"Mon père dit qu'il faut que je me trouve une reconversion. Il me demande ce que je compte faire de ma vie. Je ne sais pas quoi lui répondre ; peut-être que je ne vais rien faire du tout. Mais il insiste, il veut absolument que je me bouge parce qu'il ne veut pas que je donne l'image d'un fainéant. Mais Papa, si ça se trouve je ne vais rien faire du tout de ma vie... "
...

"Mon père dit qu'il faut que je me trouve une reconversion. Il me demande ce que je compte faire de ma vie. Je ne sais pas quoi lui répondre ; peut-être que je ne vais rien faire du tout. Mais il insiste, il veut absolument que je me bouge parce qu'il ne veut pas que je donne l'image d'un fainéant. Mais Papa, si ça se trouve je ne vais rien faire du tout de ma vie... "On est en août 2006. Il y a quelques semaines, Josep Guardiola était encore joueur des obscurs Dorados de Sinaloa, une équipe mexicaine qui ressemble plus à une franchise de baseball de seconde zone qu'à un club de foot pro. La fin de carrière du milieu de terrain catalan a été indigne de son niveau, et à en croire ses mots, sa reconversion ne semble pas prendre une meilleure tournure. Pourtant, derrière son discours dépressif, ce que ne dit pas Guardiola, c'est qu'il vient de passer l'été à Madrid et qu'il sait exactement où il va. Tous les jours, l'ancien capitaine du Barça se rendait à Las Rozas, dans la banlieue de la capitale espagnole, direction la Ciudad del Futbol. Là, il suit avec assiduité les cours pour passer ses diplômes d'entraîneur. L'élève est consciencieux, appliqué et très doué. " L'école nationale de football espagnole ne délivre pas de classement une fois que les candidats sont diplômés. En revanche, ce que je peux vous dire, c'est que Josep Guardiola faisait largement partie des trois meilleurs éléments de sa promotion ", se souvient Oscar Callejo, secrétaire de l'école. Une fois diplômé, Guardiola n'est pas rassasié. Pour parfaire sa formation, il s'en va chercher conseil auprès des entraîneurs qu'il admire. " Il m'a appelé moi comme il a appelé plein de coachs. Aujourd'hui, ça a l'air complètement fou : appeler juste pour parler de jeu, l'analyser, le fractionner, le découper. Sa soif de débattre et de comprendre était inaltérable. Je savais quand commençaient nos discussions, jamais quand elles allaient se terminer ", se souvient l'idéaliste argentin Angel Cappa. Ancien adjoint de Menotti puis de Valdano au Real Madrid, entraîneur de Huracan et de River Plate - il est le découvreur de Javier Pastore -, Cappa se rend fin 2006 à Barcelone, chez Guardiola : " Au moment où on a discuté, je ne sais pas s'il avait déjà en tête l'idée de devenir entraîneur, mais pour moi, c'était évident qu'il le deviendrait. J'en étais persuadé parce que c'est rare qu'un joueur soit aussi préoccupé par le jeu. Il voulait comprendre le jeu, le dominer, le disséquer. " Obsessionnel et perfectionniste, Pep dresse une liste de techniciens avec lesquels il souhaite s'entretenir. En tête, un Argentin à la moustache menaçante, inconnu en Europe, Ricardo La Volpe. Lors du mondial allemand de 2006, Guardiola pige pour le quotidien espagnol El Pais, où ses analyses et ses réflexions déconcertent. Pour le Catalan, une seule sélection trouve grâce à ses yeux. Ce n'est pas l'Allemagne de Klinsmann, ni l'Italie de Lippi, mais le Mexique de La Volpe. Il écrit : " Je me souviens de ce que nous disait Johan Cruijff : le plus important c'est que les joueurs qui devaient le mieux jouer au ballon devaient être les défenseurs. Si tu sors bien le ballon, tu peux jouer, sinon, tu ne peux rien faire. Johan pense que c'est le ballon qui équilibre une équipe. Perds la balle et ton équipe est déséquilibrée ; perds la peu et ton équipe est équilibrée. Ricardo La Volpe a fait le choix que sa défense sorte en jouant, pas qu'elle commence à jouer, ce qui est différent. Pour