révélateur. Jeanvion Yulu-Matondo : " Je suis né à Kinshasa et j'ai grandi dans une ambiance très football. Mon père était joueur professionnel en D2 zaïroise. Quand j'avais 5 ans, il n'en avait que 25 et il a décidé de venir en Europe pour booster sa carrière. Malheureusement, il n'avait pas de conseiller, personne pour le recommander, et pas un CV intéressant. Il a galéré quelque temps en Belgique pour trouver un club puis a fini par laisser tomber et s'est reconverti comme livreur. En fait, il a carrément fait une croix sur sa carrière en quittant son pays. Je n'ai pas beaucoup de souvenirs de mes années au Zaïre. Je me souviens seulement que nous vivions dans de très bonnes conditions matérielles par rapport à la majorité de la population. Je n'y suis plus jamais retourné entre-temps mais j'y prévois un petit voyage pendant la prochaine trêve hivernale ". " Mes parents étaient installés à Bruxelles mais j'ai passé une partie de ma jeunesse à Ans, dans la région liégeoise. J'avais une tante qui vivait seule là-bas, elle souhaitait avoir une compagnie et mon père ne voyait pas d'inconvénient à ce que je vive avec elle. C'est comme ça que je me suis affilié au FC Ans quand j'avais 10 ans. Mon premier entraîneur a décidé que je jouerais à l'attaque. Après mes parents, c'est la première personne qui a cru en moi. J'ai récompensé cet homme : il est devenu mon parrain. On n'avait pas jugé utile de m'en donner un plus tôt (il rigole) ". " Nzelo Lembi, qui a joué à Bruges et est maintenant à Kaiserslautern, est mon cousin germain. Son père et le mien sont deux frères. Oui, je sais, ça vous paraît bizarre vu qu'on ne porte pas le même nom. Mais c'est parfois très compliqué en Afrique. Yulu-Matondo, par exemple, c'est le nom d'un frère de mon grand-père. Mon petit frère porte encore un autre nom : Kibelo. Ma s£ur, c'est Mbimba. Ma mère, Poutou. Jeanvion Yulu-Matondo, ça fait beaucoup de syllabes, alors les gens simplifient. Au foot, c'est Yulu. Dans la famille, c'est Jean ". " Un de mes cousins devait aller passer un test à Mouscron. Son père a insisté pour que je puisse l'accompagner et c'est moi qui ai été retenu. J'avais 13 ans et j'ai intégré le Futurosport. J'ai notamment travaillé avec Philippe Saint-Jean, qui en était le directeur technique. Il y avait beaucoup de talent dans ces équipes et c'est dommage que Mouscron ne leur fasse pas confiance en D1 aujourd'hui. Mouscron a donné une chance à Jonathan Blondel, à Paco Sanchez, à Lorenzo Lai et à quelques autres, mais les jeunes qui sortent du Futurosport ne parviennent pas à confirmer dans la durée en équipe Première. C'est regrettable ". " J'ai tapé dans l'£il de scouts du Club Bruges lors d'un match de jeunes avec Mouscron. C'était en 2001. J'hésitais et c'est Lembi qui m'a convaincu d'accepter, il m'a dit qu'il y avait tout pour progresser ici. J'ai continué mon apprentissage très calmement. En janvier de cette année, ma carrière a vraiment pris son envol. CedomirJanevski, qui s'occupait des Espoirs, m'a proposé d'accompagner le noyau A en stage en Espagne. C'est seulement à ce moment-là que j'ai découvert Trond Sollied. Il a apprécié ce que j'ai montré à Malaga, et à la fin du stage, il a tranché : je pouvais rester avec les pros jusqu'à la fin de la saison. Dès le mois de février, la direction m'a offert un contrat pro de trois ans et demi. Sollied m'a plusieurs fois fait confiance pendant le deuxième tour : en Coupe de Belgique contre l'Olympic Charleroi et dans quatre matches de championnat. Et j'ai vécu mon premier tout grand moment dans le derby contre le Cercle, en marquant le but de la victoire ". " Avec Sollied, tout était très clair : il y avait un système et des hommes pour l'appliquer. Quand un titulaire était indisponible, il le remplaçait par un autre joueur qui héritait exactement du même rôle. J'imagine que Jan Ceulemans aurait voulu travailler de la même façon mais c'est impossible avec tous ces blessés. Il est hors de question de dégager un système et une équipe type quand il y a autant de gars à l'infirmerie. Pour moi, une chose est claire : il est beaucoup trop tôt pour faire un premier bilan du boulot de notre entraîneur ". " Le match de Ligue des Champions contre la Juventus, c'était ma toute première titularisation avec le Club dans un match officiel. Je suis resté très zen quand l'entraîneur m'a appris, la veille, que je débuterais. Je me suis contenté d'appliquer mon rituel : au lit à 21 heures, debout à 10 heures, repas, tv, discussion avec mes parents, sieste puis préparation du match avec le groupe. Je n'étais pas plus nerveux en abordant le match contre la Juventus que quelques mois plus tôt en commençant l'affrontement avec l'Olympic Charleroi. OK, on a perdu contre la Juve, mais il y a un truc qu'on ne pourra jamais m'enlever : j'ai marqué en Ligue des Champions contre un des clubs les plus prestigieux du monde ". " Jean-François de Sart m'a récompensé pour mon bon début de saison : j'ai rejoint les Espoirs pour la dernière ligne droite de leur campagne éliminatoire. Ainsi, j'ai pu faire partie de la fête, de la qualification pour le stade suivant. Pour moi, tout a commencé en Bosnie : je suis entré pour la dernière demi-heure. Quelques jours plus tard, j'ai débuté contre Saint-Marin : j'ai marqué trois de nos cinq buts. Après cela, il y a eu le match à Sclessin contre l'Espagne qui nous a assurés d'une des deux premières places de la poule, puis la victoire en Lituanie où j'ai de nouveau marqué. Un chouette bout d'aventure ". PIERRE DANVOYE UN BUT CONTRE LA JUVE POUR SA TOUTE PREMIÈRE TITULARISATION AVEC LE CLUB " ceulemans voudrait travailler comme sollied mais c'est impossible "