Quand le Togo naturalise 13 Brésiliens pour tenter d'accéder à la phase finale de la CAN, personne ne l'ouvre en Europe ; quand le Qatar veut faire itou pour parvenir à la phase finale du Mondial, l'Europe hurle à l'esprit du jeu bafoué ! La différence est que les grosses fédés européennes se foutent de l'Afrique, de la CAN, et des petits pays en général tant que ceux-ci ne les emm... pas. Mais la simple perspective que le Qatar, minuscule mais friqué, puisse présenter un onze capable de faire tousser un gros poisson, là, ça chatouille aussi sec le sens moral européen !
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Quand le Togo naturalise 13 Brésiliens pour tenter d'accéder à la phase finale de la CAN, personne ne l'ouvre en Europe ; quand le Qatar veut faire itou pour parvenir à la phase finale du Mondial, l'Europe hurle à l'esprit du jeu bafoué ! La différence est que les grosses fédés européennes se foutent de l'Afrique, de la CAN, et des petits pays en général tant que ceux-ci ne les emm... pas. Mais la simple perspective que le Qatar, minuscule mais friqué, puisse présenter un onze capable de faire tousser un gros poisson, là, ça chatouille aussi sec le sens moral européen ! Que nos clubs pompent sans vergogne depuis des lustres dans le réservoir tiers-mondiste, c'est normal, voire généreux ! Mais que les petits, africains ou autres, retournent le processus pour tenter de tenir tête aux gros le temps d'une compète interpays, et c'est taxé chez nous d'offense à la Patrie ! Je ne vois pas grande différence entre chauvinisme de club ou d'équipe nationale, je dis donc : - Bof. Ce ramdam est la suite logique d'une évolution instiguée par nos clubs, puis nos teams nationaux. Car à l'origine, qu'est-ce que ton club, sinon l'équipe " nationale " de ton patelin ? Et qu'est-ce qu'une équipe nationale, sinon l'équipe d'un " patelin " beaucoup plus peuplé ? Ceci pour dire qu'au départ, il n'y avait pas de différence de nature, mais seulement d'échelle, entre une équipe de club et une équipe nationale. Jouant plus souvent, les clubs ont évolué d'abord : un club gagnait des points, des spectateurs, du pognon pour transférer et grandir encore. D'où les migrations : tu quittais ton patelin quand ton club devenait trop fort, ou quand tu devenais trop fort pour ton club. Le fric est entré dans la danse parce que le foot était spectacle, ça c'est appelé la professionnalisation. Puis, spectacle et fric ont franchi les frontières avec des compétitions européennes interclubs : dès ce moment, l'équipe nationale cessait d'être le faîte d'une pyramide unique ! En créant la Coupe d'Europe des Clubs Champions en 1955, ce gaffeur de Gabriel Hanot marginalisait de facto les compétitions internations. La Ligue des Champions est aujourd'hui le top au quotidien. Pour mieux en rêver, les pros ont réclamé le droit à un travail normal : pouvoir jouer n'importe où, changer n'importe quand. Au nom de l'éthique, les frontières ont été ouvertes et les nationalités reléguées au placard. Mais en même temps au sein de la même FIFA, les frontières doivent rester fermées et les nationalités demeurer carcan : au nom d'une éthique/bis ! Pour résumer, quand tu supportes l'équipe de ta ville, tu es un xénophobe si tu refuses qu'y figurent 11 joueurs qui ne sont pas de ta ville. Mais quand tu supportes l'équipe de ton pays, tu es un tricheur si tu acceptes qu'y figurent 11 joueurs qui ne sont pas de ton pays ! Au début, on jouait pour son pays de temps en temps et sans gagner de pognon, ça faisait un peu oasis de pureté. Le problème fut que ces joutes occasionnelles entre pays, le public en raffola comme d'un... dépaysement ! Le pognon s'amena donc là aussi, fallait plus rêver que l'oasis reste pure ! Première étape hier, les fédés ont magouillé avec le " droit du sol " : un mec s'amenait chez toi pour exercer temporairement son métier ( Josip Weber, BrankoStrupar...), il déclarait être tombé amoureux de la Flandre comme de la Wallonie, tu accusais de xénophobie ceux qui en doutaient, et tu harcelais tes potes ministres pour que le mec soit Belge dans les six mois. Deuxième étape aujourd'hui via PhilippeTroussier et d'autres, fin de l'hypocrisie et massification : et si on refuse à Ailton, par ailleurs salarié brésilien de Brême, de devenir Qatari le temps d'une pige à la demande même de l'Etat du Qatar, y'aura bien un LucMisson pour extirper une loi sur le droit au travail en tant qu'indépendant ! Certes, ça va doublonner bêtement avec les compétitions interclubs, et ça doublonnera jusqu'à ce que mort s'ensuive, mais est-ce moins moral en attendant ? Bof. En 1962, pragmatiques face à la montée du sport-business, les organisateurs du Tour de France ont aussi renoncé aux équipes nationales... par Bernard JeunejeanLes frontières ont été ouvertes pour les clubs. ET POUR LES éQUIPES NATIONALES ?