J orgeWilstonCurbelo, 22 ans, n'en est pas encore revenu : son but, inscrit dans les arrêts de jeu à Bochum alors qu'il était monté sur le terrain cinq minutes plus tôt, a propulsé le Standard dans les poules de la Coupe de l'UEFA. Jamais encore, il n'avait vécu une émotion pareille durant sa carrière. " J'ai ressenti une joie immense ", raconte-t-il. " Et le bonheur des gens qui m'entouraient a encore accentué ce sentiment. Il ne m'était encore jamais arrivé d'inscrire un but de cette importance. D'abord, je suis encore jeune et c'est ma première expérience en Europe. Ensuite, je suis un défenseur et je n'ai donc, forcément, pas l'habitude d'inscrire énormément de buts. Enfin, j'ai marqué du pied gauche alors que je suis... droitier. Les quelques fois où j'avais trouvé le chemin des filets, précédemment, c'était lorsque je montais sur corner et que je reprenais le ballon de la tête. Jeudi passé, mon entrée au jeu avait surtout pour but de permettre à... OguchiOnyewu de monter aux avant-postes. Finalement, c'est moi qui ai marqué. Si je peux raconter mon but ? Il résultait d'une phase très confuse. SergioConceiçao a centré de la gauche, un joueur allemand s'est complètement troué, le ballon m'est arrivé et j'ai tiré à travers une forêt de jambes. Je pense que le gardien de Bochum n'a pas vu le départ du ballon. Il s'est aperçu trop tard que celui-ci allait raser son poteau. Moi-même, je n'ai pas vu le ballon entrer. C'est lorsque j'ai vu l'explosion de joie de mes partenaires, et la détresse des Allemands, que j'ai compris que le Standard était qualifié. J'ai peu dormi, durant la nuit qui a suivi. Mais je veux bien connaître d'autres nuits blanches si c'est pour vivre des bonheurs pareils ".
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J orgeWilstonCurbelo, 22 ans, n'en est pas encore revenu : son but, inscrit dans les arrêts de jeu à Bochum alors qu'il était monté sur le terrain cinq minutes plus tôt, a propulsé le Standard dans les poules de la Coupe de l'UEFA. Jamais encore, il n'avait vécu une émotion pareille durant sa carrière. " J'ai ressenti une joie immense ", raconte-t-il. " Et le bonheur des gens qui m'entouraient a encore accentué ce sentiment. Il ne m'était encore jamais arrivé d'inscrire un but de cette importance. D'abord, je suis encore jeune et c'est ma première expérience en Europe. Ensuite, je suis un défenseur et je n'ai donc, forcément, pas l'habitude d'inscrire énormément de buts. Enfin, j'ai marqué du pied gauche alors que je suis... droitier. Les quelques fois où j'avais trouvé le chemin des filets, précédemment, c'était lorsque je montais sur corner et que je reprenais le ballon de la tête. Jeudi passé, mon entrée au jeu avait surtout pour but de permettre à... OguchiOnyewu de monter aux avant-postes. Finalement, c'est moi qui ai marqué. Si je peux raconter mon but ? Il résultait d'une phase très confuse. SergioConceiçao a centré de la gauche, un joueur allemand s'est complètement troué, le ballon m'est arrivé et j'ai tiré à travers une forêt de jambes. Je pense que le gardien de Bochum n'a pas vu le départ du ballon. Il s'est aperçu trop tard que celui-ci allait raser son poteau. Moi-même, je n'ai pas vu le ballon entrer. C'est lorsque j'ai vu l'explosion de joie de mes partenaires, et la détresse des Allemands, que j'ai compris que le Standard était qualifié. J'ai peu dormi, durant la nuit qui a suivi. Mais je veux bien connaître d'autres nuits blanches si c'est pour vivre des bonheurs pareils ". " Je suis presque aussi heureux que lui ", renchérit JuanRamon, 25 ans, son frère aîné. " C'est un grand moment qu'on a vécu à Bochum, mais je crois que la qualification était méritée. Le Standard a livré une très bonne prestation et s'était déjà crée plusieurs occasions très franches avant la délivrance. Ce fut une semaine faste pour la famille Curbelo. Quelques jours plus tôt, c'est moi-même qui avais inscrit le but du 0-1 à La Louvière. Il avait été diffusé le lundi à la télévision uruguayenne. Celui de mon frère, à Bochum, devrait aussi passer sur les écrans en Amérique du Sud, puisque