" Je suis devenu un vrai Belge " - David Brocken - 2 caps (6 sélections) en 1999

Aujourd'hui installé en Norvège où il travaille comme photographe professionnel, David Brocken fut pendant de longues années un visage familier de la D1 belge. Au Lierse, à Anderlecht, au Standard et à Lommel, il évoluait comme arrière droit.

" Pour être honnête, je ne connais pas la date exacte de ma première sélection. La seule chose que je sache c'est qu'à ce moment-là, je ne m'y attendais pas. Mais j'étais très fier ", tente de se rappeler Brocken.

Nous étions en mars 1997 et la Belgique s'apprêtait à affronter le pays de Galles dans le cadre des qualifications pour la Coupe du monde en France. A l'époque, le Lierse cartonnait en D1. " Ce fut une bonne année pour moi, mais c'était en partie dû à une excellente équipe ", se souvient l'ancien défenseur. " Je n'étais pas le seul à en récolter les fruits, nous avons eu plusieurs joueurs dans les sélections nationales. "

Face aux Gallois, il ne décolle pas du banc et assiste à la première victoire des Diables sous l'ère Leekens. " Bertrand Crasson et EricDeflandre étaient mes concurrents directs. Ils étaient tous deux plus forts que moi sur le plan défensif. J'étais meilleur offensivement mais en tant que défenseur, les qualités défensives sont importantes ", affirme-t-il. C'est pourtant Bertrand Crasson qui avait ouvert le score...

Les Iles Féroé avaient aménagé un terrain en important du gazon du Danemark. " Alain De Nil

Cette première expérience reste un one-shot durant deux longues années. Du côté du joueur, on pensait la parenthèse Diables Rouges refermée. " Quand vous n'êtes plus sélectionné, vous pensez que c'est fini. Mais voilà, peut-être avais-je le même niveau qu'en 1997. En tout cas, j'étais plus vieux et j'avais plus d'expérience. "

En février 1999, le voilà donc embarqué pour participer au Tournoi International de Chypre. Lors des demi-finales, la Belgique affronte le pays organisateur et Brocken est titularisé d'emblée. " Notre hymne national m'a fait beaucoup réfléchir. Avant cela, je me concentrais plus sur la Flandre. Mais en représentant la Belgique, le sentiment national a émergé pour ne plus jamais me quitter. En revanche, je n'étais pas plus stressé que d'habitude. Le stress fait partie du football. " Après cette première cap, il doit attendre le mois de septembre et un appel de Robert Waseige pour être sélectionné pour un amical face au Maroc.

David Brocken face au Maroc., BELGAIMAGE
David Brocken face au Maroc. © BELGAIMAGE

En mars 2000, à quelques mois de l'EURO en Belgique et aux Pays-Bas, il fait partie du voyage en Angleterre. " L'EURO, j'y pensais un petit peu ", reconnaît l'ancien joueur. " Mais je savais et sentais qu'il y avait d'autres joueurs qui faisaient la queue derrière moi. Et cela s'est finalement avéré être le cas. "

Brocken l'assure, il n'a gardé aucune rancoeur vis-à-vis des Diables malgré cette non-participation à l'EURO. Que du contraire. " J'ai bien aimé, j'ai beaucoup appris... Et je suis devenu un vrai Belge. Pour être honnête, la fierté est la seule chose que je retiens. C'est ce qui décrit le mieux mon expérience en équipe nationale. "

" Je ne me considère pas tellement comme un international " - Alain De Nil - 1 cap (2 sélections) en 1992

La saison 1991-1992 du championnat de Belgique est animée par un joueur du Cercle : Alain De Nil. A 25 ans, le Bruxellois vit le meilleur passage de sa carrière au point d'être appelé chez les Diables à l'occasion d'un match contre les Iles Féroé.

" J'avais fait une saison pleine avec le Cercle et on sentait qu'il y avait une possibilité ", se rappelle Alain De Nil. " C'est toujours une surprise d'être sélectionné même si je m'y attendais un peu. Cela s'est décidé juste après le dernier match de championnat. Pour moi, c'était une consécration. C'était l'apothéose de la super saison que j'avais faite. "

A l'époque, les moyens de communication n'étaient pas les mêmes et c'est par une voie un peu désuète aujourd'hui que le Brugeois a appris sa sélection. " Le club a reçu un fax, moi j'ai reçu un télégramme. Et là, c'était parti. "

Direction donc les Iles Féroé, qui disputaient leurs premières qualifs pour la Coupe du monde. " C'était très spécial ", sourit Alain De Nil. " Même pour l'Union belge, c'était un peu l'inconnue. En arrivant là, on s'est rendu compte que ce n'était pas un pays de football. Il y avait un terrain en herbe qu'ils avaient aménagé en minant la falaise le long de la mer et en important du gazon du Danemark. C'était assez spécial. Si on compare avec ce qu'il y a chez nous, c'était un terrain de club amateur. C'était une découverte incroyable. A ce moment-là, c'était ainsi. On voulait juste aller gagner. " Les Diables s'imposent 0-3 et Alain De Nil est à créditer d'une bonne prestation. " La presse était positive, donc pour moi c'était un beau cadeau ", se souvient-il.

