Quatre années durant, Anderlecht a cherché un successeur à BartGoor. Mais l'Egyptien Tarek Said, le Tchèque Martin Kolar, souvent blessé, le Français Fabrice Ehret et le Belge ChristopheGrégoire n'ont pas répondu aux attentes du staff technique des Mauves.
...

Quatre années durant, Anderlecht a cherché un successeur à BartGoor. Mais l'Egyptien Tarek Said, le Tchèque Martin Kolar, souvent blessé, le Français Fabrice Ehret et le Belge ChristopheGrégoire n'ont pas répondu aux attentes du staff technique des Mauves. La saison passée, le Suédois ChristianWilhelmsson ou Mbo Mpenza ont même été déplacés sur le flanc gauche pour y combler le trou. Donc, pour la seconde année de suite, le club a demandé au Campinois s'il envisageait un retour à Bruxelles. La première fois, Anderlecht avait été trop timoré. Le capitaine de l'équipe nationale n'était pas vraiment alléché par la proposition et les négociations avec son club de l'époque û le Hertha Berlin û n'avaient pas été menées avec acharnement non plus. Pourtant, un Feyenoord tenace avait obtenu Goor pour une bouchée de pain, 250.000 euros. Cette année, Anderlecht a persévéré et a délié les cordons de sa bourse. Les Rotterdamois, qui n'avaient aucune envie de se défaire de leur capitaine, ont finalement obtenu le jeune espoir TimothyDe Rijck plus 1,7 million, auquel s'ajoutera un bonus de 200.000 euros si Anderlecht se qualifie pour les poules de la Ligue des Champions. C'est une fameuse somme pour un trentenaire, mais Goor constitue une certitude, une garantie, aux yeux du Sporting. Rarement blessé, il est un leader sur le terrain et en dehors. Surtout, il est polyvalent, dans un registre offensif, et on peut l'employer comme attaquant spécifique ou comme médian. Hier, Anderlecht est entré en lice contre Neftchi Bakou (Azerbaïdjan) au deuxième tour préliminaire de la Ligue des Champions. En guise de préparation, les Bruxellois ont disputé quelques matches amicaux difficiles la semaine dernière. En 4-4-2 contre Utrecht et avec les mêmes joueurs mais en 4-3-3 contre Fenerbahçe. Est-ce un premier indice ? Face aux Turcs, l'occupation de terrain n'était pas idéale. L'adversaire a mené 0-2 et semblait être constamment en supériorité numérique dans l'entrejeu. Goor : " Nous avons redressé la barre après le repos, ce qui veut dire que nous sommes physiquement au point et que nous pouvons jouer. Le voyage de quatre heures en car explique peut-être notre pénible entrée en matière. Je pense que nous sommes dans les temps. Le style de jeu m'importe peu. En maîtriser plusieurs n'est pas une mauvaise chose. Le 4-3-3 que nous appliquons est différent de la variante néerlandaise. Là, ils ont des ailiers spécifiques. A droite, nous en avons sans doute un : Wilhelmsson, mais si AkinSerhat joue à gauche, il est moins à l'aise que quand il jaillit de l'entrejeu. Il me semble donc très important que ce premier trio bouge beaucoup et permute, afin de nous permettre de nous infiltrer depuis l'entrejeu. Peut-être notre style de jeu dépendra-t-il de l'adversaire. Le 4-4-2 offre un homme de plus dans l'entrejeu, le 4-3-3 dépend de la façon dont les attaquants apportent leur contribution aux tâches défensives. S'ils ont un bon placement, ils facilitent la vie des médians. Dans le cas contraire, l'adversaire a un homme de plus dans ce secteur. Cela peut nous poser problème, surtout si l'autre équipe joue intelligemment et écarte le jeu. Je pense que Frankie Vercauteren étudie les différentes possibilités et les teste contre de bonnes équipes, pour déceler nos lacunes. Mais je pense que nous sommes prêts, physiquement et mentalement, pour les rendez-vous importants. Nous ne manquons pas de qualité, c'est surtout mentalement qu'il faut être affûté. Le Sporting