" Je dois tout au football ", raconte Didier Dheedene (43 ans), installé à une table du lobby du Hilton, à Anvers. " Il m'a permis de gagner de l'argent et de voyager. Au Germinal Ekeren, de 1990 à 1997, je gagnais assez pour m'offrir un beau voyage de temps en temps. Une fois à Anderlecht, j'ai pu opter pour des destinations plus exotiques : les Maldives, la Guadeloupe, l'île Maurice, le Sri Lanka... "
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" Je dois tout au football ", raconte Didier Dheedene (43 ans), installé à une table du lobby du Hilton, à Anvers. " Il m'a permis de gagner de l'argent et de voyager. Au Germinal Ekeren, de 1990 à 1997, je gagnais assez pour m'offrir un beau voyage de temps en temps. Une fois à Anderlecht, j'ai pu opter pour des destinations plus exotiques : les Maldives, la Guadeloupe, l'île Maurice, le Sri Lanka... " Il se dit bon vivant mais non sans éthique. " Il m'arrivait de sortir mais on n'en remarquait rien à l'entraînement du lendemain. Je me livrais toujours à fond. Au Beerschot, j'ai connu des gars qui se traînaient après une guindaille. Ça me rendait malade. " " Le football a toujours été prioritaire ", poursuit Dheedene, international à 17 reprises. " Même vis-à-vis des enfants. Je n'en ai conçu qu'après ma carrière. C'est très égoïste, j'en suis conscient, et j'ai cru, un moment, que la paternité me serait refusée : j'avais 38 ans et je ne voulais pas être un vieux papa mais ma femme m'a placé devant un ultimatum : des enfants ou la fin de notre relation. Nous avons maintenant un fils de trois ans, Perseas, et une fille d'un an et demi, Céline. Ma femme est nettement plus jeune que moi. Ça me rassure : le jour où je ne serai plus là, les enfants auront toujours quelqu'un. " Il ne s'adonne plus au football. Son dernier haut-fait remonte à deux ans, dans un club de provinciale, à... Corfou, l'île grecque où a grandi sa femme, Mariana. " Nous passons la moitié de l'année là-bas et le reste ici ", explique l'ancien arrière gauche. " En 2013, j'y ai lancé une société avec un partenaire : nous livrons des plantes et des buissons à des entreprises horeca. L'affaire marche bien, nous avons acquis un grand terrain pour cultiver nous-mêmes les plantes et ne plus devoir les importer du continent. Je dispose aussi de revenus immobiliers, comme la location d'un appartement à Vienne. " La ville de la Sachertorte et du palais de Sissi a occupé une place importante de sa carrière. L'Anversois a porté le maillot de l'Austria Vienne de 2002 à 2006, à l'automne de sa carrière. Il y a gagné deux titres et trois coupes. " Après ma belle saison en Ligue des Champions avec Anderlecht, en 2000-2001, j'ai émigré pour l'argent. J'avais déjà 29 ans. Munich 1860 n'a pas été un succès sportif. Je me suis blessé et je n'ai plus disputé que trois matches après la trêve hivernale. En plus, la diminution des droits TV a engendré une crise en Bundesliga et le club s'est débarrassé des gros contrats. Je me suis retrouvé à l'Austria, qui était aux mains du millionnaire Frank Stronach. Ce fut une belle période dans une ville fantastique, qui allie culture, tradition et distractions. Il y avait plein de choses à découvrir. Si l'Austria m'avait offert une prolongation de plus d'un an, je vivrais peut-être toujours en Autriche. Je rends régulièrement visite à mes amis sur place. " Il y a travaillé avec des grands entraîneurs comme Joachim Löw (" Nous ne nous entendions pas. Un entraîneur typiquement allemand, qui imposait beaucoup de courses sans ballon ") et Christoph Daum (" Il gagnait trois millions par an. "). Il a joué aux côtés d'un certain Djalminha, l'ancienne vedette du Deportivo La Corogne. " Un footballeur génial. Impossible de lui prendre le ballon, même quand il était bourré ", rigole Dheedene. Il est ensuite revenu en Belgique. Il a encore vécu trois belles années au Germinal Beerschot, au poste de libéro. " Avec Colman, Losada et Sterchele, nous avons connu une super saison ", se souvient-il. En 2009, il a fait ses adieux à l'élite pour jouer encore un an à Capellen, en D3. Un problème de genou l'a contraint à renoncer au sport de haut niveau en 2010. " Je n'avais plus envie de m'astreindre à trois quarts d'heure de renforcement musculaire par jour. J'ai obtenu mon diplôme d'entraîneur mais désormais, je suis le football de loin et c'est très bien comme ça. " PAR MATTHIAS STOCKMANS" Si l'Austria m'avait proposé une prolongation de plus d'un an, je vivrais peut-être encore à Vienne. " DIDIER DHEEDENE