Alain De Nil, BELGAIMAGE
Alain De Nil © BELGAIMAGE

Dans la foulée, l'ailier quitte le Cercle et s'engage à La Gantoise. Un choix qui n'était probablement pas le meilleur admet-il, après-coup : " Si j'étais resté au Cercle ou si j'avais choisi un autre club, j'aurais peut-être eu d'autres sélections. Ce sont des choix de la vie. Quand j'ai signé, j'étais persuadé que c'était le bon club pour continuer à progresser mais cela n'a pas été comme ça. "

Malgré tout, il est à nouveau sélectionné début septembre pour un déplacement dans ce qui est toujours à l'époque la Tchécoslovaquie. " La deuxième sélection était assez tôt dans la saison et elle est venue grâce à ma première sélection. Mais comme j'avais mal débuté avec La Gantoise, je n'étais pas titulaire chez les Diables. J'ai vécu ce match sur le banc et c'était tout à fait normal. C'était déjà une chance d'être là vu mon parcours à Gand ", raconte De Nil.

Des Diables, le Bruxellois ne garde que des bons souvenirs. " C'est fou comme ça change quand, du jour au lendemain, vous êtes sélectionné. Même en rue, les gens vous regardent différemment. Quand vous êtes bien dans une équipe, votre renommée est surtout régionale. Avec les Diables, ça prend une dimension nationale. J'ai apprécié mais je ne me considère pas tellement comme un ancien international avec 2 sélections et 1 seul match joué. J'ai porté le maillot mais un international c'est quelqu'un qui a 20, 50 ou 100 sélections. Pour moi, c'était un honneur de pouvoir en profiter. "

" Hierro m'a fracturé le nez " - Alain Bettagno - 2 caps (3 sélections) en 1994-1995

En 1992, la Belgique doit affronter la Roumanie dans le cadre des qualifications pour la Coupe du monde aux États-Unis. Paul Van Himst, sélectionneur fédéral, fait appel à un petit nouveau : Alain Bettagno. " À l'époque, j'étais en plein boom ", raconte le Liégeois. " Je venais de marquer 9 buts en 11 matchs, ou 11 buts en 9 matchs, je ne sais plus trop (rires). "

Pour lui, être appelé chez les Diables rouges n'était pas vraiment une surprise. " J'étais pas mal depuis quelques saisons et on en parlait beaucoup. Je formais un duo terrible avec Régis Genaux sur le flanc droit du Standard donc ça coulait de source que je sois aussi sélectionné, comme lui l'était déjà. Quand j'ai appris ma sélection, j'étais en train de manger un bout en ville avec Patrick Asselman. "

Ce match, il ne le jouera pourtant pas. " Je suis resté toute la rencontre sur le banc ", se souvient-il. Pourtant, plus que la déception, ce sont la fierté et la motivation qui prédominent. " Quand on est joueur pro, on a évidemment envie de jouer mais pour moi, c'était une première étape. Je découvrais le groupe, j'étais bien. En plus, nous avions gagné 1-0, donc j'étais fier de dire que j'en faisais partie. "

Sa seconde sélection n'arrive cependant qu'en 1994, contre l'Espagne. " La faute aux blessures ", selon l'ancien ailier droit. " Sans elles, j'aurais eu une autre carrière. J'avais des passes exceptionnelles où j'étais intouchable mais mes genoux étaient trop fragiles. À 50 ans, j'ai deux prothèses totales aux genoux, c'est dire. Sans cela, je pense que j'aurais tourné autour des 50 sélections. Le potentiel était là mais il faut être régulier... "

Contre les Ibères, il manque, là aussi, de chance. " J'étais en pleine forme et j'ai d'ailleurs été titularisé. J'ai hélas dû sortir à la mi-temps parce que Fernando Hierro m'avait fracturé le nez... "

Quelques mois plus tôt, il aurait même pu participer à la Coupe du monde aux States. " J'étais dans la pré-sélection ", souligne-t-il. " Hélas, une blessure au ménisque m'a éloigné des terrains pendant six semaines, juste avant la compétition. Pour moi, c'est un énorme regret de ne pas avoir pu participer à ce tournoi. J'avais déjà manqué le mondial militaire en Italie en 1990, là aussi à cause d'une blessure. "