La Volpe, commencer à jouer c'est se faire des passes entre défenseurs, sans grandes intentions. Mais La Volpe oblige à autre chose. Il oblige à sortir en jouant, que les joueurs et le ballon avancent ensemble et en même temps. On m'a raconté que La Volpe, lors de ses entraînements, oblige ses défenseurs à faire des courses de 30 minutes avec le ballon, sans s'arrêter. A la moindre erreur de passe, si le terrain n'est pas écarté par les côtés comme si c'était un chewing-gum, si une passe n'est pas faite au gardien comme le jeu l'impose, il exige de tout reprendre à zéro. Il corrige, il crie et ça recommence. Une fois puis une autre. Une centaine de fois s'il faut. Et voir son Mexique jouer au football, c'est fantastique. " Ni plus ni moins qu'une déclaration d'amour. N'en déplaise à Guardiola et son romantisme, La Volpe se fera virer sans ménagement dès l'élimination en huitième de finale après avoir pourtant dansé sur le ventre de l'Argentine pendant tout le match ; le football ne vit que de victoires. La Volpe : " Je sais que Guardiola m'a plusieurs fois mentionné comme l'un des entraîneurs qui l'avaient influencé. Je pense qu'il a pu s'inspirer de moi, notamment sur les triangulations au moment d'arriver dans la surface adverse. On m'a rapporté qu'il m'avait dédié la Champions League 2009 (victoire de Barcelone 2-0 sur Manchester United, ndlr), mais je ne sais pas, il ne me l'a jamais dit directement. Je crois que lui, comme moi, nous sommes sur le même chemin, on aime être à l'initiative du jeu, que le joueur prenne la responsabilité de mener, c'est comme ça qu'on obtient un bon football. Lui l'applique et en plus il gagne. Certains d'entre nous ont été critiqués pour ne pas avoir gagné en essayant mais c'est la règle du jeu. "La Volpe se fera successivement virer de Boca Juniors (2006), de Velez Sarsfield (2007), Monterrey (2008) et dernièrement par la fédération du Costa Rica (août 2011). Passionné par la méthode argentine, Guardiola se rend directement sur place. Il se greffe à un voyage de travail de son ami le cinéaste et écrivain David Trueba pour voler jusqu'à Buenos Aires. On est en octobre 2006. Une fois dans la capitale argentine Pep pose ses valises dans un hôtel du quartier de Palermo. Sa première visite n'est pas destinée à un entraîneur mais à un geek blond, sorte de Mark Zuckerberg argentin à cheveux longs. Matias Manna est le créateur du blog Paradigma Guardiola. Son site analyse via des vidéos, des arrêts sur image et des réflexions perspicaces, le football de Pep. " Depuis 2005, j'y déchiffre le mode de pensée et les convictions footballistiques de Guardiola ", explique Manna, qui revient sur la naissance de son amitié avec l'actuel entraineur du FC Barcelone : " Je l'ai contacté un jour par mail, il m'a répondu, et s'est toujours montré ouvert. Un jour, un de ces mails disait qu'il venait en Argentine et il m'a proposé qu'on se rencontre. On a passé une journée ensemble. On a beaucoup parlé de football. Je lui ai offert le livre Lo suficientemente loco, une biographie de Marcelo Bielsa. Il m'a remercié et est allé déposer des affaires dans sa chambre d'hôtel. Quand il est redescendu, quelques minutes plus tard, il m'a parlé de quatre ou cinq concepts de jeu qui se trouvaient dans le livre. C'est-à-dire que dans l'ascenseur, sur le chemin du retour à sa chambre, il avait déjà compris l'essentiel du bouquin. "Le jour d'après, Guardiola décide d'aller voir River-Boca, au Monumental. C'est son ancien coéquipier chez les Dorados, Angel "Matute" Morales, qui lui dégotte une place. Pep se mêle à la foule, et dans la queue du stade, est mis à l'écart par des policiers. " La sécurité ne l'avait pas du tout reconnu, raconte Morales. Il s'est fait fouiller comme si c'était un vulgaire barra brava, mais n'a pas dit un mot, n'a pas protesté. " Son chemin le conduit