n'a pas été champion la saison passée, il en veut et ça se sent à l'entraînement " Anderlecht a acquis cinq joueurs : Silvio Proto, Dan Mitu, Laurent Delorge, Serhat et Goor. Seul Aruna Dindane est parti et les places se font chères. Qui sera titulaire ? Goor : " Proto, je ne le connais guère, même si je l'ai vu à l'£uvre en équipe nationale. Il a une grande aura et c'est un excellent gardien. Il est gentil, normal, calme, il a tout pour réussir. Il a la volonté d'être le meilleur, ce qui est capital. Je l'ai trouvé très bon à Belgrade. Je préfère ne pas me prononcer quant à la nécessite d'enrôler un nouveau gardien car je n'ai appris la saison passée que par les journaux les problèmes à ce niveau. Problèmes mentaux, blessures... Proto a 22 ans mais a prouvé qu'il était le meilleur du moment en équipe nationale. Il a toujours joué, même quand il était plus jeune, ce qui est aussi important. Rejoindre un grand club et ne pas jouer eût constitué un frein à son épanouissement. Rejoindre une équipe style Arsenal comportait donc des risques. Il pouvait très bien y faire banquette... tout comme il pouvait aussi s'y imposer et alors, il atteignait un niveau supérieur ". Mitu ? Goor : " Je ne l'ai vu qu'à l'entraînement. Le Lierse en dit beaucoup de bien : très fort avec le ballon, un pied gauche en or, une bonne vista. Il sait faire une passe. La concurrence est rude, avec PärZetterberg et Walter Baseggio, mais il le savait en signant. La situation de Delorge est identique. En plus, il a été blessé quelques jours. Il a un bon abattage, sait s'infiltrer, ce qui est important sur le flanc. Serhat excelle à jouer en un temps. Il se meut bien, il court beaucoup. Très rapide devant le but, il conclut bien. Il doit encore trouver ses marques mais il déborde de talent. Il sait conserver le ballon, j'en suis certain. Ses qualités ne sautent pas encore aux yeux mais il doit s'adapter à un autre pays, à un autre club, à de nouveaux coéquipiers. Ce qu'il montre à l'entraînement me suffit ". Un international turc en fin de contrat qui choisit la Belgique éveille notre scepticisme. Peut-être n'émarge-t-il pas à l'élite absolue ? Goor : " Un moment donné, un joueur peut être las du club où il se produit. D'après ce que je sais, Fenerbahçe a tout fait pour tenter de le conserver, ce qui est éloquent ". A l'entraînement, on dénombre une trentaine de têtes. Un groupe d'une telle ampleur est-il gérable ? Goor : " Il va être réduit. Pour l'instant, on le divise souvent. L'ambiance est excellente. Evidemment, nul n'est encore vraiment déçu, puisque les choses sérieuses n'ont pas encore commencé. Bientôt, Frankie devra faire des mécontents et ce ne sera pas facile ". On reprochait à HugoBroos de ne pas suffisamment motiver ses décisions. Goor : " Ruud Gullit ne le faisait pas non plus. Certains joueurs s'en accommodent mieux que d'autres. Il est par ailleurs très difficile de maintenir 34 joueurs motivés et comment fournir à chacun une explication ?" Un sondage effectué auprès des entraîneurs désigne Anderlecht comme le favori au titre. Comme chaque année... Goor : " En effet, même s'il ne faut pas sous-estimer Bruges. Il a enrôlé un pion important et expérimenté en défense, avec Joos Valgaeren. Son seul handicap est de souffrir de fréquentes blessures légères. Dans l'entrejeu, le Club retrouve Sven Vermant, qui a radicalement changé de mentalité et a un abattage énorme. Le Club a aussi un remplaçant pour NastjaCeh ". Mais il a perdu TimmySimons. L'équipe se reconstruit, sous la direction d'un nouvel entraîneur. Goor : " Oui mais la base est là ". Peut-il comparer l'Anderlecht d'aujourd'hui avec le groupe qu'il a quitté en 2001 ? " Il y a des points communs. Cette équipe évolue ensemble depuis quelques