En août 1995, il est appelé à l'occasion d'un match amical face à l'Allemagne. " Cela marquait l'inauguration du nouveau Stade Roi Baudouin. C'était un match spécial face à une toute grande équipe allemande. J'avais, là aussi, été titulaire mais j'avais joué tout le match et livré une très bonne prestation. " Son compteur reste ensuite bloqué à 2 caps. " Même si je n'ai été sélectionné que deux ou trois fois, je reste un ancien Diable rouge. Cela veut dire qu'à quelques moments de ma carrière, j'ai fait partie des meilleurs joueurs belges de l'époque. "

" L'année d'avant, je jouais avec la réserve d'Anderlecht " - Nordin Jbari - 2 caps (2 sélections) en 1996-1997

Bien connu des téléspectateurs pour son rôle de consultant, Nordin Jbari n'en reste pas moins un ancien international. Il y a un peu plus de 20 ans, le Bruxellois a porté à deux reprises la casaque des Diables Rouges.

A l'époque, Jbari porte avec succès les couleurs de Gand. " Ai-je été surpris d'être sélectionné ? On l'est toujours un peu, mais positivement ", reconnait-il. " C'est Wilfried Van Moer qui m'a téléphoné. Il m'a expliqué qu'il pensait à moi, qu'il m'avait vu lors du match Gand - Bruges et que ce l'avait conforté dans l'idée que je pouvais apporter quelque-chose à l'équipe nationale. Il a terminé en me demandant si je pouvais venir le lendemain à l'entraînement. "

Ce premier match auquel va participer l'attaquant, c'est face aux Pays-Bas, dans le cadre des qualifications pour la Coupe du monde 1998 en France. Le match se joue un 14 décembre dans des conditions loin d'être idéales. " Il gelait ", se souvient Jbari. " Les Pays-Bas alignaient beaucoup de petits gabarits qui étaient avantagés. En plus, c'était la grande équipe néerlandaise. Je me souviens bien du but de Seedorf en pleine lucarne... "

Il entrera en fin de match. " Pour 14-15 minutes. Cela fait toujours quelque chose cette première cap. Vu le contexte (le score était alors de 2-0, ndlr), et en tant qu'attaquant, je voulais marquer, prouver au coach qu'il avait eu raison de me faire confiance ", raconte-t-il. Hélas, il n'y arrivera pas et les Pays-Bas en claqueront même un troisième.

A la suite de cette défaite, Van Moer est remercié et c'est Georges Leekens qui débarque pour le remplacer. " J'étais déçu car Van Moer est un homme bien, honnête mais c'est le foot. En revanche, je ne me suis pas dit que ce n'était pas bon pour la suite de ma carrière chez les Diables. " Long Couteau, pour son premier match, fait encore appel au Buffalo. " J'étais le meilleur buteur du championnat à ce moment-là ", souligne Jbari.

La Mannschaft était l'invitée d'honneur des Diables de Bettagno pour l'inauguration du nouveau stade national., BELGAIMAGE
La Mannschaft était l'invitée d'honneur des Diables de Bettagno pour l'inauguration du nouveau stade national. © BELGAIMAGE

En Irlande du Nord, c'est à nouveau en entrant en cours de match que le buteur fait monter son compteur de caps... pour la dernière fois. " Leekens venait de Mouscron et a préféré faire confiance aux frères Mpenza. C'est un choix. En outre, il y avait pas mal de bons attaquants belges à l'époque. Nilis, Degryse, Oliveira... Ils avaient déjà prouvé leur valeur et, à l'époque, ils jouaient tout le temps. Ils avaient un statut et cela se respectait. C'est comme ça que l'équipe nationale fonctionnait. "

Beaucoup de joueurs ont eu une deuxième chance. Moi, c'était directement l'échafaud. " Michel Wintacq

Pour Jbari, ce qu'il reste de son aventure en équipe nationale, c'est la fierté. " Déjà, j'étais le premier joueur d'origine marocaine. Ensuite, l'année avant mes sélections, je jouais avec la réserve d'Anderlecht. Même si je n'ai pas eu beaucoup de caps, je peux dire que je fais partie de la grande famille des Diables rouges et cela fait plaisir. Aux yeux des gens, je suis un ancien international. Peu de personnes peuvent le dire. "

" On m'a mis à la poubelle pour une passe ratée " - Michel Wintacq - 1 cap (1 sélection) en 1983

A quoi peut tenir une carrière chez les Diables ? Des vacances, une angine et une mauvaise passe, vous dira Michel Wintacq. En octobre 1983, la Belgique se déplace en Écosse pour un match de qualification à l'Euro 84 et l'Hornutois est (enfin) du voyage.

" En réalité, j'ai été sélectionné trois fois et non une seule. La première fois, pour un amical contre la France, j'ai appris via la presse que je n'avais pas répondu à l'appel de Guy Thys. J'étais en vacances en Italie et je n'avais donc pas reçu cette convocation. A l'époque, il n'y avait pas de GSM, pas internet donc j'ai téléphoné au sélectionneur fédéral pour lui dire que je n'étais pas au courant et il ne m'en a pas tenu rigueur. La deuxième fois, pour un autre amical face aux Pays-Bas, j'étais bien présent mais, la veille du match que je devais commencer, le docteur m'a diagnostiqué une angine blanche et j'ai dû rentrer chez moi ", raconte-t-il.

