"Je refuse de parler de lui et de lui faire de la publicité, qu'elle soit positive ou négative. Ce gars, ce n'est rien du tout. Il n'a aucun respect. Il a dit beaucoup trop de conneries. Mes valeurs ne sont pas les siennes. " Robert Judas Nouzaret a toujours la dent dure. Ex-sélectionneur du Congo, le coach français avait exclu Dieumerci Mbokani (alors à Wolfsburg) de la sélection en mars 2011. " Je lui ai donné deux chances en équipe nationale et c'est après la seconde que ça a pété de plus belle. Je l'ai sélectionné sur sa réputation, mais ses qualités, je ne les ai jamais vues. Il a joué la star et n'a rien compris. Ce type pète plus haut que son cul. Il a peut-être changé entre-temps mais ce n'est pas ma première préoccupation ", s'enflamme Nouzaret au téléphone.
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"Je refuse de parler de lui et de lui faire de la publicité, qu'elle soit positive ou négative. Ce gars, ce n'est rien du tout. Il n'a aucun respect. Il a dit beaucoup trop de conneries. Mes valeurs ne sont pas les siennes. " Robert Judas Nouzaret a toujours la dent dure. Ex-sélectionneur du Congo, le coach français avait exclu Dieumerci Mbokani (alors à Wolfsburg) de la sélection en mars 2011. " Je lui ai donné deux chances en équipe nationale et c'est après la seconde que ça a pété de plus belle. Je l'ai sélectionné sur sa réputation, mais ses qualités, je ne les ai jamais vues. Il a joué la star et n'a rien compris. Ce type pète plus haut que son cul. Il a peut-être changé entre-temps mais ce n'est pas ma première préoccupation ", s'enflamme Nouzaret au téléphone. Preuve en est : tout le monde n'est pas encore sous le charme de l'attaquant d'Anderlecht. Mais ses détracteurs se font de plus en plus rares. Sport/Foot Magazine a donné la parole à dix personnalités bien différentes (voir cadre " Les apôtres ") qui ont un jour croisé Dieu sur leur chemin. Ils nous expliquent, parfois avec mesure, souvent avec adoration, pourquoi il faut croire en Dieumerci Mbokani. MatumonaZola : " C'est un gars un peu spécial, complexe à comprendre. Il doit connaître la personne pour aller vers elle. Il donne l'image d'un type qui s'énerve facilement mais c'est une gentille personne. Il faut vraiment le pousser à bout pour qu'il sorte de ses gonds. Mais à ce moment-là, fais gaffe à toi. " Réginal Goreux : " C'est une personnalité très forte, à qui il ne faut pas prendre la tête. Mais quand on le connaît un peu mieux, on remarque que c'est quelqu'un de bien. A l'entraînement, je rigolais régulièrement avec lui. " Benjamin Nicaise : " Au Standard, on avait MilanJovanovic qui est un expert en communication, qui recevait plus d'attention, plus de papiers dans la presse. Mbokani avait une relation plus compliquée avec les médias car lui n'est pas dans le show. J'avais beaucoup de sympathie pour lui. C'est une bonne personne mais qui doit être traitée de manière à part. Il a besoin qu'on l'aime. " Guy Lacombe : " Il n'a jamais foutu le bordel, il n'a jamais eu de geste agressif. Mais il était très renfermé et trop passif à mon goût. Il restait dans son coin et on voyait qu'il n'était pas heureux. Il a besoin d'être très entouré. " Marc Keller : " Il a une image qui ne colle pas à sa personnalité. Il n'est pas arrogant, mais il nécessite quelqu'un qui sait s'y prendre avec lui. " Claude Leroy : " Tout le monde progresse quand il se sent en confiance, Dieu peut-être plus qu'un autre. Aujourd'hui, il n'est pas encore au sommet européen mais il évolue dans un grand club où on sait comment l'encadrer. Et je vois qu'il est heureux. En sélection, il réalise des gestes que seul un attaquant bien dans sa peau est capable de faire. Et son comportement est exemplaire. Il arrive à chaque rendez-vous de la sélection avec le sourire, il est devenu un leader naturel des Léopards. " Daniel Renders : Lors de son premier passage à Anderlecht, tout était nouveau pour lui. Il venait de débarquer d'Afrique. Et il devait faire face à une solide concurrence. Il avait devant lui Frutos, Tchité et Mbo Mpenza qui se trouvait sur le banc. Il était le quatrième choix. Dieu est