" Ne dites plus football, dites Messi ". Voici un des innombrables superlatifs piochés dans la presse internationale au lendemain de l'exploit du génial Argentin face à Arsenal. Si ce type de commentaires dithyrambiques, parfois un tantinet risibles, place Messi comme icône suprême de la planète foot, il reste toutefois à finaliser le boulot avec l'équipe nationale argentine. Car s'il est difficile de retrouver dans l'histoire un joueur multipliant autant les prouesses avec une telle régularité, la donne n...

" Ne dites plus football, dites Messi ". Voici un des innombrables superlatifs piochés dans la presse internationale au lendemain de l'exploit du génial Argentin face à Arsenal. Si ce type de commentaires dithyrambiques, parfois un tantinet risibles, place Messi comme icône suprême de la planète foot, il reste toutefois à finaliser le boulot avec l'équipe nationale argentine. Car s'il est difficile de retrouver dans l'histoire un joueur multipliant autant les prouesses avec une telle régularité, la donne n'est pas la même quand la Pulga troque son maillot blaugrana pour celui de l'Albiceleste. Qualifiée dans la douleur pour l'Afrique du Sud, l'Argentine n'a jamais pu compter durant les éliminatoires sur un Messi version Barça. A sa décharge, le système de jeu mis en place par Pep Guardiola est mieux défini, et c'est un euphémisme, que celui dessiné de manière plutôt abstraite par Diego Maradona. Si Diego en a aussi pris pour son grade, la presse argentine n'a jamais hésité à tackler le numéro 10 barcelonais après certaines prestations indolores. " Messi, c'est pour quand ?", avait ironisé le quotidien Clarin après une nouvelle décevante prestation il y a un mois face à l'Allemagne. Pire, certains journaux ne faisaient plus de Messi un incontournable, préférant se montrer élogieux avec le gaucher de Benfica Angel Di Maria. Messi souffre toujours aussi quelque peu du fait qu'il ait " déserté " la nation pour la Catalogne dès l'âge de 13 ans et qu'il n'est pas 100 % argentin. Sa performance playstationesque face aux Gunners l'a cependant réhabilité aux yeux de la presse et du public qui lui avait, par moments, asséné quelques piques. " Messi ne se fixe pas d'autre limite que l'infini. Face à Arsenal, il a converti un sport collectif en une démonstration individuelle ", écrivait La Nacion. Ole misait sur la fibre patriotique : " Finissons-en avec les critiques et soutenons-le : il est à nous ! ". Même Maradona s'est montré plus qu'élogieux alors qu'il s'était aussi laissé aller à certaines critiques : " Leo joue une partie de baby-foot avec Jésus. " Et même sur la question du plus grand joueur de tous les temps, dont on sait qu'il aime enfiler le costume, le Pibe de Oro l'a joué fair-play : " Cette interrogation doit être posée lorsque Messi aura terminé sa carrière. Pour l'instant, il est sur la bonne voie pour devenir le meilleur joueur de tous les temps. Je serai très heureux s'il pouvait remporter le Mondial. " Une Coupe du Monde que l'Argentine n'a plus gagnée depuis 1986 et Mexico, où son sélectionneur fut brillantissime. Au pays, tout le monde rêve que le passage de témoin ait enfin lieu cet été... THOMAS BRICMONT