Nordin Jbari face à l'Irlande du Nord., BELGAIMAGE
Nordin Jbari face à l'Irlande du Nord. © BELGAIMAGE

Face aux Écossais, le Standardman est titularisée d'emblée. " Là, on se dit qu'on ne peut pas rater son match, notamment car au poste d'arrière gauche il y avait plusieurs candidats comme Michel De Groote, Michel De Wolf, Marc Baecken, Patrick Gorez et moi-même, mais on ne trouvait pas l'homme idéal. Dans l'ensemble, ma prestation n'avait pas été si mauvaise que ça mais j'avais raté une passe qui avait entraîné le but égalisateur. Après ça, on m'a mis dans la poubelle directement ", juge-t-il.

Michel Wintacq, BELGAIMAGE
Michel Wintacq © BELGAIMAGE

Derrière, Michel Wintacq n'est en effet plus jamais appelé. " A l'époque, la philosophie n'était pas la même que maintenant ", soutient-il. " C'était fort communautaire et il y avait des clans flamands et wallons. Il y avait des tensions entre joueurs de chaque clan et le sélectionneur était plus attiré par des Flamands. Je n'ai pas discuté avec le sélectionneur après le match, car il n'y a plus eu de sélections. Quand les matchs des Diables approchaient, j'espérais évidemment être appelé mais le sélectionneur continuait à chercher la bonne personne pour ce poste. "

L'arrière gauche venait pourtant de signer au Standard de Liège, double champion de Belgique en titre. Un transfert qui aurait pu lui permettre de s'inscrire durablement chez les Diables. " C'est vrai, ça peut aider mais de l'avis de la presse, c'est du temps où je jouais au Football Club Liégeois (1979-1983, ndlr) que j'aurais dû être convoqué, lors de ma dernière année. Au Standard, lors du premier match de championnat contre le RWDM, nous avions gagné 3-0 et j'avais inscrit les trois buts. Cela avait fait beaucoup de bruit et Guy Thys était quasiment obligé de m'appeler. "

S'il a un regret, c'est celui de ne jamais avoir reçu une seconde chance de montrer sa vraie valeur. " Beaucoup de joueurs ont eu une deuxième chance voire une troisième car il faut le temps de s'intégrer dans le groupe. Moi, c'était directement à l'échafaud dans un match officiel ", assène-t-il. " Mais je ne me suis vraiment jamais cassé la tête avec ça. Je me suis concentré sur mon club. "

" Mes parents m'ont annoncé ma sélection " - Ronald Foguenne - 2 caps (2 sélections) en 1995

Les années 90 ont été riches en Diables éphémères, alors que la sélection ne se portait pas trop mal. Le Verviétois Ronald Foguenne est de ceux-là, avec une première sélection lors du fameux Belgique -Allemagne de 1995 dont parlait Alain Bettagno.

" C'était un match amical et comme Bruges et Anderlecht devaient jouer en Coupe d'Europe, beaucoup de leurs joueurs n'étaient pas disponibles. Nous nous sommes retrouvés à une dizaine de joueurs du Standard. Je n'étais donc pas vraiment dépaysé. J'avais un peu l'impression de faire un entraînement de club ", se rappelle Ronald Foguenne.

Malgré tout, le gaucher n'avait pas volé sa sélection avec un début de saison en boulet de canon. " J'avais signé sur le fil au Standard et je n'étais pas titulaire d'emblée mais j'ai su saisir ma chance ensuite. Avec les Rouches, nous avions démarré la saison avec un 15 sur 15 en championnat. " Pour lui, être appelé était tout de même une surprise. " Ce sont mes parents qui m'ont annoncé ma sélection. J'avais passé la journée à Aix-la-Chapelle et c'est en revenant déposer mon frère chez eux qu'ils m'ont dit que l'Union belge avait téléphoné pour me convoquer. Au début, j'ai cru que c'était une blague mais ils insistaient (rires). "

Contre les Allemands, les Belges sont battus mais Foguenne, monté à la pause, s'en sort bien. " J'ai fait bon usage des ballons que j'ai eu. Je pense que ça a convaincu Paul Van Himst car il m'a repris pour le match contre le Danemark ", rembobine le Verviétois. " Cette première sélection, pour moi, c'était une fierté, encore aujourd'hui. Représenter son pays, peu importe le sport ou le contexte, c'est magnifique. "

Trois semaines plus tard, il est donc de la partie pour ce match de qualification pour l'EURO 96. Face aux Diables, ce n'est rien de moins que le champion d'Europe en titre. " On a été battu et cela scellait notre sort. Mais c'était la grande équipe du Danemark. C'était costaud et ils méritaient leur victoire. "

