Le budget du Real Madrid s'élève à quelque 600 millions d'euros. Il est toujours le club le plus riche d'Europe. Ce montant est quasiment deux fois plus élevé que le budget total des seize clubs de D1A, qui tourne autour des 350 millions. Le gouffre qui nous sépare de l'élite absolue ne cesse de croître. On en est à un football à deux vitesses. Dans les grandes nations, nul ne semble encore se soucier de transferts de moins de 50 millions : ils font partie du quotidien. On a franchi les limites depuis longtemps, y compris au niveau salarial. Les entraîneurs qui ne reçoivent pas ce qu'ils veulent, comme José Mourinho à Manchester United, râlent et certains footballeurs se comportent de plus en plus...

Le budget du Real Madrid s'élève à quelque 600 millions d'euros. Il est toujours le club le plus riche d'Europe. Ce montant est quasiment deux fois plus élevé que le budget total des seize clubs de D1A, qui tourne autour des 350 millions. Le gouffre qui nous sépare de l'élite absolue ne cesse de croître. On en est à un football à deux vitesses. Dans les grandes nations, nul ne semble encore se soucier de transferts de moins de 50 millions : ils font partie du quotidien. On a franchi les limites depuis longtemps, y compris au niveau salarial. Les entraîneurs qui ne reçoivent pas ce qu'ils veulent, comme José Mourinho à Manchester United, râlent et certains footballeurs se comportent de plus en plus comme des pop stars qui se croient tout permis, à cause d'émoluments exorbitants. Le football est devenu un univers artificiel, surréaliste. On peut se demander où cette folie financière va s'achever. Chaque jour, on annonce et on conclut de nouveaux transferts. L'avalanche est incontrôlable. Au début du championnat, le football doit être au centre de l'intérêt. L'Angleterre et l'Italie l'ont compris. Elles clôturent la période des transferts les 9 et 17 août et pas le 31 comme dans les autres pays. Par exemple en Allemagne, où le Borussia Dortmund a fini par embaucher Axel Witsel. Reste à voir s'il convient au football rythmé du Borussia. Ce club de la Ruhr ne s'est jamais distingué par une construction patiente du jeu, surtout pas à domicile, où 80.000 spectateurs poussent l'équipe à l'attaque. Il y a aussi des différences énormes de budgets entre les clubs de division un belge. Anderlecht travaille avec un budget de 70 millions d'euros, soit 14 fois plus ( ! ) que Waasland-Beveren. Après 180 minutes de championnat, il semble que beaucoup de clubs n'ont pas achevé leurs devoirs. Ce n'est pas le cas d'Anderlecht, du Club Bruges, de Genk ni du Standard mais ailleurs, on assemble encore le puzzle. Le mercato fausse la compétition dans la mesure où une équipe peut être plus forte en septembre qu'en août : il empêche certains clubs d'avoir une bonne gestion. Gand, par exemple. Les Buffalos ne manquent pas d'intelligence ni de bagage footballistique mais ils emploient encore 37 joueurs. Ce n'est pas le signe d'une bonne stratégie. Pourtant, c'est ce qui lui a permis de remporter le titre en 2015. Anderlecht a manifestement une stratégie, lui. Il tire la carte de la jeunesse et a trouvé étonnamment vite de nouveaux automatismes. Ils demandent confirmation, bien sûr, de même qu'il ne faut pas porter trop vite aux nues le duo d'attaque Santini- Dimata. La semaine passée, l'héritage laissé à Ostende par Marc Coucke et les membres de l'écurie côtière qu'il a emmenés à Anderlecht ont fait du bruit. Coucke n'a pas que des amis à la Versluys Arena. Ostende s'est empressé de tout démentir, témoignant ainsi d'une grande loyauté envers son ancien président. Même si Anderlecht lui a encore pris son team manager, Johan Plancke, engagé quelques mois auparavant par Ostende. Il faut espérer que le nouveau président, Peter Callant, qui fait bonne impression, puisse concrétiser ses ambitieux projets. Toutefois, la reprise du club s'entoure encore de nombreux voiles. Callant parle d'un deal transparent avec Coucke et ne juge pas nécessaire de l'expliquer, estimant que ça n'apporterait rien. Mais ça alimente les spéculations, notamment sur l'augmentation de capital, et ces rumeurs ne cessent de s'amplifier. Ce qui n'est bon pour personne.