ensuite auprès de César Luis Menotti, le coach champion du monde 1978 et ancien entraîneur de " son " Barça lors de la saison 1983-84. En vieux sage, Menotti accueille celui qui n'est encore qu'un jeune retraité du football. La rencontre a lieu dans un restaurant de Belgrano, entre fumée de cigarettes et relents de whisky : " Quand Pep est venu me voir, une chose le distinguait déjà des autres : il avait les idées claires. Il n'est pas venu comme d'autres qui voudraient que je leur indique le chemin à suivre comme si j'étais le Messie... Il savait déjà. Alors je lui ai dit : -Alors comme ça vous voulez être entraîneur ? Surtout n'hésitez pas, allez-y. Devenez entraîneur, de cette façon, les critiques seront mieux réparties, elles ne me seront plus uniquement destinées. "Guardiola est à la fois séduit et rassuré par le discours jusqu'au-boutiste du mentor de Maradona. Sa troisième et ultime rencontre va achever de le conforter dans son choix de se lancer. Maximo Paz, province de Santa Fe. Josep Guardiola a rendez-vous avec l'ermite du football argentin, le fou Marcelo Bielsa. Retiré du monde du football depuis 2004, Bielsa vit reclus chez lui et ne donne plus signe de vie. Guardiola obtient un rendez-vous grâce à Lorenzo Buenaventura, qui avait été son coach personnel en Italie (aujourd'hui préparateur physique du FC Barcelone) et qui avait été lui même l'adjoint de Luis Bonini, le bras droit historique de Bielsa. La fascination de Guardiola pour Bielsa date de la coupe du monde asiatique de 2002, durant laquelle Bielsa coachait l'Argentine. A l'époque, il avait déclaré : " Pour moi, l'équipe la plus intéressante du tournoi reste l'Argentine, même s'ils n'ont pas passé la première phase. Je crois qu'ils ont très bien joué, même si, on le sait, on vit dans un monde où si tu gagnes tu es bon, et si tu perds, tant pis si tu as essayé, peu importe que tu aies eu le ballon, que l'équipe ait été parfaitement organisée et que tu aies parié sur un 3-4-3 comme l'a fait Bielsa. Tu perds et on dit que c'est un fiasco. Moi, je le vois d'une autre façon. " Douze heures durant, autour d'un asado (BBQ argentin), les deux hommes discutent et visionnent des matchs, des phases de jeu, en débattent, se chamaillent, s'accordent, et recommencent. Un sujet, ou plutôt un homme, les unit plus que tout : c'est Louis Van Gaal. Le technicien hollandais est le seul Européen que Bielsa ait jamais cité en exemple : " Le modèle étranger qui me plaît le plus est celui de l'Ajax de Louis van Gaal, c'est-à-dire une équipe flexible pour composer ses lignes en fonction des exigences de l'adversaire au moment de la récupération de la balle. Moi, ce qui m'intéresse, c'est que l'équipe ait un projet de jeu propre et indépendant sur les phases offensives. L'Ajax réalisait en moyenne, j'ai calculé, 37 passes vers l'arrière. Le supporter voit ça comme un refus de jouer, mais indéniablement, cette passe vers l'arrière, c'est le début d'une nouvelle attaque. " Dans son livre sorti en 2001 Mi gente, mi futbol, Guardiola ne dit pas autre chose de son ancien entraîneur : " Peu d'équipes, parmi toutes celles que j'ai pu voir jouer, m'ont autant séduites que l'Ajax de Van Gaal. La facilité à créer le jeu de derrière, la rapidité des joueurs de côtés et leur façon de se passer le ballon. Dans les pieds, à travers les espaces. Cet Ajax pouvait résoudre de manière totalement fantastique tous les 'un contre un' qui peuvent exister dans un match. En attaque comme en défense. Ils assumaient tous les risques qu'une équipe peut prendre. Cet Ajax avait quelque chose qui m'étonnait, qui m'ébahissait, qui m'émerveillait. La discipline du positionnement. La possession de balle comme idée de base. Le jeu en appuis constant. Les mouvements à deux touches... Et ils faisaient tout ça d'une manière aussi simple que sublime. Ils étaient capables