Par la suite, Foguenne ne sera jamais plus sélectionné. " Au début du deuxième tour de cette saison 1995-1996, j'ai eu une pubalgie que j'ai trainée durant de longs mois. Ce n'est qu'à la mi-saison suivante, à Gand, que j'ai été opéré. Aurais-je été plus souvent sélectionné si j'avais été à 100 % ? Je ne sais pas. En tout cas, je n'ai aucun regret ", raconte-t-il. La preuve, c'est qu'il a gardé ses deux maillots. " Je n'en ai pas conservé beaucoup de ma carrière, mais ces deux-là, oui car c'est un très bon souvenir ", conclut-il dans un sourire.

Ronald Foguenne au sein d'une sélection très " Diables rouches "., BELGAIMAGE
Ronald Foguenne au sein d'une sélection très " Diables rouches ". © BELGAIMAGE
Aujourd'hui installé en Norvège où il travaille comme photographe professionnel, David Brocken fut pendant de longues années un visage familier de la D1 belge. Au Lierse, à Anderlecht, au Standard et à Lommel, il évoluait comme arrière droit. " Pour être honnête, je ne connais pas la date exacte de ma première sélection. La seule chose que je sache c'est qu'à ce moment-là, je ne m'y attendais pas. Mais j'étais très fier ", tente de se rappeler Brocken. Nous étions en mars 1997 et la Belgique s'apprêtait à affronter le pays de Galles dans le cadre des qualifications pour la Coupe du monde en France. A l'époque, le Lierse cartonnait en D1. " Ce fut une bonne année pour moi, mais c'était en partie dû à une excellente équipe ", se souvient l'ancien défenseur. " Je n'étais pas le seul à en récolter les fruits, nous avons eu plusieurs joueurs dans les sélections nationales. " Face aux Gallois, il ne décolle pas du banc et assiste à la première victoire des Diables sous l'ère Leekens. " Bertrand Crasson et EricDeflandre étaient mes concurrents directs. Ils étaient tous deux plus forts que moi sur le plan défensif. J'étais meilleur offensivement mais en tant que défenseur, les qualités défensives sont importantes ", affirme-t-il. C'est pourtant Bertrand Crasson qui avait ouvert le score... Cette première expérience reste un one-shot durant deux longues années. Du côté du joueur, on pensait la parenthèse Diables Rouges refermée. " Quand vous n'êtes plus sélectionné, vous pensez que c'est fini. Mais voilà, peut-être avais-je le même niveau qu'en 1997. En tout cas, j'étais plus vieux et j'avais plus d'expérience. " En février 1999, le voilà donc embarqué pour participer au Tournoi International de Chypre. Lors des demi-finales, la Belgique affronte le pays organisateur et Brocken est titularisé d'emblée. " Notre hymne national m'a fait beaucoup réfléchir. Avant cela, je me concentrais plus sur la Flandre. Mais en représentant la Belgique, le sentiment national a émergé pour ne plus jamais me quitter. En revanche, je n'étais pas plus stressé que d'habitude. Le stress fait partie du football. " Après cette première cap, il doit attendre le mois de septembre et un appel de Robert Waseige pour être sélectionné pour un amical face au Maroc. En mars 2000, à quelques mois de l'EURO en Belgique et aux Pays-Bas, il fait partie du voyage en Angleterre. " L'EURO, j'y pensais un petit peu ", reconnaît l'ancien joueur. " Mais je savais et sentais qu'il y avait d'autres joueurs qui faisaient la queue derrière moi. Et cela s'est finalement avéré être le cas. " Brocken l'assure, il n'a gardé aucune rancoeur vis-à-vis des Diables malgré cette non-participation à l'EURO. Que du contraire. " J'ai bien aimé, j'ai beaucoup appris... Et je suis devenu un vrai Belge. Pour être honnête, la fierté est la seule chose que je retiens. C'est ce qui décrit le mieux mon expérience en équipe nationale. " La saison 1991-1992 du championnat de Belgique est animée par un joueur du Cercle : Alain De Nil. A 25 ans, le Bruxellois vit le meilleur passage de sa carrière au point d'être appelé chez les Diables à l'occasion d'un match contre les Iles Féroé. " J'avais fait une saison pleine avec le Cercle et on sentait qu'il y avait une possibilité ", se rappelle Alain De Nil. " C'est toujours une surprise d'être sélectionné même si je m'y attendais un peu. Cela s'est décidé juste après le dernier match de championnat. Pour moi, c'était une consécration. C'était l'apothéose de la super saison que j'avais faite. " A l'époque, les moyens de communication n'étaient pas les mêmes et c'est par une voie un peu désuète aujourd'hui que le Brugeois a appris sa sélection. " Le club a reçu un fax, moi j'ai reçu un télégramme. Et là, c'était