années. Il n'y a guère eu de changements l'an dernier. A la fin de mon premier séjour, la situation était identique : nous jouions ensemble depuis quatre ans. Après un mauvais départ, nous avons formé une grande équipe, un groupe d'amis, aussi, au sein duquel tout le monde travaillait pour les autres. J'ai l'impression de retrouver cette ambiance. Tout le monde se parle. Reste à voir si nous formerons un tout, comme avant. Je pense que oui. Le noyau ne manque pas de qualités et la concurrence va faire rage... L'entraîneur ? A l'époque déjà, il était à l'avant-plan. Il tient à la discipline, ce qui est tout à fait normal. Aimé Anthuenis était peut-être un rien plus cool. A chacun sa personnalité. En tout cas, j'ai appris une chose : la discipline est très importante, on ne peut jamais laisser la bride sur le cou à un groupe ". Le noyau est expérimenté. Goor définit son rôle : " Comme l'année dernière, quand je jouais en 4-3-3, d'abord assez offensivement puis davantage dans l'entrejeu. En dehors du terrain, je ne suis pas le seul élément expérimenté et capable de diriger les autres. Chacun peut le faire à sa façon, dans son compartiment. Il ressort de mes conversations avec Frankie qu'il me voulait, ce qui est évidemment capital et que je dois simplement être moi-même : aider les autres à diriger le groupe, mais rester moi-même. Je ne viens pas ici pour lever le pied, j'aime trop le football. Si je suis revenu, c'est avant tout parce que l'entraîneur avait pensé à moi. Sinon, je n'aurais pas troqué mon contrat à Feyenoord contre un bail ici ". Son été a été perturbé par les rebondissements de son transfert. " Au fond, je m'attendais à reprendre l'entraînement avec Feyenoord. J'avais déjà tourné la page direction Anderlecht. A 32 ans, je voulais rejouer en Ligue des Champions. Las, tout ne s'est pas déroulé comme je l'espérais, mon transfert s'est enlisé. Feyenoord a vraiment voulu retirer tout ce qu'il pouvait de l'affaire et ne souhaitait pas me laisser partir. De mon côté, il n'était pas question de m'incliner car, malgré sa promesse de renforts, Feyenoord ne bougeait guère. J'avais eu un accrochage avec l'attaquant DamkoLazovic et je devais m'entraîner avec lui... A la fin, il y avait des clans ". Goor explique l'incident : " Cela s'est produit à l'entraînement. J'ai taclé sèchement car nous étions menés et les autres se moquaient de nous. Il a réagi en me frappant alors que je ne l'avais même pas touché. Frapper son capitaine, c'en était trop... Je désirais qu'on enrôle Simons mais cela semblait impossible. Il paraît que Feyenoord tente maintenant d'enrôler DennyLandzaat (AZ) et Koen Daerden, de bons milieux mais chers. Des certitudes car le club ne veut pas commettre la même erreur que l'année dernière quand il a raté ses transferts. Le PSV était très fort, en plus, et combler le gouffre qui les sépare ne sera pas évident ". Pour la presse batave, Feyenoord n'est plus un grand club. Goor : " Je ne sais pas. Il en conserve le potentiel. Je suis conscient que la chance se force mais nous avons été accablés par la poisse. Nous avons perdu lors de la dernière minute de jeu contre l'Ajax, idem face au PSV en Coupe... Chaque fois, il s'en est fallu d'un rien, alors que le stade, les supporters et l'ambiance demeurent fantastiques ". L'arrivée d'un nouvel entraîneur n'a pu le convaincre. Goor : " Je suis revenu de vacances exprès pour mener quelques entretiens et j'en ai eu un excellent avec Erwin Koeman, mais j'avais déjà tourné la page. Cela n'allait plus. Quand un joueur est déjà parti dans sa tête, il ne joue plus bien. Le transfert a rapporté gros au club. Je ne sais pas si c'est ce qui l'a finalement décidé. Acheter un joueur pour 250.000 euros et le revendre, un an