Pas la marque de fabrique de Bruges

La première journée de la Ligue des Champions n'a pas souri aux clubs belges. Même si Celta Vigo possède un beau registre technique, cette équipe ne fait pas partie de la crème du football espagnol. Dans le cas contraire, Bruges, diminué par deux exclusions, ne serait parvenu à égaliser, au courage, en fin de match. Le Celta a montré tout ce qu'on savait d'elle : maîtrise du ballon, bonne lecture collective, qualité de la circulation du ballon, etc. Par rapport à cette photo traditionnelle de Vigo, je n'ai pas retrouvé la marque de fabrique de Bruges : animation du système, reconversion offensive après la récupération du ballon, présence massive dans le rectangle adverse. En Belgique, Bruges impose son jeu et c'est à l'adversaire de trouver la parade. Cette fois, ce fut le contraire et le Club a passé son temps à courir derrière la balle. Or, il y avait une vo...

La première journée de la Ligue des Champions n'a pas souri aux clubs belges. Même si Celta Vigo possède un beau registre technique, cette équipe ne fait pas partie de la crème du football espagnol. Dans le cas contraire, Bruges, diminué par deux exclusions, ne serait parvenu à égaliser, au courage, en fin de match. Le Celta a montré tout ce qu'on savait d'elle : maîtrise du ballon, bonne lecture collective, qualité de la circulation du ballon, etc. Par rapport à cette photo traditionnelle de Vigo, je n'ai pas retrouvé la marque de fabrique de Bruges : animation du système, reconversion offensive après la récupération du ballon, présence massive dans le rectangle adverse. En Belgique, Bruges impose son jeu et c'est à l'adversaire de trouver la parade. Cette fois, ce fut le contraire et le Club a passé son temps à courir derrière la balle. Or, il y avait une voie à suivre, me semble-t-il, dans la reconversion offensive. En possession de balle, Celta impliquait au moins six joueurs dans ses créations offensives. C'était à Bruges de récupérer la balle et de contre-attaquer au plus vite en profitant des espaces libérés. Je n'ai jamais vu ce genre de phases de jeu avant ou après l'exclusion d'Andres Mendoza. L'égalisation s'explique d'abord par une forme de suffisance du Celta qui s'est appuyé sur sa supériorité technique pour garder le 0-1 au lieu de chercher à tuer le match. A Lyon, Anderlecht a été trop timoré sur le plan offensif. On peut aussi retenir le penalty que l'arbitre n'aurait jamais dû accorder mais j'ai surtout été impressionné par la performance d'un joueur de Lyon : Vikash Dhorasoo. C'est un médian moderne. Il a crevé l'écran par son excellence dans le jeu de récupération, son sens de la perforation dans l'axe, sa présence à la finition, sa vitesse, sa technique, etc. Dhorasoo est arrivé à maturité et il est indiscutablement prêt pour jouer dans un grand club italien ou espagnol. Un problème : le Lyonnais a 30 ans et c'est un zeste trop vieux sur le marché des grands transferts. J'ai apprécié le match parfait réalisé par l'Inter sur les terres d'Arsenal. Ce 0-3 peut s'expliquer assez facilement. Hector Cuper prouve, une fois de plus, qu'il est bel et bien le coach européen numéro 1. Arsène Wenger, par contre, échoue souvent sur la scène continentale. Arsenal n'a ni une grande défense ni un gardien de but à la hauteur de ses ambitions. Or, quand l'arrière-garde n'est pas à la hauteur, on n'y arrive pas à ce niveau. Jens Lehman, par exemple, n'est pas meilleur que David Seaman ne le fut dans la cage des Gunners. L'Inter en a profité pour écraser les Londoniens. Loin de là, à Madrid, le Real a répondu à pas mal de questions. Le Real, c'est un remède contre la déprime. Quand on a la chance d'assister à un tel spectacle, on ne peut qu'être heureux. David Beckham a trouvé sa place dans l'axe de la ligne médiane. Esteban Cambiasso arrache les ballons aussi bien que Claude Makelele dont il a repris le " sale boulot ". Cambiasso est le nouveau Fernando Redondo. L'Anglais est à l'aise près de lui et enrichit la palette tactique du Real par ses balles en profondeur et la précision de son coup de pied sur les phases arrêtées. Les Madrilènes avaient toujours remonté le terrain en masse, cela prenait parfois du temps et pouvait priver Ronaldo d'espaces. C'est dommage quand on dispose d'un attaquant aussi rapide que lui. Avec Beckham, la donne est différente. Il a l'art de lancer un équipier en profondeur. Autrement dit, quand il le faudra, le Real Madrid sera aussi une équipe de contre-attaques. Pour le moment, cependant, le Real n'a pas encore de style tactique très précis. La différence se fait encore par moments sur des exploits individuels. Ils sont évidemment superbes mais la suite sera surtout intéressante afin de cerner les grandes lignes tactiques et les circuits préférentiels menant au but adverse. A mon avis, il y a une collection de terribles individualités, mais pas encore de véritable équipe madrilène sur le terrain. C'est pour cela que Marseille a frappé deux fois avec notamment une tête de Daniel Van Buyten en fin de match. Van Buyten me fait un peu penser à Eric Van Meir qui, lui aussi, marquait beaucoup. Mais à ce niveau, même si c'est spectaculaire, je me demande si les grands clubs ne préfèrent pas les arrières qui éteignent le buteur adverse... " Propos recueillis par Pierre Bilic