parti. " Direction donc les Iles Féroé, qui disputaient leurs premières qualifs pour la Coupe du monde. " C'était très spécial ", sourit Alain De Nil. " Même pour l'Union belge, c'était un peu l'inconnue. En arrivant là, on s'est rendu compte que ce n'était pas un pays de football. Il y avait un terrain en herbe qu'ils avaient aménagé en minant la falaise le long de la mer et en important du gazon du Danemark. C'était assez spécial. Si on compare avec ce qu'il y a chez nous, c'était un terrain de club amateur. C'était une découverte incroyable. A ce moment-là, c'était ainsi. On voulait juste aller gagner. " Les Diables s'imposent 0-3 et Alain De Nil est à créditer d'une bonne prestation. " La presse était positive, donc pour moi c'était un beau cadeau ", se souvient-il. Dans la foulée, l'ailier quitte le Cercle et s'engage à La Gantoise. Un choix qui n'était probablement pas le meilleur admet-il, après-coup : " Si j'étais resté au Cercle ou si j'avais choisi un autre club, j'aurais peut-être eu d'autres sélections. Ce sont des choix de la vie. Quand j'ai signé, j'étais persuadé que c'était le bon club pour continuer à progresser mais cela n'a pas été comme ça. " Malgré tout, il est à nouveau sélectionné début septembre pour un déplacement dans ce qui est toujours à l'époque la Tchécoslovaquie. " La deuxième sélection était assez tôt dans la saison et elle est venue grâce à ma première sélection. Mais comme j'avais mal débuté avec La Gantoise, je n'étais pas titulaire chez les Diables. J'ai vécu ce match sur le banc et c'était tout à fait normal. C'était déjà une chance d'être là vu mon parcours à Gand ", raconte De Nil. Des Diables, le Bruxellois ne garde que des bons souvenirs. " C'est fou comme ça change quand, du jour au lendemain, vous êtes sélectionné. Même en rue, les gens vous regardent différemment. Quand vous êtes bien dans une équipe, votre renommée est surtout régionale. Avec les Diables, ça prend une dimension nationale. J'ai apprécié mais je ne me considère pas tellement comme un ancien international avec 2 sélections et 1 seul match joué. J'ai porté le maillot mais un international c'est quelqu'un qui a 20, 50 ou 100 sélections. Pour moi, c'était un honneur de pouvoir en profiter. " En 1992, la Belgique doit affronter la Roumanie dans le cadre des qualifications pour la Coupe du monde aux États-Unis. Paul Van Himst, sélectionneur fédéral, fait appel à un petit nouveau : Alain Bettagno. " À l'époque, j'étais en plein boom ", raconte le Liégeois. " Je venais de marquer 9 buts en 11 matchs, ou 11 buts en 9 matchs, je ne sais plus trop (rires). " Pour lui, être appelé chez les Diables rouges n'était pas vraiment une surprise. " J'étais pas mal depuis quelques saisons et on en parlait beaucoup. Je formais un duo terrible avec Régis Genaux sur le flanc droit du Standard donc ça coulait de source que je sois aussi sélectionné, comme lui l'était déjà. Quand j'ai appris ma sélection, j'étais en train de manger un bout en ville avec Patrick Asselman. " Ce match, il ne le jouera pourtant pas. " Je suis resté toute la rencontre sur le banc ", se souvient-il. Pourtant, plus que la déception, ce sont la fierté et la motivation qui prédominent. " Quand on est joueur pro, on a évidemment envie de jouer mais pour moi, c'était une première étape. Je découvrais le groupe, j'étais bien. En plus, nous avions gagné 1-0, donc j'étais fier de dire que j'en faisais partie. " Sa seconde sélection n'arrive cependant qu'en 1994, contre l'Espagne. " La faute aux blessures ", selon l'ancien ailier droit. " Sans elles, j'aurais eu une autre carrière. J'avais des passes exceptionnelles où j'étais intouchable mais mes genoux étaient trop fragiles. À 50 ans, j'ai deux prothèses totales aux genoux, c'est dire. Sans cela, je pense que j'aurais tourné autour des 50 sélections. Le potentiel était là mais il faut être régulier... " Contre les Ibères, il manque, là aussi, de chance. " J'étais en pleine forme et j'ai d'ailleurs été titularisé. J'ai hélas dû sortir à la mi-temps parce que Fernando Hierro m'avait fracturé le nez... " Quelques mois plus tôt, il aurait même pu participer à la Coupe du monde aux States. " J'étais dans la pré-sélection ", souligne-t-il. " Hélas, une blessure au ménisque m'a éloigné des terrains pendant six semaines, juste avant la compétition. Pour moi, c'est un énorme regret de ne pas avoir pu participer à ce tournoi. J'avais déjà manqué le mondial militaire en Italie en 1990, là aussi