plus tard, près de sept fois plus cher, c'est évidemment une affaire en or, quelle que soit l'importance de cet élément pour l'équipe ". Il comprend que les dirigeants se soient cabrés. Il avait signé pour trois ans et a rendu son tablier après la première saison. Difficile, dans ces conditions, de former une équipe. Goor : " Si un joueur veut partir au bout d'un an, c'est qu'il y a un problème. Parfois, c'est le club qui veut se débarrasser d'un joueur ". Lors du premier entraînement estival à Rotterdam, il a été verbalement agressé par les supporters, qui l'ont traité de tous les noms d'oiseaux. Goor : " Cela ne m'a pas influencé. Je trouve ces réactions normales. Enfin, normales... Ils soutiennent leur équipe, elle est leur vie. Quand un joueur veut partir, ils sont déçus. Ces cris... le kop constitue un des charmes de l'équipe. Ils ne sont pas passés aux actes. Ils n'ont pas abîmé ma voiture, ne m'ont pas rendu visite ni rien de tout ça. La saison passée, j'ai donné le meilleur de moi-même. Ils ne peuvent rien me reprocher ". A partir de cette saison, les Pays-Bas disputent des playoffs. Goor : " Je trouve ça bizarre. Prenez l'AZ. Pendant un an, ce club a signé des prestations de très haut niveau mais a achevé l'exercice sur les genoux. S'il doit disputer des playoffs, il risque de terminer cinquième et de rester les mains vides, malgré la réussite de sa saison. Il va falloir calculer et veiller à être en forme en fin d'exercice. Idem pour le tour final de D2 ici : ce n'est pas toujours le numéro deux du classement qui est promu via ces barrages ". Quand Anderlecht aura-t-il réussi sa saison ? Goor : " Nous pourrons être très contents si nous sommes champions. Nous devons nous qualifier pour les poules de la Ligue des Champions, ce qui ne sera peut-être pas si évident, en fonction du tirage au sort. Le deuxième tour ? Concentrons-nous sur la qualification et le premier tour. On verra bien après ". L'entrejeu d'Anderlecht vieillit. Goor a 32 ans, Vanderhaeghe en a 35, comme Zetterberg cet automne. Goor : " L'avenir nous le dira. Quand on est encore capable de s'entraîner, on n'est pas vieux. Je ne pense pas que nous ayons perdu notre vitesse. La rotation ? Je n'ai encore jamais vécu ça. On verra, si l'entraîneur décide de la pratiquer ". Le noyau compte sept internationaux belges. Cela n'a pas toujours été le cas. Goor : " C'est un atout en matière de communication. La saison passée, Feyenoord alignait un Suédois à l'arrière droit, un Tunisien et un Américain dans l'axe et un Portugais à gauche. Communiquer n'était pas évident. Ici, nous parlons la même langue et nous nous connaissons. C'est un avantage incroyable ". Après la signature de son nouveau contrat, Vincent Kompany est le joueur le mieux payé d'Anderlecht, alors qu'il n'a que 19 ans et qu'il est entouré d'éléments chevronnés. Est-ce justifié ? Goor : " Cela ne me pose aucun problème. Hiérarchiquement, c'est peut-être étrange mais les bons joueurs sont bien payés. Chacun négocie son propre contrat et doit s'estimer heureux de ce qu'il obtient. C'est au club de décider qui mérite combien. Ronaldinho aussi gagne davantage que des joueurs plus âgés de Barcelone. D'un point de vue sportif, il est très important que Vincent reste encore un an. Il a vraiment tout mais il doit prendre garde à rester simple et à ne pas prendre trop de risques dans son jeu ". Et le supporter doit se mettre à genoux pour qu'il daigne rester ? Goor : " C'est ainsi ". Peter T'Kint " J'ai l'impression de RETROUVER L'AMBIANCE de mon premier séjour ici " " Le Sporting n'a pas été champion la saison passée, IL EN VEUT et ça se sent à l'entraînement " " LA ROTATION ? Je n'ai encore jamais vécu ça. On verra, si l'entraîneur décide de la pratiquer "