la télévision de mon pays montre û parfois avec quelques jours de retard û tous les buts inscrits par des joueurs uruguayens à l'étranger. Avec cette participation aux poules de la Coupe de l'UEFA, on devrait encore davantage parler de nous en Uruguay ". Juan Ramon était déjà au Standard la saison dernière. Il était arrivé en janvier, dans la foulée de ses compatriotes FabianCarini et GonzaloSorondo. Longtemps, on a cru que les trois Uruguayens n'allaient jamais revenir. Le gardien, effectivement, est parti à l'Inter Milan où il ne joue pas, tandis que le défenseur central a été cédé à Crystal Palace. Mais Jota, comme on le surnomme, allait finalement reposer ses valises en bord de Meuse. " Si j'ai autant tardé avant de revenir au Standard, c'est parce que j'ai eu la possibilité d'obtenir un contrat à Sienne, en Italie ", explique-t-il. " J'ai préféré attendre, car lorsqu'on a l'occasion de jouer dans un plus grand championnat, on doit tout faire pour la saisir. Je ne crache pas du tout sur le championnat de Belgique, mais la Serie A c'est tout de même un niveau supérieur. Malheureusement, la transaction ne s'est pas réalisée car un joueur africain, qui était supposé quitter le club, est resté. Par conséquent, il n'y avait pas de place pour un extra communautaire supplémentaire. Par chance, le Standard était toujours intéressé par mes services et tout a été réglé en 24 heures. J'ai accepté de revenir avec grand plaisir, car c'est un très bon club et Liège est une ville agréable ". Juan Ramon n'est pas revenu seul à Sclessin. Dans ses bagages, il a emmené son jeune frère Jorge Wilston, surnommé Pato. " C'est DanielFonseca, notre demi-frère, qui a réalisé la transaction ", souligne Jota. " Mais lorsqu'on m'a demandé mon avis, j'ai évidemment donné une opinion favorable ". Aujourd'hui, grâce au but inscrit à Bochum, on peut déjà affirmer que Pato a remboursé le prix de son transfert. Juan Ramon et Jorge Wilston sont deux joueurs différents : le premier est un milieu de terrain polyvalent, le second est un défenseur central. " Jota est un joueur complet ", précise Pato. " Il bouge beaucoup, se démarque, demande le ballon, fait jouer les autres, marque des buts. Il est plus technique que moi : je me base plus sur mes qualités physiques. Lorsque je l'ai accompagné au Standard, il m'a donné de bons conseils et m'a expliqué, sur base de son expérience de la saison dernière, comment je devais jouer en Europe. C'est assez différent du jeu sud-américain, où l'on joue davantage sur sa technique et où l'on a davantage de temps pour contrôler son ballon. Au début, c'était un peu compliqué pour moi. Mais le staff technique m'aide beaucoup. Et le but que j'ai inscrit à Bochum va accroître ma confiance. De ce fait, mon intégration devrait s'effectuer plus rapidement ". " Mon frère ne devrait pas tarder à s'imposer ", estime Jota. " Pato est un défenseur rapide et costaud, qui aime monter. Il commence seulement à s'adapter au football belge. Il devrait encore s'améliorer lorsqu'il sera davantage familiarisé avec un football plus engagé et plus direct ". Si Juan Ramon a déjà connu de nombreux clubs (le Malaga uruguayen, Nacional, l'AS Rome sous l'aile protectrice de son demi-frère Daniel Fonseca, Danubio et Fenix Montevideo), Jorge Wilston s'était contenté de défendre les couleurs de Danubio jusqu'ici. Danubio, c'était aussi l'ancien club de Fabian Carini. " Mais je n'ai jamais joué avec lui : il est plus âgé que moi ". En débarquant au Standard, Pato découvre l'Europe. " J'ai été agréablement surpris en débarquant à Liège. C'est une ville calme et propre, qui me rappelle un peu Montevideo. Il ne manque que... la plage. L'équipe me plaît beaucoup également. Elle est ambitieuse, et je suis conscient qu'il ne me sera pas facile de gagner mes galons de titulaire. Oguchi Onyewu et IvicaDragutinovic sont d'excellents défenseurs centraux. Mais je travaillerai pour m'imposer et je patienterai le temps qu'il faudra. Cette première saison en Europe doit aussi me servir d'apprentissage avant, qui sait, de goûter à des championnats plus