Ex-pros toujours dedans

Trois anciens footballeurs de haut niveau font tous les déplacements avec les médias belges en tant que consultants: Philippe Albert, Eddy Snelders et Gilles De Bilde. À eux trois, ils totalisent 48 saisons chez les pros et 67 matches en équipe nationale. Un autre ancien joueur de notre championnat, lui aussi consultant, est resté en Belgique et a eu des petits soucis. Wesley Sonck, en studio pour la VRT, fait de la pub pour une société de paris sportifs. Une double casquette qui passe mal au nord du pays. La classe politique s'est déchaînée. Plusieurs partis se sont exprimés. Morceaux choisis: "Ça ne va pas" ; "Il faut arrêter immédiatement la diffusion de ces spots publicitaires" ; "C'est quelque chose qui ne pourra plus se reproduire." La VRT s'est dite "préoccupée" par l'incident et communique qu'il y aura moins de pubs pour des sociétés de paris dans le futur. Vincent Van Quickenborne, ministre de la Justice, s'est exprimé sur la question. "La publicité pour ces entreprises ne va pas être supprimée totalement parce que...

Trois anciens footballeurs de haut niveau font tous les déplacements avec les médias belges en tant que consultants: Philippe Albert, Eddy Snelders et Gilles De Bilde. À eux trois, ils totalisent 48 saisons chez les pros et 67 matches en équipe nationale. Un autre ancien joueur de notre championnat, lui aussi consultant, est resté en Belgique et a eu des petits soucis. Wesley Sonck, en studio pour la VRT, fait de la pub pour une société de paris sportifs. Une double casquette qui passe mal au nord du pays. La classe politique s'est déchaînée. Plusieurs partis se sont exprimés. Morceaux choisis: "Ça ne va pas" ; "Il faut arrêter immédiatement la diffusion de ces spots publicitaires" ; "C'est quelque chose qui ne pourra plus se reproduire." La VRT s'est dite "préoccupée" par l'incident et communique qu'il y aura moins de pubs pour des sociétés de paris dans le futur. Vincent Van Quickenborne, ministre de la Justice, s'est exprimé sur la question. "La publicité pour ces entreprises ne va pas être supprimée totalement parce que ça poserait des problèmes à beaucoup de clubs. Il faut aborder le problème à l'échelle européenne." Sonck lui-même n'a pas voulu réagir, il signale simplement qu'il ne voit pas où est le souci. On a vu peu d'officiels de l'Union belge aux matches des Diables depuis le début du tournoi. Une conséquence du Covid et des difficultés pour voyager, avec des restrictions différentes d'un pays à l'autre. Par exemple, Robert Huygens, qui remplace Mehdi Bayat à la présidence, n'a même pas fait tous les déplacements. Par contre, on a vu Fred Veraghaenne partout. Parce qu'il joue un rôle clé pour la Belgique dans cet EURO. Il est directeur des opérations à la Fédération. Et il a multiplié les réunions à Saint-Pétersbourg, Copenhague et Séville. "Toutes ces réunions sont liées à l'organisation au sens large des matches. Le jour du match, on se réunit au stade en semi-présentiel, sept ou huit personnes se rassemblent, une douzaine d'autres assistent aux discussions en vidéo. Il y a le team manager de chaque équipe, un responsable des forces de l'ordre, les responsables presse, des membres du secteur médical, les pompiers, etc. Il y a aussi une réunion consacrée à la sécurité la veille du match, une réunion pour le protocole où on discute des VIP, des chefs d'État qui seront éventuellement présents, des ministres." Les sujets traités partent dans tous les sens: il est par exemple question de la billetterie, des modalités d'échauffement, de l'arrosage éventuel de la pelouse, des trajets que les bus des deux équipes emprunteront pour arriver au stade et le quitter. Et lors de la grande réunion, le quatrième arbitre est aussi présent pour rappeler certaines règles." Après le match contre la Finlande à Saint-Pétersbourg, le bus nous a déposés à l'hôtel sur le coup de deux heures du matin. Il faisait déjà totalement clair. Là-bas, pour le moment, la nuit dure moins de trois heures et elle n'est pas complètement noire. Entre le stade et l'hôtel, on a vu énormément de gens se balader, d'autres prendre du bon temps sur les rives de la Neva. On se serait cru en pleine journée. On a discuté avec un bénévole à la fan-zone de la ville. "C'est chouette d'avoir autant d'heures de clarté, mais on le paie durement en hiver. Au mois de décembre, il fait plus ou moins clair de onze heures du matin à seize heures. Il y a énormément de dépressions." Dépression toujours. Ce soir-là, la Russie est éliminée de l'EURO. Le même homme nous dit: "Il n'y avait déjà pas beaucoup de monde à la fan-zone, sauf quand notre pays jouait. L'engouement des Russes n'a rien à avoir avec ce qu'on a vu pendant la Coupe du monde. Maintenant que notre équipe n'est plus là, je prévois que la fan-zone va être complètement déserte les soirs de matches." Dès qu'on a connu les affiches des huitièmes de finale, la firme de statistiques OPTA nous a consolés de notre tirage difficile. En tenant compte d'un tas de paramètres (résultats récents, cotes sur des sites de paris, niveau des adversaires aux tours suivants, etc.), notre équipe restait la deuxième favorite du tournoi. Les Diables étaient très bien cotés avant l'ouverture de la compétition, mais le fait d'avoir subitement une route très compliquée pour arriver en finale n'a pas modifié le pronostic. Pour OPTA, la France avait 19,6% de chances de remporter l'EURO, mais on n'était pas loin avec 17,9%. Derrière, l'Espagne (12,9%), l'Allemagne (9,3%) et les Pays-Bas (8,5%). Il était écrit qu'on ne devait faire qu'une bouchée du Portugal, plafonnant péniblement à 5,8%. Gracenote, une autre société spécialisée, nous donnait 19% de chances de victoire avant qu'on connaisse les affiches des huitièmes de finale. Après la publication de celles-ci, nos chances ont diminué à 15%, la faute à ce fichu mauvais côté de tableau. Et la probabilité de voir les Anglais s'imposer à Wembley a grimpé à 16,5%. Le fruit de calculs complexes et d'un million de simulations informatiques. Le fait que cette équipe ait un tableau plus dégagé et joue les matches à domicile joue dans la simulation. Pour Gracenote, les espoirs français étaient à 11,8%. Mais la société voyait un duel Belgique-Angleterre au dernier stade.