Hier soir, Liège a achevé au Mans son parcours en Coupe ULEB. Les espoirs de qualification s'étaient envolés depuis bien longtemps. En championnat, par contre, le club principautaire semble être û comme l'an passé û le principal rival de Charleroi dans la course au titre.
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Hier soir, Liège a achevé au Mans son parcours en Coupe ULEB. Les espoirs de qualification s'étaient envolés depuis bien longtemps. En championnat, par contre, le club principautaire semble être û comme l'an passé û le principal rival de Charleroi dans la course au titre. Giovanni Bozzi : Oui, on est tous fautifs : joueurs, entraîneurs, dirigeants. Notre approche des compétitions européennes est erronée. A l'exception de Charleroi, aucun club belge ne considère la Coupe d'Europe comme un objectif. Plutôt comme une préparation au championnat. Liège n'avait pas les moyens de remporter la Coupe ULEB. Mais on n'a jamais senti, dans nos matches, que la victoire était importante. Certaines circonstances atténuantes peuvent être avancées : la préparation a été perturbée, en raison de mes obligations en équipe nationale, et Michael Huger est encore considéré comme Américain au niveau européen. Cela nous a forcés à opérer un choix entre Rod Grizzard et Brian Greene pour le deuxième étranger. Notre équipe européenne était donc déforcée par rapport à celle qu'on aligne en championnat. Il n'empêche qu'on doit revoir notre philosophie. On sait qu'il est très difficile de remplir les salles un mardi soir en Belgique. Donc, c'est à nous de faire en sorte que... le Sart-Tilman soit plein. En lançant des invitations ciblées, en faisant une meilleure propagande... Aujourd'hui, on en rigole, car on les a compensées en gagnant à Pepinster, à Mons et à Anvers, et en dominant Charleroi à domicile. Mais on pourrait les regretter en fin de parcours. Ralph Biggs et Roger Huggins nous manquent énormément, par leur maturité et leur intelligence de jeu. Plus le match était difficile, plus ils étaient présents. Avec Michael Huger, on possédait une épine dorsale qui n'est plus présente actuellement. Cette saison, l'équipe est capable de produire un très bon basket par moments, mais la mécanique s'enraye au moindre grain de sable. Les joueurs n'osent plus rien entreprendre et se contentent de céder le ballon à Michael Huger. C'est l'inconvénient d'avoir une équipe jeune. Mais il y a aussi des avantages : la marge de progression est réelle. Cela me fait plaisir. Derrière Charleroi, trois ou quatre équipes se tiennent. Toutes peuvent prétendre à la place de dauphin. Leurs ambitions augmentent ou diminuent en fonction de la forme du moment et des blessures. Liège peut effectivement terminer 2e, comme on peut terminer 4e ou... 5e. La première place, sur la longueur, ne peut pas échapper aux Spirous. Oui, avec Armands Skele, qui était un peu mieux connu au départ. Armands avait très bien débuté la saison, mais il cherche actuellement son deuxième souffle. Troy, en revanche, ne cesse de monter en puissance. Je l'avais découvert il y a deux ans, en suivant Kristaps Janicenoks. Je suis amoureux du basket letton et j'avais constaté que cet Américain affichait des statistiques incroyables avec le Skonto Riga. Lorsqu'il a obtenu son passeport letton, son prix est monté. Il est parti jouer en D2 allemande, puis s'est blessé en mars, ce qui peut expliquer les difficultés qu'il a éprouvées pour retrouver le rythme cette saison. Son engagement constitue une belle réussite. Le problème de Liège, pour l'instant, c'est plutôt le rendement de Rod Grizzard. Ce fut un coup de chance. En fait, c'est le président Jean Joly qui, en faisant le tour des agents de joueurs, a appris que Karim avait perdu beaucoup de temps de jeu à Villeurbanne. En début de saison, il jouait 35 minutes et inscrivait près de 20 points par match. Puis, Villeurbanne est allé jouer à Sienne en Euroligue. C'est l'une des meilleures équipes d'Europe et les Français ont sombré en Italie. Karim n'a pas échappé au naufrage. Le week-end suivant, contre Strasbourg en championnat, il a encore été mauvais. Depuis lors, il ne jouait pratiquement plus. Il a dû se passer quelque chose, mais le joueur lui-même n'a pas pu me fournir d'explications. Les joueurs, qui ont été formés dans une université américaine û ce qui est le cas de Karim û, ont parfois du mal à s'auto-évaluer lorsqu'ils reviennent en Europe. Ils croient qu'ils vont se promener, mais le basket européen a fortement progressé. Olivier Veyrat, le manager de Villeurbanne, m'a confirmé que le club cherchait à se séparer de Souchu. Le joueur pouvait partir à Malaga, mais il aurait été inclus dans une rotation de cinq ailiers. Il a préféré venir en Belgique, pour privilégier son temps de jeu. Il a signé pour 18 mois, et s'il confirme son talent, cela pourrait être une très bonne affaire pour Liège. Mais il lui appartient de faire l'effort pour se relancer dans un championnat qu'il ne faut pas sous-estimer. J'entends que la Superligue française aimerait accueillir Charleroi pour la saison 2008-2009. Les Spirous joueraient le titre là-bas et Liège pourrait envisager le Top 4. Le niveau est équivalent. Je crois que la formule actuelle est idéale. Avec 10 équipes, dont beaucoup se tiennent, on peut gagner ou perdre contre tous les adversaires. Charleroi préférait peut-être un championnat de 12 équipes, avec un simple aller-retour, pour mieux pouvoir se concentrer sur ses objectifs européens, mais je ne changerais rien. La saison prochaine, on aura une salle de 5.500 places, avec des possibilités accrues au niveau du marketing. L'objectif reste de remporter un jour le titre. Mais, avec un budget deux fois et demie supérieur à celui de ses principaux rivaux, Charleroi a placé la barre très haut. J'en viens à me demander si on n'a pas raté le coche l'an passé. S'il y avait une chance de battre les Spirous, c'était peut-être en 2004. La présence belge, déjà très faible, risque hélas d'encore se réduire. Jacques Stas dispute sans doute sa dernière saison. D'autres, comme Jean-Marc Jaumin, ont également dépassé la trentaine. La relève tarde à apparaître. J'entends d'ici les récriminations : les clubs ne se soucient pas du travail de formation, ils ne font pas confiance aux Belges et préfèrent engager des étrangers qui ne sont taxés qu'à 18 %. C'est en partie vrai, mais cela ne représente que 1 % du problème. Les 99 autres %, c'est toute la problématique de l'éducation sportive en Belgique. " A terme, on VEUT LE TITRE "