S'ils passent le cap de l'Ecosse ce vendredi, les Diables Rouges se rapprocheront encore un peu plus de leur rêve ultime : prendre part à la phase finale de la Coupe du Monde qui se déroulera au Brésil en 2014. Il y a 12 ans que la petite Belgique attend cela, depuis la belle expédition au Japon en 2002. Alors, sera-ce une belle histoire ou une tragédie moderne ? Le talent n'a peut-être jamais été aussi massivement présent au coeur de notre équipe nationale, malgré le forfait du guide suprême : VincentKompany.
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S'ils passent le cap de l'Ecosse ce vendredi, les Diables Rouges se rapprocheront encore un peu plus de leur rêve ultime : prendre part à la phase finale de la Coupe du Monde qui se déroulera au Brésil en 2014. Il y a 12 ans que la petite Belgique attend cela, depuis la belle expédition au Japon en 2002. Alors, sera-ce une belle histoire ou une tragédie moderne ? Le talent n'a peut-être jamais été aussi massivement présent au coeur de notre équipe nationale, malgré le forfait du guide suprême : VincentKompany. Il y a là quelques destins incroyables qui pourraient inspirer StephanStreker et OzarkHenry, respectivement réalisateur et compositeur de la musique du film " Lemondenousappartient ". Ainsi, MarouaneFellaini est parti des pelouses de Laeken en espérant avoir un jour sa chance : elle s'est présentée au Standard après avoir rêvé parmi les jeunes d'Anderlecht, de Mons, des Francs Borains et de Charleroi. ChristopheDessy a cru en lui : cette rencontre a été décisive, tout comme celle avec LucienD'Onofrio qui l'imposa à JohanBoskamp un soir de Coupe d'Europe : - Arrêtedemecasserlespieds, jesaisquetuasbesoinderenforts. Iltefautdelatailleaucentredelapelouse : lejeuneFellaini yferal'affaire, crois-moi. Aujourd'hui, cette tignasse a tout renversé sur son passage, conquis la D1, la Premier League, Everton et tout le reste. Tous les Diables Rouges vivent de grandes aventures : ThibautCourtois, Kompany, EdenHazard, KevinDeBruyne ou ChristianBenteke, exemples parmi d'autres, enchantent les foules. Les médias et les sponsors ne parlent plus que de Rio, comme si la qualification, objectif à la hauteur de leur talent, était déjà acquise. Après une longue disette, cela aiguise tous les appétits. La pression et les attentes n'ont peut-être jamais été aussi lourdes à porter : il serait triste, incompréhensible, impardonnable que cette génération rate ce rendez-vous chez les Cariocas. GuyThys, PaulVanHimst, GeorgesLeekens et RobertWaseige ont permis aux Diables Rouges de vivre six phases finales de Coupe du Monde de 1982 à 2002. Certaines qualifications ont été acquises aux forceps. Les exemples ne manquent pas et le but de GeorgesGrün contre les Pays-Bas, à Rotterdam en 1985, symbolise parfaitement ces délicieuses périodes : sa tête gagnante a fait perdre celle de la Belgique, ivre de bonheur et de fierté. Cette équipe nationale-là n'était pas aussi douée que celle qui ne cesse de progresser de nos jours. Mais elle demeure une source d'inspiration par son esprit de groupe, son travail, son intelligence. Personne n'a jamais exigé qu'elle tutoie le gratin mondial mais elle l'a fait. Cette légende est née en Ecosse, pas sur les rives du Loch Ness mais à Glasgow le 19 décembre 1979. Sans verre de whisky à la main, Thys piégea les Ecossais, 1-3 avec deux buts d'un FrançoisVanderElst de légende. La Belgique décrocha ainsi sa place pour l'Euro 80 où elle ne fut défaite qu'en finale (2-1) par l'Allemagne de HorstHrubesch. Le succès de Glasgow explique cette grande campagne, ce déclic, cette prise de conscience. De plus, c'est toujours en Ecosse que Waseige préserva nos chances de qualification pour le Japon en coachant magistralement les Diables Rouges réduits à dix. Monté au jeu en fin de match, DanielVanBuyten ajouta son nom à celui de MarcWilmots, ce 2-2 vaut encore son poids d'or et de malt. Il ne reste plus qu'à imiter ces exploits d'autrefois. Dans ce cas-là, si la Serbie prend la mesure de la Croatie, à Belgrade, l'Ecosse deviendra une terre de pèlerinage pour nous. Et cette joie compléterait les belles joies de nos clubs européens. PAR PIERRE BILICAprès une longue disette, la pression et les attentes n'ont jamais été aussi lourdes à porter.