de faire à la perfection ce que je crois qu'une équipe de football doit toujours faire. L'Ajax de Van Gaal donnait des leçons de football à ceux qui connaissaient parfaitement le jeu. " Biberonné au football total de Johan Cruijff, Guardiola va surtout imprimer à merveille les préceptes de Bielsa : " Moi, je choisis d'occuper les côtés parce que c'est de ces endroits que proviennent la majorité des situations dangereuses. Le contraire signifie centraliser le jeu. N'importe quelle étude réalisée sur les buts concédés révèle que 50 % trouvent leur origine sur les côtés. Si un entraîneur veut une équipe qui prend le jeu à son compte, il doit positionner au minimum deux joueurs par secteur. Je ne place jamais mes joueurs avec l'idée d'attaquer en utilisant la contre-attaque. Pour moi, c'est avant tout la possession. Si on peut garder le ballon, pourquoi le rendre ? Je ne prépare jamais une équipe à attendre. Une grande équipe est celle qui n'est pas conditionnée par le rival. Ce qui est fondamental, c'est de bien occuper le terrain, avoir une équipe courte, qui ait sa ligne de défense et sa ligne d'attaque séparée de pas plus de 25 mètres, et qu'aucun défenseur ne soit occupé à marquer un adversaire qui n'existe pas. "Touché par la sincérité presque naïve de Guardiola, Bielsa lui demande : " Pourquoi, vous qui connaissez toute la saleté qui entoure le milieu du football, le haut degré de malhonnêteté de certaines personnes, vous tenez tant à y revenir et vous mettre à entraîner ? Vous aimez donc tant ce sang ? " Et Guardiola de répondre : " J'ai besoin de ce sang. "Dans les faits, l'entraîneur catalan va se servir d'une autre méthode propre à Bielsa, celle de ne rien donner à la presse. Muré dans son silence depuis plus d'une décennie, le coach argentin avait justifié de cette façon sa volonté de ne plus s'exprimer : " Pourquoi je devrais donner une interview à ce journaliste puissant et la refuser à un petit reporter de province ? Pourquoi je devrais me rendre à une émission qui fait ses meilleures audiences à chaque fois que je m'y rends et refuser d'aller dans cette petite radio locale ? Où est la logique ? Mon propre intérêt ? "Guardiola s'appropriera la formule et une fois devenu entraîneur du Barça, ne concédera plus d'interviews personnelles, ne se pliera qu'aux conférences de presse imposées par le club. De retour en Espagne, Pep est plus que jamais sûr de lui. Voici ce qu'il déclare à Marca, quelques jours après avoir quitté l'Argentine, le 22 octobre 2006 : " Pourquoi on ne pourrait pas avoir des entraîneurs qui prônent le beau jeu ? Moi, je discute avec beaucoup d'anciens entraîneurs, comment il est celui-là ? Comment il fait lui ? Mais il n'y a pas de recette magique. Dans l'histoire du football, on a gagné avec des styles très différents. Il faut faire les choses comme on les sent. Moi je crois que c'est à partir du ballon qu'on doit commencer à construire une équipe. " Josep Guardiola a 35 ans, des idées, mais il est toujours au chômage. " Son " club, pourtant champion d'Europe en titre, est en pleine implosion. Gagné par la suffisance, le Barça de Rijkaard est déjà en train de vivre ses ultimes heures de gloire. Txiki Begiristain, directeur sportif de Barcelone et bras droit de Joan Laporta, est vite sollicité par certains dirigeants, au courant des intentions de Guardiola. Begiristain décide alors, pour lancer dans le bain son ancien coéquipier, de lui confier la direction de la formation catalane et d'offrir à Luis Enrique le banc du Barça B. Déçu mais loyal envers son club de toujours, Pep accepte mais demande à Begiristain une dernière audience. " Pep m'a parlé, il m'a expliqué son envie d'entraîner, j'ai compris que c'était son moment ", raconte aujourd'hui l'ancien directeur sportif du Barça. Le 21 juin 2007, six mois après son voyage en Argentine, Guardiola est