Le Caramba, encore raté, d'application après Anderlecht- Betis s'est mué, mercredi dernier, en shit face à Liverpool. Pourtant, malgré le 0 sur 9 en poules de la Ligue des Champions qui fait suite au nul sur toute la ligne de la saison passée, on n'en a pas moins l'impression, cette année, que d'un match à l'autre le Sporting est en progrès.
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Le Caramba, encore raté, d'application après Anderlecht- Betis s'est mué, mercredi dernier, en shit face à Liverpool. Pourtant, malgré le 0 sur 9 en poules de la Ligue des Champions qui fait suite au nul sur toute la ligne de la saison passée, on n'en a pas moins l'impression, cette année, que d'un match à l'autre le Sporting est en progrès. Il y a un an, bien malin qui aurait pu dire où les Mauves, sous la conduite d'Hugo Broos, avaient exactement voulu en venir lors de leurs différentes prestations dans la plus prestigieuse des compétitions européennes. C'est qu'à l'époque, on ne décelait pas le moindre fil conducteur sur le terrain. En possession du cuir, les Bruxellois ne mettaient pas vraiment le nez à la fenêtre et, en phase de repli, ils faisaient tout sauf défendre avec à propos. Cette fois, sous la coupe de Frankie Vercauteren, on dénote plus d'idées, plus de stratégie aussi, même si l'exécution n'est toujours pas payante au niveau des résultats. Nous sommes toutefois convaincus que cet Anderlecht-ci, dans les mêmes conditions, ne serait sans doute pas resté les mains vides en 2004-2005, face à une opposition relevée certes, mais tout de même pas comparable au plateau actuel. Car les Reds, champions d'Europe en titre, Chelsea, prétendant aux lauriers suprêmes, et le Betis Séville, quatrième de la dernière Liga, sont manifestement d'un tout autre calibre encore que Valence, l'Inter et le Werder Brême. Dommage pour le Sporting qui, lui aussi pourtant, a grimpé dans le même temps sur l'échelle des valeurs. Avec une tactique mieux rodée, des éléments retrouvés mais aussi une jeune classe qui, d'un exercice à l'autre, a pris de la bouteille. Une appréciation qui vaut plus particulièrement pour Anthony Vanden Borre, en verve depuis le début de la saison sur le flanc droit, et Mark De Man, quasi inconnu au bataillon des footballeurs du Parc Astrid voici 12 mois mais qui, à l'exception du match contre le Germinal Beerschot, a été dans tous les bons coups jusqu'à présent et ce, sous la double casquette de demi défensif, rôle dans lequel il s'était révélé au Slavia Prague, et d'arrière central, poste où il a tour à tour relayé Vincent Kompany et Hannu Tihinen, blessés. Mark De Man : " Après avoir bénéficié d'un peu de temps de jeu au deuxième tour, la saison passée, après que Vercauteren eut repris l'équipe en main, mon objectif au départ de cette campagne consistait tout simplement à persévérer sur cette voie, en améliorant mon total de minutes de présence sur le terrain. Après un tiers d'exercice, j'ai déjà réussi au-delà des espérances puisque, hormis un seul match de championnat, face au Germinal Beerschot, et l'entrée en matière européenne devant le Neftchi Bakou, j'ai été utilisé lors de tous les matches. Au tout début, pourtant, rien ne laissait présager une suite aussi heureuse. En vérité, j'ai éprouvé pas mal de difficultés à me relancer d'une compétition à l'autre. Je suis en quelque sorte un diesel qui a besoin de temps avant d'atteindre son rythme de croisière. Aussi, lors des premières joutes amicales de l'été, je ne ressentais guère de bonnes sensations. Ce n'est qu'en fin de période de préparation, contre Southampton, que le déclic s'est produit. Mais je comprends que, dans la foulée, le coach ait fait l'impasse sur moi à l'occasion de notre entrée en matière européenne. Par rapport à d'autres, je n'avais pas encore convaincu de manière durable à ce moment. Moi-même, je suis tombé des nues à cette occasion. Il faut savoir qu'au match précédent, devant le Germinal Beerschot, je n'avais pas trouvé grâce aux yeux du staff technique. C'était la première fois que je n'avais pas été sollicité cette saison et, comme ce match faisait figure, à mes yeux, de répétition générale avant le déplacement en République Tchèque, je m'étais rangé à l'idée que je ne jouerais pas là-bas. Sur