" Alfredo Di Stefano est peut-être le joueur le plus complet de l'histoire du football. La star du Real Madrid a déjà 84 ans mais reste le premier joueur orchestre de l'histoire du football. On a affirmé qu'il était une tactique à lui tout seul... Infatigable, solide, rapide, il décrochait dans le jeu et, dans un rôle de n°8 plutôt que de 10, cela lui permettait de s'occuper de tout. Di Stefano organisait le jeu, aidait l'attaque, marquait mais était le premier à donner un coup de main à sa défense. On n'avait jamais vu un joueur aussi doué et...

" Alfredo Di Stefano est peut-être le joueur le plus complet de l'histoire du football. La star du Real Madrid a déjà 84 ans mais reste le premier joueur orchestre de l'histoire du football. On a affirmé qu'il était une tactique à lui tout seul... Infatigable, solide, rapide, il décrochait dans le jeu et, dans un rôle de n°8 plutôt que de 10, cela lui permettait de s'occuper de tout. Di Stefano organisait le jeu, aidait l'attaque, marquait mais était le premier à donner un coup de main à sa défense. On n'avait jamais vu un joueur aussi doué et aussi universel. International argentin, il avait entamé sa carrière à River Plate, se retrouva à Huracan et en Colombie au Millonarios Bogota. Champion d'Argentine et de Colombie, il attira le regard du Real qui le souffla au Barça. Ce n'est pas un secret : le dictateur Franco insista pour qu'il opte en faveur du club de la capitale... Ce phénomène gagna entre autres cinq Coupes des Champions de 1956 à 1960, fut naturalisé espagnol et joua pour la Roja. En 1962, Anderlecht élimina ce monstre en C1. C'était notre première qualification et aucune équipe étrangère n'avait jamais sorti le Real. Après le 3-3 de l'aller, le 1-0 signé dans un stade du Heysel plein à craquer fit du bruit. Jef Jurion, au rayonnement tactique comparable à celui de Di Stefano, fut le buteur et le héros de la soirée. Di Stefano a eu un mot gentil pour moi : -Si Anderlecht a gagné, c'est aussi parce que Georges Heylens a mis Gento dans sa poche. A cette époque, les équipes se retrouvaient lors d'une grande réception d'après match. Eugène Steppé, le secrétaire général d'Anderlecht, connaissait bien Santiago Bernabeu, le président madrilène et son bras droit, Raimundo Saporta. Le maître de cérémonies des Mauves mit les petits plats dans les grands au Martini Center à la Place Rogier. Puis Steppé imagina des prolongations au Moulin Rouge de la Place De Brouckère, point de ralliement des vedettes de passage à Bruxelles et des oiseaux de nuit. Steppé n'avait peur de rien. Un jour, il demanda même aux Beatles d'interpréter un de leurs tubes à la mi-temps d'un match. L'affaire tomba à l'eau : trop cher. Steppé fut plus verni avec Di Stefano. Il lui proposa de venir faire un petit tour au Moulin Rouge. La vedette se fit un peu attendre avant de faire son entrée sous les applaudissements. Et ce fut la fiesta. Le champagne coula à flots... mais Steppé, qui régalait, s'en moquait : Anderlecht était aux anges. A un moment, Di Stefano se lança dans un magnifique tango. Il était aussi brillant sur la piste que sur le terrain. " NÉ EN 1941, HEYLENS FUT UN EXCELLENT BACK DROIT (67X DIABLE ROUGE, ÉQUIPE D'EUROPE 65, MONDIAL 70 AU MEXIQUE, 7 TITRES ET 3 COUPES DE BELGIQUE AVEC ANDERLECHT). COACHA UNE DOUZAINE DE CLUBS (PASSA 5 ANS AU LOSC ET FUT COACH BELGE 1984 À SERAING)PIERRE BILIC