MARQUAGE INDIVIDUEL AU MILIEU EN PERTE DE BALLE

Marc Wilmots prône un marquage individuel par notre triangle du milieu jusqu'à la récupération du ballon. Pas une individuelle systématique, mais la prise en charge par chacun du joueur le plus proche. Le sélectionneur veut ainsi fermer l'axe et orienter l'adversaire sur les côtés pour y récupérer le ballon grâce au pressing. Si la tâche est simple face à des adversaires aux positions figées, un milieu de terrain " joueur " et interchangeable dans ses positions nous pose des soucis dans nos replacements. Face à la Bosnie, Pjanic a souvent permuté avec Besic et Medunjanin. Cela attire des doubles marquages de nos milieux, fait sortir Witsel de sa position devant la défense et crée surtout de longues courses en pure perte. À Paris, malgré le beau succès, les mêmes problèmes étaient posés par le jeu intérieur des deux ailiers, Valbuena et Griezmann, qui créaient des supériorités numériques par leurs déplacements dans le dos de notre triangle.
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Marc Wilmots prône un marquage individuel par notre triangle du milieu jusqu'à la récupération du ballon. Pas une individuelle systématique, mais la prise en charge par chacun du joueur le plus proche. Le sélectionneur veut ainsi fermer l'axe et orienter l'adversaire sur les côtés pour y récupérer le ballon grâce au pressing. Si la tâche est simple face à des adversaires aux positions figées, un milieu de terrain " joueur " et interchangeable dans ses positions nous pose des soucis dans nos replacements. Face à la Bosnie, Pjanic a souvent permuté avec Besic et Medunjanin. Cela attire des doubles marquages de nos milieux, fait sortir Witsel de sa position devant la défense et crée surtout de longues courses en pure perte. À Paris, malgré le beau succès, les mêmes problèmes étaient posés par le jeu intérieur des deux ailiers, Valbuena et Griezmann, qui créaient des supériorités numériques par leurs déplacements dans le dos de notre triangle. Le choix du 9 est fait en fonction des trois profils situés en dessous. Nos ailiers sont difficiles à arrêter quand ils sont lancés, et De Bruyne peut réclamer un appui pour ses redoublements de passe. Mais sauf exploits individuels, il devient surtout compliqué de perforer le bloc d'adversaires regroupés dans leurs 25 derniers mètres sans l'appui d'un pivot. Le 9 doit résister dos au but à la charge de l'adversaire, et être juste dans son jeu en déviation. Sa subtilité technique doit offrir de la continuité aux actions de nos ailiers, d'où une qualité de pied prépondérante pour remiser en soutien pour une frappe ou dévier dans la profondeur. Ce type de profil doit évoluer dans des conditions similaires en club, ce qui n'est pas le cas de Lukaku malgré ses progrès dos au but. Malgré son profil adéquat, Benteke garde une part de déchet trop importante et, surtout, ne joue plus en club. Quant à Batshuayi, il est dans l'improvisation et la percussion. Hazard sous l'ère Mourinho, Carrasco sous la houlette de Simeone ou Mertens qui raffole des espaces sont naturellement très à l'aise lorsqu'il s'agit de profiter de la profondeur. Octroyer de l'espace est une erreur à ne pas commettre face aux Diables. Nos adversaires le savent, et ne nous offrent plus cette profondeur facilement exploitable. La Belgique est donc dans la répétition d'attaques posées, et le replacement de De Bruyneen 10 prouve que Wilmots a compris la difficulté de Fellaini à pouvoir créer du jeu. Marouane possède des qualités d'infiltration et un impact physique impressionnant qui permettent d'envisager un football plus direct en cas de besoin, mais KDB amène du jeu entre les lignes, de la subtilité et de la verticalité dans son passing, des supériorités numériques lors de ses déplacements sur les flancs ou un jeu imprévisible en première intention. On pourrait croire que cet élément perturbateur est suffisant, mais ce n'est pas toujours le cas ! Marc Wilmots se veut prudent quand on évoque une possible victoire finale à l'EURO. Sans doute pour éviter de s'enflammer, mais surtout pour se débarrasser de ce nouveau costume de favori pas toujours facile à assumer. Naturellement pragmatique et rationnel, et bercé par un football allemand plus rigoureux à son époque, il a été façonné par cette culture de " la gagne. " Cet état d'esprit capital induit par notre sélectionneur doit être associé à une certaine harmonie car nous sommes passés du statut d'outsider à celui de favori. Cette marque de respect nous oblige à nous renouveler en termes de jeu, puisque nos adversaires se " contentent " souvent de se regrouper en bloc bas dans l'espoir de mieux nous contrer. Il faut donc affronter ce type d'équipe de manière plus aboutie. Pour améliorer la qualité de nos attaques placées, il faut étirer le bloc et imposer une ligne de pression plus basse chez l'adversaire en amenant des arrières latéraux spécifiques qui peuvent pénétrer avec ou sans ballon, comme l'a prouvé Jordan Lukaku lors de sa montée au jeu face au Portugal. Cela implique évidemment une prise de risques supplémentaire, mais la lecture naturelle de Witsel en 6 couplée aux qualités de vitesse d'un axe central avec Kompany doivent permettre d'envisager ce risque. Grâce à cette largeur des latéraux, les milieux axiaux pourront s'infiltrer dans le rectangle adverse. Ces mouvements vont faire reculer la ligne arrière, et créer de " l'espace de jeu " pour les mouvements intérieurs de nos ailiers. Hazard pourrait profiter à merveille de ces espaces, qu'on appelle plus communément les " intervalles. " Dans la variété de nos attaques placées, notre équipe nationale possède encore une marge de progression. À l'heure actuelle, comme l'équipe se repose principalement sur l'impact physique de ses titulaires, il sera indispensable de récupérer nos incontournables dans un état physique irréprochable avant de débuter l'EURO. PAR ALEX TEKLAK" Notre statut de favori nous oblige à nous renouveler en termes de jeu, puisque nos adversaires se regroupent en bloc bas. " MARC WILMOTS