relevés. J'ai franchi un premier pas en venant en Belgique : j'ai mis les pieds en Europe. Je dois être reconnaissant au Standard de m'avoir ouvert une porte. Mais, à l'instar de mes compatriotes, je rêve d'évoluer un jour en Espagne, en Italie ou en Angleterre ". Juan Ramon, pour sa part, s'est replongé dans un championnat de Belgique qu'il connaissait déjà, ce qui est un avantage. " Lorsque j'avais débarqué, en janvier, je ne savais pas très bien où je mettais les pieds ", se souvient-il. " Aujourd'hui, je connais la manière dont on joue en Belgique et les adversaires qui me sont proposés chaque week-end ne sont plus des inconnus. Durant les quatre mois que j'ai passés ici la saison dernière, j'ai appris à jouer plus rapidement et plus physiquement. Je connais déjà la ville, ainsi que le club et... certains de mes équipiers. Pas tous, car il y a eu de nombreux changements. J'ai un peu l'impression de découvrir un... nouveau Standard. Difficile de dire si ce Standard-ci est plus fort ou moins fort que celui de la saison dernière. Je crois qu'il est simplement... différent. Les joueurs qui nous ont quittés, comme Fabian Carini, Gonzalo Sorondo, EmileMpenza, AlmamiMoreira ou RobertoBisconti, étaient tous d'excellents footballeurs. Mais ceux qui sont arrivés, comme VedranRunje, EricDeflandre, Oguchi Onyewu, PhilippeLéonard, Wamberto ou Sergio Conceiçao ne sont pas mal non plus. On doit simplement encore apprendre à se connaître et à jouer ensemble, tout en espérant qu'on sera à l'avenir davantage épargnés par les blessures. Certes, les points perdus en début de championnat seront difficilement récupérables. Mais, parallèlement, je constate que l'écart avec les équipes du haut du classement n'est pas insurmontable. Si l'on poursuit notre série de victoires, on devrait pouvoir refaire notre handicap. Quoi qu'il en soit, je me sens bien à Liège, et un autre avantage non négligeable par rapport à la saison dernière, c'est que toute ma famille m'a désormais accompagné. Au printemps dernier, mon épouse était restée en Uruguay car elle était sur le point d'accoucher. Notre petite Sofia est née en mai. Aujourd'hui, toute ma petite famille est réunie à Liège : mon épouse, ma petite fille et mon fils Daniel, cinq ans. C'est important de pouvoir bénéficier d'un soutien lorsqu'on traverse des moments difficiles ". Jorge Wilston, lui, n'a pas encore d'enfant et vit avec sa fiancée, près de la maison de son frère. Jorge Wilston et Juan Ramon ont déjà été appelés à six et sept reprises, respectivement, en équipe nationale, mais ne sont plus sélectionnés pour l'instant. " Il nous est même arrivé d'évoluer ensemble dans la Céleste ", précise Jota. " C'était un événement spécial. Mais la concurrence est rude en Uruguay. Il y a d'excellents joueurs, comme WalterPandiani, DiegoForlan, AlvaroRecoba, Montero ou Chevanton. Ce n'est pas facile de gagner sa place. Le sélectionneur a formé un groupe dont nous ne faisons plus partie. Comme l'Uruguay a disputé une très bonne Copa America, la confiance a été maintenue à ceux qui l'ont disputée. Mais nous ne désespérons pas de réintégrer, un jour, la sélection. Et cela passe, bien sûr, par de bonnes prestations en club ". Ces trop rares sélections en équipe nationale figurent, pour Jota, parmi les meilleurs souvenirs de sa carrière. " La qualification conquise jeudi passé à Bochum, dans les conditions que l'on connaît, occupera également une place de choix dans mes souvenirs ", rétorque Jota. " Elle me rappelle la joie que j'avais éprouvée, autrefois, lorsque j'avais participé à la qualification du Fenix pour la Copa Libertadores. Le Fenix est un tout petit club de Montevideo qui n'a pas l'habitude de disputer de telles épreuves internationales et la joie fut à la mesure de la surprise ". " Personnellement, la soirée de jeudi passé dépasse tout ce que j'avais connu jusqu'ici ", renchérit Pato. Daniel Devos" Si on poursuit notre série de victoires, on devrait REFAIRE NOTRE HANDICAP " (Juan Ramon, dit Jato) " Je suis reconnaissant au Standard de m'avoir OUVERT UNE PORTE " (Jorge Wilston, dit Pato)