nommé officiellement entraîneur du Barça B, qui évolue en troisième division espagnole. Bourré de principes et de théories, Guardiola se confronte pour la première fois à la réalité de la vie de coach. Mis en garde par ses amis sur les difficultés des divisions inférieures et du football qui va avec, le technicien blaugrana doit d'abord se coltiner la sélection d'un groupe. Il n'a que quelques jours pour réduire un effectif de 50 à 23 joueurs et briser le rêve de jeunes footballeurs. Les premiers doutes se font sentir dès le premier match qui se solde par... une défaite. Guardiola s'accroche, construit une équipe où s'impose un certain Sergio Busquets au milieu de terrain et où, sur l'aile droite, Pedro Rodriguez offre son jeu tout en percussions. Deux mois après le début du championnat, Guardiola fait le point : " Etre entraîneur, c'est fascinant. C'est pour ça que les coachs ont tant de mal à arrêter. C'est une sensation d'excitation permanente, l'impression que le cerveau tourne à 100 à l'heure continuellement. Démarrer en troisième division fera de moi un meilleur entraîneur si un jour j'occupe un banc professionnel. Aujourd'hui, je suis meilleur qu'il y a deux mois. Je n'avais jamais été face à 25 types qui te regardent en espérant que tu dises quelque chose. Aujourd'hui je peux me planter face à eux en étant parfaitement tranquille. Avant, à la mi-temps, je ne savais même pas quoi leur dire. "Guardiola trouve les mots, son équipe remporte le championnat et le Barça B accède à la deuxième division. Au même moment, à l'étage au-dessus, Rijkaard vient de laisser échapper pour la deuxième fois d'affilée (au profit du Real Madrid) une Liga qui lui tendait pourtant les bras. Laporta vient de comprendre que le coach hollandais n'a plus aucune autorité sur un groupe dont les ego de Ronaldinho et Eto'o ont eu raison. S'orchestre alors dans les coulisses du Camp Nou une lutte de pouvoirs entre les différents conseillers du président. Laporta raconte : " Moi mon idée, c'était que Johan (Cruijff, ndlr) prenne l'équipe avec Pep comme adjoint et que la saison suivante, il soit le n°1. Johan ne m'a rien dit. Je le connais, je sais qu'il décide vite. Il a fini par me dire qu'il fallait prendre Pep directement. Txiki allait dans ce sens : - Guardiola est prêt pour être l'entraîneur de l'équipe première. J'ai alors proposé cette solution lors d'une réunion. Certains étaient pour, d'autres voulaient Mourinho. J'ai dit - Mourinho jamais, ce sera Pep. " Le 8 mai 2008, moins de deux ans après avoir passé ses diplômes d'entraîneur, Josep Guardiola est nommé sur le banc de l'équipe dont il fut le capitaine et le symbole pendant près de dix ans. Comme première mesure, il impose de se séparer des trois stars de l'équipe : Ronaldinho, Deco et Eto'o. Les deux premiers acceptent, le Camerounais gagne une saison de répit. Lors du premier entraînement, Pep s'adresse à ses joueurs : " Je ne vous promets pas que l'on va gagner le moindre titre. On va essayer. En revanche, attachez bien vos ceintures, parce que vous allez passer de sacrés bons moments ". Pep vient de devenir Guardiola. PAR ALEXANDRE GONZALEZ, AVEC JAVIER PRIETO SANTOS ET AQUILES FURLONE, À BUENOS AIRES -PHOTOS: IMAGE " Sa soif de débattre et de comprendre était inaltérable. Je savais quand commençaient nos discussions, jamais quand elles allaient se terminer. " Angel Cappa, ancien entraîneur de River Plate et Huracan" Quand Pep est venu me voir, il avait les idées claires. Il n'est pas venu comme d'autres qui voudraient que je leur indique le chemin à suivre comme si j'étais le Messie... " César Luis Menotti, ancien entraîneur du Barça et de l'Argentine" On vit dans un monde où si tu gagnes tu es bon et si tu perds, tant pis si tu as essayé, peu importe que tu aies eu le ballon, que l'équipe ait été parfaitement organisée. " Pep Guardiola