parti surtout parce qu'il avait envie de jouer. " Marc Keller : " Il avait besoin de temps pour s'adapter mais il n'en a pas eu à Monaco. Le club allait mal et était impatient. " Guy Lacombe : " Le contexte était difficile et son talent n'a jamais pu s'exprimer. Ses soucis personnels ne l'ont pas aidé non plus. Il aurait fallu un contexte plus motivant avec plus d'engouement et de positivisme. Monaco, c'est vraiment une ambiance à part. Je n'avais pas vraiment choisi Mbokani. Je voulais un gars qui joue dans la profondeur. Il en est capable mais il aime aussi décrocher et jouer dos au but. Il aime toucher du ballon et son jeu le lui permet. Par contre, il n'a jamais consenti un effort et se croyait au-dessus de la mêlée. Il voulait un statut que le contexte lui accordait : il avait coûté cher, sortait d'un club dans lequel il était la star et son transfert avait engendré de grosses attentes. Il a oublié qu'en arrivant dans un nouveau club, tu repars de zéro. Et il a fait certaines choses qu'il n'aurait jamais dû faire comme lorsqu'il a disparu quelques jours. " José Ntumba : " De réputation, on sait que c'est un râleur. Il veut être le centre d'intérêt. Il a toujours voulu être une star. " Claude Leroy : " Il doit comprendre que c'est en se faisant mal à l'entraînement qu'il va continuer à évoluer. Car sa marge de progression est encore grande. " Paul Marchioni : " On ne connaissait pas bien son caractère ni son comportement. On savait juste qu'il n'était pas le plus simple à gérer. Mais sur le terrain, c'est un guerrier. " Marc Keller : " Le joueur a un très gros potentiel mais s'il ne sent pas qu'on croit en lui, c'est la cata. " Matumona Zola : " Quand il était petit, il savait déjà garder le ballon. On jouait un foot très libre et ses qualités s'exprimaient encore mieux. " Claude Leroy : " Après seulement un entraînement, j'ai été séduit par son talent. Et pourtant, il ne jouait encore que dans un petit club de quartier (Bel'Or à Kinshasa). Dans la foulée, je l'ai sélectionné pour sa première en équipe nationale. C'était en 2006 au stade Aztèque de Mexico devant 80.000 personnes. Ça ne l'a pas empêché d'y marquer son premier but après une course de 40 mètres suivie d'une frappe dans la lucarne. J'avais compris : Dieu, c'était le prototype de l'attaquant que j'aime, rapide, puissant, qui sait éliminer. Et qui va dans la profondeur, ce que les intellos appellent la verticalité. Il a aussi une grande qualité d'improvisation car il n'est pas passé par un centre de... déformation comme beaucoup de joueurs français. " Benjamin Nicaise : " Il a une technique bien à lui, elle est innée. Tu sens que ça vient d'Afrique et non d'un centre de formation européen. " Réginal Goreux : " C'est sans conteste le meilleur attaquant avec qui j'ai joué. Il a tout : physique, technique. Et puis, c'est un architecte du jeu, il voit tout avant tout le monde sur un terrain. " Daniel Renders : " C'est ce que j'appelle un pur créatif, capable aussi de marquer quand le moment est important. Son explosivité et sa détente sont impressionnantes. Il fait partie des grands joueurs de l'histoire d'Anderlecht. " José Ntumba : " Son jeu de tête était sa grande force. Son timing était parfait et sa puissance phénoménale. Il mettait des buts à des distances folles. J'avais l'impression que tout cela était inné chez lui. Je pense que son frère aurait pu devenir meilleur que lui mais il avait de gros problèmes de comportement. " Benjamin Nicaise : " On pourrait croire qu'il n'est pas costaud mais il tient très bien sur ses jambes et est très difficile à bouger. Sa protection de balle est aussi incroyable. " Guy Lacombe : " Il a un jeu de corps très intéressant. C'est une véritable liane. Il est fin et costaud à la fois. Il sait voler mais également se faufiler entre ses adversaires. Son jeu de tête est également excellent. " Paul Marchioni : " Athlétiquement, il est au-dessus. Un match face à Hambourg a forcé ma décision. Il évoluait seul en pointe et il a bougé toute la défense, les gars étaient à la ramasse face à lui. A Monaco, on cherchait un gars sur qui s'appuyer et il