"Quand j'ai affirmé après la Coupe du Monde que la Belgique avait sous la main une des plus belles générations de jeunes joueurs de son histoire, on m'a un peu ri au nez. Or, qu'est-ce que je constate quelques mois plus tard? Wesley Sonck confirme, Timmy Simons a décroché le Soulier d'or tandis que Daniel Van Buyten a conquis Marseille tout en attirant de grands clubs autour de lui. Sa progression ne m'étonne pas car je connais le gaillard mais il fallait oser le lancer en D1: ça, c'est Robert Waseige qui l'a fait. Il l'a transformé, en a fait un arrière centra...

"Quand j'ai affirmé après la Coupe du Monde que la Belgique avait sous la main une des plus belles générations de jeunes joueurs de son histoire, on m'a un peu ri au nez. Or, qu'est-ce que je constate quelques mois plus tard? Wesley Sonck confirme, Timmy Simons a décroché le Soulier d'or tandis que Daniel Van Buyten a conquis Marseille tout en attirant de grands clubs autour de lui. Sa progression ne m'étonne pas car je connais le gaillard mais il fallait oser le lancer en D1: ça, c'est Robert Waseige qui l'a fait. Il l'a transformé, en a fait un arrière central prometteur puis un international. Si Van Buyten a un père spirituel, c'est Waseige et personne d'autre. Le Liégeois avait déjà compris que Daniel savait garder la tête sur les épaules. Il l'a imposé en équipe nationale alors que peu d'observateurs croyaient en lui. Or, en égalisant à Glasgow, le grand Van Buyten préserva les chances de qualification de la Belgique pour l'Asie. Au Japon il a un peu douté, notamment après notre début en Coupe du Monde face au Japon. Cela le chipotait. Il est venu vers moi et nous avons autant parlé de ce match que de l'avenir. Et qu'est-ce que j'ai constaté? Daniel savait faire le point de la situation, cerner son potentiel, deviner quels points plus faibles il devait travailler. Daniel avait entendu parler de certaines critiques dans la presse mais je lui ai conseillé de ne pas y prêter attention. Il est possible, comme vous le dites, que certains joueurs aient exprimé des doutes quant à son registre technique ou tactique. C'est de la jalousie et celui qui ne souligne pas le potentiel de Daniel Van Buyten peut aller se rhabiller. Big Dan n'a-t-il pas cloué le bec aux incrédules face à la Russie puis contre le Brésil? Il serait dommage et même incompréhensible que ce joueur ne soit pas prophète en son pays. Je l'ai très bien observé à l'entraînement: c'est une bête de somme. Il travaille comme un fou. Maintenant, je ne dirai pas que tout est parfait dans son chef. Un joueur ne cesse d'ailleurs d'apprendre, même à la veille de prendre sa pension si vous voyez ce que je veux dire. Aujourd'hui, ses buts défrayent la chronique, surtout celui signé au PSG en Coupe de France. C'était très spectaculaire. Du Van Buyten. Je l'ai vu et revu à la télévision: à montrer dans les écoles de football. Nous, on savait que c'était sa spécialité. Big Dan me téléphone régulièrement et je ne lui parle pas que des rencontres où il a brillé. Ce serait trop simple. Non, je préfère retenir les matches qui lui bottent moins. Ainsi, je l'ai vu souffrir face à Lyon car Sydney Govou lui a imposé un tas de duels très vifs dans un mouchoir de poche. Quand il déroule son immense compas, Daniel va vous chercher n'importe quel joueur lancé en profondeur. Mais si on joue au billard sur un confetti, sa taille peut être un handicap même s'il travaille la vivacité, je peux vous le dire. Avec lui, Timmy Simons et Joos Valgaeren, la Belgique est parée pour longtemps au centre de la défense. A mon avis, Daniel va finir par convaincre tout le monde. Patiemment. Il a le même caractère que Timmy Simons. Ils ne font pas beaucoup de bruit mais travaillent. Je ne connais pas d'autres secrets".