place, à ma grande surprise, l'entraîneur adjoint Glen De Boeck m'avait gentiment avisé de me tenir prêt. Je ne comprenais pas où il voulait en venir car dans les faits, rien n'indiquait que je serais utilisé le lendemain, et sûrement pas dans la fonction de pare-chocs défensif. Le jour du match, toutefois, le coach m'a pris à part pour me signifier ce qu'il attendait de moi dans cette rencontre. Finalement, la qualification aidant, tout s'était bien passé. En matière de crédit, j'ai sûrement marqué des points très précieux dans ces circonstances précises. Depuis lors, en tout cas, je n'ai plus jamais dû passer mon tour, même si j'ai bénéficié d'un contexte favorable, par la suite, en raison de la blessure de Vincent Kompany. Chacun connaît le dicton : le malheur des uns fait le bonheur des autres. J'avoue que j'aime énormément mon rôle actuel à l'arrière. Même si, au demi, je me suis toujours régalé aussi. Dans un registre défensif, du moins. L'expérience m'a appris que j'avais besoin d'avoir le jeu devant moi pour donner le meilleur de moi-même. C'est surprenant car lors de mes premiers pas dans le monde du football, j'étais constamment devant le ballon, dans un rôle de numéro 10. Je me souviens que lors d'un match de sélection avec les Pré-Minimes du Brabant, l'entraîneur, un certain Fons, avait dit à mes parents que je ferais carrière non pas comme régisseur mais en tant qu'arrière. Sur le coup, tout le monde avait crié au fou. Aujourd'hui, une douzaine d'années plus tard, il faut peut-être se dire que l'homme avait vu juste et que c'est au stoppeur que je me réaliserai. J'y prends de plus en plus goût en tout cas. C'est peut-être vrai, mais le raisonnement n'est-il pas tout autant d'application pour la charnière centrale de l'entrejeu ? Pär Zetterberg s'est juré de mettre un terme à sa carrière et, à près de 36 ans, Yves Vanderhaeghe ne sera pas éternel non plus. Dans les deux secteurs, on peut donc prévoir des bouleversements. Et ce sont précisément ceux pour lesquels j'entre en ligne de compte. C'est ce qui est finalement le plus réjouissant pour moi. Voilà tout juste un an, j'étais encore le quatrième homme. Pour la place de défenseur axial, j'étais précédé dans la hiérarchie par Vincent Kompany, Hannu Tihinen et Lamine Traoré. Et au poste de médian défensif, j'étais barré par Vanderhaeghe, Besnik Hasi et Junior. Compte tenu des événements, j'ai progressé de plusieurs crans, d'un côté comme de l'autre. Même si rien n'est jamais acquis. Junior peut fort bien revenir très aguerri d'Angleterre. Quant à Lamine Traoré, il ne s'avoue jamais vaincu non plus. La preuve par la qualité de sa performance contre Liverpool. Elle ne m'a d'ailleurs pas surpris. J'ai souvent joué avec lui, dans un rôle central, chez les doublures et il n'a jamais déçu. Je n'ai jamais songé à rallier le club frison. C'était essentiellement une façon, pour moi, de mettre un peu de pression sur la direction à l'heure de négocier un nouveau contrat, il y a quelques semaines ( ilrit). Et cela m'a plutôt bien réussi. En revanche, j'ai bel et bien songé au club de Tilburg l'hiver passé. Il faut me comprendre : à 21 ans, ma situation était pour ainsi dire sans issue au Parc Astrid. Avec Broos, j'avais le très net sentiment de tourner en rond. Et je l'ai même maudit quand il a refusé que j'aille aux Pays-Bas. Avec le recul, je ne le remercierai jamais assez de s'être montré inflexible, même si sur l'instant, je l'ai voué aux gémonies. Finalement, j'ai eu ma chance en Première, même s'il n'était plus là pour me la donner puisque c'est Vercauteren qui m'a lancé et maintenu dans le grand bain. Exact ( ilrit). On dit souvent, à propos des joueurs, qu'ils doivent tomber dans le bon club au bon moment. Mais il est tout aussi vrai qu'ils doivent pouvoir compter sur un coach qui croit en eux. A cet égard, je sens indéniablement une grande confiance du coach envers moi, ce qui était moins évident avec son prédécesseur. Si Broos était resté et si rien n'avait changé, il n'est pas interdit de penser que j'aurais imité moi aussi les exemples de Maarten Martens ou Timothy De Rijck, qui ont franchi la frontière néerlandaise ces derniers mois. Dans ce cas, j'aurais probablement été perdu pour Anderlecht. Car rares sont