correspondait au profil. Il n'avait peur de rien et fonçait dans le tas. Il allait au combat. Dieumerci pèse sur une défense comme peu d'attaquants en sont capables. Après le match, je peux te garantir que les deux défenseurs qui se le coltinaient en avaient pour leur compte, ils étaient cuits. Quand tu dois tenir Dieu, tu n'es pas tranquille durant 90 minutes. Tu sais que tu vas souffrir tant il est compliqué à marquer. " Jean-Luc Busine : " On le suivait de près quand il était au Standard. Techniquement, ce n'était pas un phénomène mais sa puissance m'avait frappé. A l'époque, on avait finalement opté pour Moussa Sow, avec succès puisqu'il a terminé meilleur buteur de L1 dès sa première année. On trouvait que Moussa prenait davantage la profondeur que Dieumerci et qu'il lui était supérieur dans les combinaisons. Et aussi plus généreux dans les efforts alors qu'on trouvait le Congolais un peu suffisant. Je trouve que Dieu a évolué dans son jeu, il prend davantage la profondeur, il est meilleur en combinaison. Je le trouve plus structuré que par le passé. " Claude Leroy : " J'ai le sentiment qu'il a encore progressé cette année. Il se déplace très bien sur le terrain. On peut le voir à droite alors qu'avant, il restait davantage au centre ou sur le côté gauche. Et puis, il est très rarement hors-jeu car il sent le jeu, il sent les coups. " Réginal Goreux : " Il ne lui manque qu'une très grosse frappe de balle. S'il l'avait, il ferait partie des meilleurs attaquants européens. Je le trouve encore plus déterminant aujourd'hui qu'au Standard. " Daniel Renders : " Il a changé positivement par rapport à son premier passage même si ça reste Dieumerci Mbokani avec ses qualités et ses défauts. Il a pris de l'ampleur, il communique davantage, il sait aujourd'hui qu'il est important. " José Ntumba : " Il ne joue bien que lorsqu'il est sous pression. Alors là, il se sublime. Il a besoin de défis. Au Tout-Puissant Mazembe, il cassait la baraque lors des derbys et des matches au sommet. " Benjamin Nicaise : " Il a réalisé des matches exceptionnels en Coupe d'Europe, comme à l'Olympiacos par exemple. Il arrivait le matin et disait : - Je vais faire un bon match. Tu avais compris : tu pouvais fermer les yeux. Il faisait le reste. Par contre, quand il n'avait pas envie, il n'avait pas envie... " Daniel Renders : " Je ne pense pas qu'il choisisse ses matches car il aime profondément le jeu. Mais c'est un râleur quand ça ne va pas comme ça doit aller. On le voit sur sa tête. " Matumona Zola : " Quand on est arrivés en Belgique, on ne connaissait rien et on sortait un peu trop. Désormais, nous avons conscience de notre statut de pros et de l'importance d'une vie calme et saine. On ne va plus picoler. On va plutôt se balader avec nos potes africains. On fait du lèche-vitrines devant Gucci ou Louis Vuitton à l'avenue Louise. " Marc Keller : " A Monaco, il n'avait pas de problème de discipline. Il ne sortait pas beaucoup. Il n'avait pas une vie dissolue comme on a pu l'écrire. " Claude Leroy : " Je sais que l'intérêt est grandissant pour lui. Des grands clubs européens m'appellent pour me demander un avis à son propos. Et depuis longtemps. A l'époque, j'avais conseillé à Paul Le Guen de foncer pour Mbokani quand il coachait le PSG. Les dirigeants parisiens ne l'ont pas fait, ils peuvent s'en mordre les doigts. " José Ntumba : " Sa famille l'a canalisé. Et sa femme est la meilleure chose qui lui soit arrivé. " Matumona Zola : " Elle a parfaitement réussi à le cadrer. C'est elle qui gère à la maison. Il l'écoute toujours. " Claude Leroy : " Il a gagné en maturité grâce notamment à une femme de très grande qualité. Il n'y a pas que chez les hommes politiques que les femmes ont un grande importance ! Chez un footballeur, c'est encore plus le cas qu'ailleurs. Et puis il est très bien conseillé par son agent, Fabio Baglio. Je ne porte pas les agents de joueurs dans mon c£ur mais entre eux, il existe une véritable relation privilégiée. " PAR THOMAS BRICMONT ET ROMAIN VAN DER PLUYM" C'est un architecte du jeu, il voit tout avant tout le monde sur un terrain. " (Réginal Goreux)