à cause d'une blessure. " En août 1995, il est appelé à l'occasion d'un match amical face à l'Allemagne. " Cela marquait l'inauguration du nouveau Stade Roi Baudouin. C'était un match spécial face à une toute grande équipe allemande. J'avais, là aussi, été titulaire mais j'avais joué tout le match et livré une très bonne prestation. " Son compteur reste ensuite bloqué à 2 caps. " Même si je n'ai été sélectionné que deux ou trois fois, je reste un ancien Diable rouge. Cela veut dire qu'à quelques moments de ma carrière, j'ai fait partie des meilleurs joueurs belges de l'époque. " Bien connu des téléspectateurs pour son rôle de consultant, Nordin Jbari n'en reste pas moins un ancien international. Il y a un peu plus de 20 ans, le Bruxellois a porté à deux reprises la casaque des Diables Rouges. A l'époque, Jbari porte avec succès les couleurs de Gand. " Ai-je été surpris d'être sélectionné ? On l'est toujours un peu, mais positivement ", reconnait-il. " C'est Wilfried Van Moer qui m'a téléphoné. Il m'a expliqué qu'il pensait à moi, qu'il m'avait vu lors du match Gand - Bruges et que ce l'avait conforté dans l'idée que je pouvais apporter quelque-chose à l'équipe nationale. Il a terminé en me demandant si je pouvais venir le lendemain à l'entraînement. " Ce premier match auquel va participer l'attaquant, c'est face aux Pays-Bas, dans le cadre des qualifications pour la Coupe du monde 1998 en France. Le match se joue un 14 décembre dans des conditions loin d'être idéales. " Il gelait ", se souvient Jbari. " Les Pays-Bas alignaient beaucoup de petits gabarits qui étaient avantagés. En plus, c'était la grande équipe néerlandaise. Je me souviens bien du but de Seedorf en pleine lucarne... " Il entrera en fin de match. " Pour 14-15 minutes. Cela fait toujours quelque chose cette première cap. Vu le contexte (le score était alors de 2-0, ndlr), et en tant qu'attaquant, je voulais marquer, prouver au coach qu'il avait eu raison de me faire confiance ", raconte-t-il. Hélas, il n'y arrivera pas et les Pays-Bas en claqueront même un troisième. A la suite de cette défaite, Van Moer est remercié et c'est Georges Leekens qui débarque pour le remplacer. " J'étais déçu car Van Moer est un homme bien, honnête mais c'est le foot. En revanche, je ne me suis pas dit que ce n'était pas bon pour la suite de ma carrière chez les Diables. " Long Couteau, pour son premier match, fait encore appel au Buffalo. " J'étais le meilleur buteur du championnat à ce moment-là ", souligne Jbari. En Irlande du Nord, c'est à nouveau en entrant en cours de match que le buteur fait monter son compteur de caps... pour la dernière fois. " Leekens venait de Mouscron et a préféré faire confiance aux frères Mpenza. C'est un choix. En outre, il y avait pas mal de bons attaquants belges à l'époque. Nilis, Degryse, Oliveira... Ils avaient déjà prouvé leur valeur et, à l'époque, ils jouaient tout le temps. Ils avaient un statut et cela se respectait. C'est comme ça que l'équipe nationale fonctionnait. " Pour Jbari, ce qu'il reste de son aventure en équipe nationale, c'est la fierté. " Déjà, j'étais le premier joueur d'origine marocaine. Ensuite, l'année avant mes sélections, je jouais avec la réserve d'Anderlecht. Même si je n'ai pas eu beaucoup de caps, je peux dire que je fais partie de la grande famille des Diables rouges et cela fait plaisir. Aux yeux des gens, je suis un ancien international. Peu de personnes peuvent le dire. " A quoi peut tenir une carrière chez les Diables ? Des vacances, une angine et une mauvaise passe, vous dira Michel Wintacq. En octobre 1983, la Belgique se déplace en Écosse pour un match de qualification à l'Euro 84 et l'Hornutois est (enfin) du voyage. " En réalité, j'ai été sélectionné trois fois et non une seule. La première fois, pour un amical contre la France, j'ai appris via la presse que je n'avais pas répondu à l'appel de Guy Thys. J'étais en vacances en Italie et je n'avais donc pas reçu cette convocation. A l'époque, il n'y avait pas de GSM, pas internet donc j'ai téléphoné au sélectionneur fédéral pour lui dire que je n'étais pas au courant et il ne m'en a pas tenu rigueur. La deuxième fois, pour un autre amical face aux Pays-Bas, j'étais bien présent mais, la veille du match que je devais commencer, le docteur m'a diagnostiqué une angine blanche et j'ai dû rentrer chez moi ", raconte-t-il. Face aux Écossais, le Standardman est titularisée d'emblée. " Là, on se dit qu'on ne peut pas rater