ceux qui reviennent au Parc Astrid. J'ai eu droit à un petit coup de pouce du destin et je ne m'en plains pas. Il y a un an, à la même époque, je rêvais de la Ligue des Champions. Aujourd'hui, j'y participe. Qui dit mieux ? J'ai affronté trois joueurs qui étaient tout sauf des clients. A commencer par Didier Drogba. Pour le contenir, le staff technique avait opté pour une garde rapprochée à trois. Vu son état de grâce ces dernières semaines, avec des exploits individuels contre Liverpool et Bolton, je ne suis pas mécontent qu'il n'ait pas marqué contre nous, même si ce n'était pas suffisant puisque Frank Lampard a fait la différence. Contre le Betis, j'ai évolué dans un autre registre face à Ricardo Oliveira. Mais le plus dur, c'était Djibril Cissé. Il a vraiment tout : technique, physique, intelligence de jeu, sens du but. En première mi-temps, il m'a fait souffrir. Par la suite, je l'ai mieux contenu. Le jeu de tête constitue l'une des forces principales de toute formation anglaise et de Liverpool en particulier. Dans cette phalange, ce n'est pas un seul homme qu'il convient de museler sur une phase arrêtée mais une demi-douzaine au moins, tant l'équipe est habile dans ce domaine. Personnellement, sur ces actions, je devais m'occuper de Mohamed Sissoko. C'était à Mbo Mpenza qu'il incombait de tenir Djibril Cissé et il a eu la franchise de dire qu'il avait péché sur cette action. Personne ne songe à lui jeter la pierre et sûrement pas moi. Chacun de nous, sur telle ou telle action, a commis à un moment donné une erreur. Comme moi, par exemple, quand je me suis fait rouler dans la farine par John Arne Riise, sur l'aile gauche, dans la phase initiale de la partie. Un épisode qui aurait pu valoir aux Reds de déflorer la marque car la reprise de Luis Garcia, sur la passe en retrait, avait léché la barre transversale. Vous avez raison. Mais je n'ai fait qu'obéir aux injonctions de Vercauteren. En réalité, le Français est tellement souverain dans les airs que notre coach redoutait davantage le prolongement de son action que le premier contact avec le ballon. Dès lors, je ne l'ai pas marqué à la culotte lors de l'entame de la rencontre et Hannu Tihinen en a fait de même avec Luis Garcia, qui décrochait d'ailleurs plus souvent qu'à son tour. Après l'avertissement signé Riise, l'entraîneur m'a dit de coller davantage mon homme et je m'y suis appliqué. J'ai éprouvé de meilleures sensations à partir de ce moment. En me rapprochant de mon adversaire direct, j'ai aussi pu faire valoir l'un de mes points forts : l'anticipation. Bonne question. C'est effectivement le fil conducteur que l'on retrouve dans les trois matches que nous avons livrés jusqu'ici. Je ne pense pas que cette attitude soit dictée par la crainte. Nous avons tous du respect pour les équipes que nous affrontons, mais de là à dire qu'elles nous inspirent la peur, il y a une marge. Reste que notre meilleur football, nous le produisons toujours après avoir été menés au score. Je ne suis sans doute pas le seul à me demander ce que le Sporting est en mesure de fournir à partir de l'instant où lui-même aura l'avantage à la marque. Peut-être serons-nous lancés de façon définitive dans ces circonstances. Voilà pourquoi il est dommage que nous n'ayons pas trouvé l'ouverture d'emblée par Bart Goor contre les Reds. Avec un but d'avance après quelques minutes à peine, je n'ai pas l'impression que nous nous serions retrouvés les mains vides en fin de rencontre. Je sais que dans les sphères dirigeantes, on pointe parfois un doigt accusateur sur la jeunesse de la défense pour expliquer nos difficultés au plus haut niveau. C'était peut-être vrai la saison passée, mais les premiers matches cette saison, à cet échelon, tendent tout de même à prouver que nous avons tous bien progressé. Si nous pouvons continuer tous ensemble, nous serons encore plus forts l'année prochaine. Et pour peu que le tirage nous soit un peu plus favorable, qui sait si un exploit ne serait pas possible en Ligue des Champions. Nous requalifier pour cette épreuve doit demeurer notre souci prioritaire cette saison. BRUNO GOVERS " AVEC HUGO BROOS, J'AVAIS LE SENTIMENT DE TOURNER EN ROND " " IL Y A UN AN, JE RêVAIS DE LA LIGUE DES CHAMPIONS. À PRÉSENT, J'Y PARTICIPE "