Préambule. Quand un pape de l'opinion footballistique émet un avis qui vous tape sur les nerfs, vous le trouvez tout de suite moins pape. Mais quand un autre avis de ce pape apporte de l'eau au moulin de vos convictions, vous ne vous faites pas faute de vous en servir. Je vous cite ainsi Guy Roux qui m'énerve parfois, mais qui m'a rempli de jubilation en déclarant ceci dans France-Football (26 septembre 2006) : " Seul l'agrandissement des buts peut augmenter la moyenne de buts par match ".
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Préambule. Quand un pape de l'opinion footballistique émet un avis qui vous tape sur les nerfs, vous le trouvez tout de suite moins pape. Mais quand un autre avis de ce pape apporte de l'eau au moulin de vos convictions, vous ne vous faites pas faute de vous en servir. Je vous cite ainsi Guy Roux qui m'énerve parfois, mais qui m'a rempli de jubilation en déclarant ceci dans France-Football (26 septembre 2006) : " Seul l'agrandissement des buts peut augmenter la moyenne de buts par match ". C'est clair, c'est net, c'est court, c'est vrai. Je n'en dirai pas plus là-dessus aujourd'hui, j'aurais l'impression de devenir gaga si je théorisais sur le sujet plus d'une fois tous les deux ans. Mais fallait que je vous cite le pape... Autre marotte, mais sur laquelle je n'ai plus gagatisé depuis longtemps, c'est la présence éventuelle d' homme(s) au(x) piquet(s) sur coups de coin. Mon impression basique, en examinant les buts inscrits sur corner, est celle-ci : il y a des tas de fois où le but aurait pu être évité s'il y avait eu un gars au poteau alors qu'il n'y en avait pas ! Je sais : un défenseur de moins à un poteau, ça fait un défenseur de plus dans le grand rectangle pour gêner l'adversaire et lui disputer le ballon aérien ! Je sais aussi : des tas de corners n'ont engendré aucun but alors qu'un seul défenseur occupait un seul piquet, précisément parce que le ballon aérien avait été dégagé avec succès ! Mais n'empêche, je reste mordicus partisan de ce qui demeure à mes yeux la sécurité la plus grande sur corner à subir : à savoir placer systématiquement un homme à chaque poteau ! C'est d'ailleurs le positionnement le plus fréquemment adopté, mais reste à constater qu'il en existe trois autres. 1 Soit je ne vois aucun défenseur à aucun des deux poteaux : là, c'est too much ! J'ai l'impression que le gardien est bouffi d'orgueil ou qu'il manque une case au coach, que c'est tenter le diable et défier dieu, que diable et dieu devraient toujours s'unir pour punir ces fous, en pétant le ballon au fond de leurs filets ! 2 Soit je vois un seul défenseur placé au premier piquet et cela me rappelle mon enfance, du temps où tout paraissait simple. Le gardien campait à hauteur du second piquet et plaçait son défenseur à l'autre : la logique d'alors voulant qu'il lui soit plus facile de démarrer vers l'avant sur un ballon court, que vers l'arrière ou à reculons sur un ballon qui le surmontait. 3 Soit enfin, et aujourd'hui de plus en plus, je vois un seul défenseur mais au second piquet, le gardien demeurant grosso modo dans l'axe de sa cage. Je comprenais moins ce choix inverse, jusqu'à ce que Mickaël Landreau avance une explication simplement statistique, dans France Football encore (3 octobre 2006) : " J'ai constaté que les équipes encaissent des buts au second poteau, alors que le gars placé au premier sort rarement la balle. Je préfère avoir deux joueurs aux poteaux, mais si l'entraîneur veut en gagner un, c'est au second poteau que je place l'autre ". Restons en l'air et chez les gardiens pour une question qui m'a surgi dans les rétines en novembre dernier, alors que j'étais tombé sur la retransmission de New England Revolution - Los Angeles Galaxy, 0-1 en finale du championnat nord-américain. J'y ai revu un geste dont j'avais presque oublié l'existence : en bondissant vers l'avant, le gardien des New England Matt Reis a boxé très loin le ballon d'un seul poing ! Et ça m'a davantage rappelé Jean Nicolay et Jean Trappeniers que les pratiques contemporaines ! Quand j'étais petit, les gardiens ne dégageaient jamais des DEUX poings, ceux de maintenant le font toujours ! Pourquoi cet extrémisme inverse, quelqu'un peut-il m'expliquer ? Autant j'admets que puissance et précision de frappe doivent être supérieures avec deux poings plutôt qu'avec un seul, autant me semblent encore exister des situations de jeu où boxer d'un seul poing serait préférable : simplement parce que, à l'instar de ce qui se passe sur les vrais rings, l'allonge par rapport à la cible à atteindre est supérieure en propulsant vers l'avant une seule des deux épaules ! Vous imagineriez un boxeur boxant toujours avec deux poings joints ?par bernard jeunejean