Diego Maradona est de nouveau oversize : il prend du poids au fur et à mesure que l'équipe d'Argentine encaisse des défaites. Le bilan du Pibe de oro est catastrophique : 10 matches, 6 victoires (4 amicaux) et surtout quatre défaites dont le spectaculaire 6-1 en Bolivie. Le 28 octobre 2008, jour de la nomination de Maradona, de nombreux médias avaient affiché leur scepticisme et aujourd'hui, une grande partie de la population demande sa mise à la porte. Avant le match contre le Brésil, le journal Clarin avait organisé un r...

Diego Maradona est de nouveau oversize : il prend du poids au fur et à mesure que l'équipe d'Argentine encaisse des défaites. Le bilan du Pibe de oro est catastrophique : 10 matches, 6 victoires (4 amicaux) et surtout quatre défaites dont le spectaculaire 6-1 en Bolivie. Le 28 octobre 2008, jour de la nomination de Maradona, de nombreux médias avaient affiché leur scepticisme et aujourd'hui, une grande partie de la population demande sa mise à la porte. Avant le match contre le Brésil, le journal Clarin avait organisé un référendum et 61 % des 60.000 intervenants avaient répondu que " Maradona n'était pas capable de diriger la Seleccion et devait déguerpir ". Ce pourcentage est passé à 70 % après les défaites contre le Brésil et le Paraguay. Le mythe de Maradona vacille tout comme son siège de sélectionneur. Pour l'homme, tout ce qui arrive est la faute de la presse. " De toute façon, cela fait 30 ans que je lutte contre vous ", lança-t-il aux journalistes après la défaite au Paraguay. L'excuse est bidon car le mal est profond. Maradona n'accepte pas la critique, au point qu'on l'a surnommé DiegoArmando Napoleone. Que les choix des sélectionneurs soient critiqués, c'est un fait, mais il y a quand même des limites. Maradona n'aligne que des joueurs qui lui sont sympathiques. Ainsi contre le Paraguay, il a offert au défenseur d'Estudiantes RolandoSchiavi sa première sélection. Info : ce débutant a 36 ans, un record ! Maradona a aussi préféré un autre petit vieux, MartinPalermo (35 ans), envoyant DiegoMilito dans la tribune. Et contre le Brésil, il a aligné l'axe central de Velez Sarsfield composé par les inexpérimentés Dominguez et Otamendi, ne convoquant même pas Samuel. Le défenseur de l'Inter est un des exemples de l'ostracisme que nourrit Maradona à l'égard de nombreux joueurs évoluant en Europe. En fait, la sélection de Maradona c'est Javier Mascherano, LionelMessi, JonasGutierez, plus huit autres joueurs qui changent à chaque fois : impeccable pour les automatismes et l'esprit d'équipe ! Et Messi dans tout cela ? Pour raison d'Etat, les deux hommes se sont réconciliés mais le joueur que l'on voit avec l'Argentine est le lointain cousin de celui qui enchante avec Barcelone. De nombreux observateurs prétendent que Messi rame à contre-courant. Au point de rater le Mondial ? Outre cette tendance au favoritisme, Maradona n'aime toujours pas plus les schémas tactiques et les entraînements. Il préfère écrire des petits mots à ses joueurs... qu'il place sous l'oreiller ou dans les armoires du vestiaire. Et lors de la séance vidéo, il projette un film dans lequel des proches encouragent les joueurs avec musique et voix off de Mario Pergolini, un des plus fameux présentateurs télé d'Argentine. Enfin, Diego annule la dernière séance d'entraînement avant le match contre le Brésil pour amener tout le monde à la messe. La providence n'a pas apprécié. NICOLAS RIBAUDO