son match, notamment car au poste d'arrière gauche il y avait plusieurs candidats comme Michel De Groote, Michel De Wolf, Marc Baecken, Patrick Gorez et moi-même, mais on ne trouvait pas l'homme idéal. Dans l'ensemble, ma prestation n'avait pas été si mauvaise que ça mais j'avais raté une passe qui avait entraîné le but égalisateur. Après ça, on m'a mis dans la poubelle directement ", juge-t-il. Derrière, Michel Wintacq n'est en effet plus jamais appelé. " A l'époque, la philosophie n'était pas la même que maintenant ", soutient-il. " C'était fort communautaire et il y avait des clans flamands et wallons. Il y avait des tensions entre joueurs de chaque clan et le sélectionneur était plus attiré par des Flamands. Je n'ai pas discuté avec le sélectionneur après le match, car il n'y a plus eu de sélections. Quand les matchs des Diables approchaient, j'espérais évidemment être appelé mais le sélectionneur continuait à chercher la bonne personne pour ce poste. " L'arrière gauche venait pourtant de signer au Standard de Liège, double champion de Belgique en titre. Un transfert qui aurait pu lui permettre de s'inscrire durablement chez les Diables. " C'est vrai, ça peut aider mais de l'avis de la presse, c'est du temps où je jouais au Football Club Liégeois (1979-1983, ndlr) que j'aurais dû être convoqué, lors de ma dernière année. Au Standard, lors du premier match de championnat contre le RWDM, nous avions gagné 3-0 et j'avais inscrit les trois buts. Cela avait fait beaucoup de bruit et Guy Thys était quasiment obligé de m'appeler. " S'il a un regret, c'est celui de ne jamais avoir reçu une seconde chance de montrer sa vraie valeur. " Beaucoup de joueurs ont eu une deuxième chance voire une troisième car il faut le temps de s'intégrer dans le groupe. Moi, c'était directement à l'échafaud dans un match officiel ", assène-t-il. " Mais je ne me suis vraiment jamais cassé la tête avec ça. Je me suis concentré sur mon club. " Les années 90 ont été riches en Diables éphémères, alors que la sélection ne se portait pas trop mal. Le Verviétois Ronald Foguenne est de ceux-là, avec une première sélection lors du fameux Belgique -Allemagne de 1995 dont parlait Alain Bettagno. " C'était un match amical et comme Bruges et Anderlecht devaient jouer en Coupe d'Europe, beaucoup de leurs joueurs n'étaient pas disponibles. Nous nous sommes retrouvés à une dizaine de joueurs du Standard. Je n'étais donc pas vraiment dépaysé. J'avais un peu l'impression de faire un entraînement de club ", se rappelle Ronald Foguenne. Malgré tout, le gaucher n'avait pas volé sa sélection avec un début de saison en boulet de canon. " J'avais signé sur le fil au Standard et je n'étais pas titulaire d'emblée mais j'ai su saisir ma chance ensuite. Avec les Rouches, nous avions démarré la saison avec un 15 sur 15 en championnat. " Pour lui, être appelé était tout de même une surprise. " Ce sont mes parents qui m'ont annoncé ma sélection. J'avais passé la journée à Aix-la-Chapelle et c'est en revenant déposer mon frère chez eux qu'ils m'ont dit que l'Union belge avait téléphoné pour me convoquer. Au début, j'ai cru que c'était une blague mais ils insistaient (rires). " Contre les Allemands, les Belges sont battus mais Foguenne, monté à la pause, s'en sort bien. " J'ai fait bon usage des ballons que j'ai eu. Je pense que ça a convaincu Paul Van Himst car il m'a repris pour le match contre le Danemark ", rembobine le Verviétois. " Cette première sélection, pour moi, c'était une fierté, encore aujourd'hui. Représenter son pays, peu importe le sport ou le contexte, c'est magnifique. " Trois semaines plus tard, il est donc de la partie pour ce match de qualification pour l'EURO 96. Face aux Diables, ce n'est rien de moins que le champion d'Europe en titre. " On a été battu et cela scellait notre sort. Mais c'était la grande équipe du Danemark. C'était costaud et ils méritaient leur victoire. " Par la suite, Foguenne ne sera jamais plus sélectionné. " Au début du deuxième tour de cette saison 1995-1996, j'ai eu une pubalgie que j'ai trainée durant de longs mois. Ce n'est qu'à la mi-saison suivante, à Gand, que j'ai été opéré. Aurais-je été plus souvent sélectionné si j'avais été à 100 % ? Je ne sais pas. En tout cas, je n'ai aucun regret ", raconte-t-il. La preuve, c'est qu'il a gardé ses deux maillots. " Je n'en ai pas conservé beaucoup de ma carrière, mais ces deux-là, oui car c'est un très bon souvenir ", conclut-il dans un sourire.