En guise de boutade, il avait lancé, un jour: "Je dois encore atteindre un dernier objectif: marquer en D1"! Olivier Berquemanne y est parvenu contre le Lierse, lors de son retour en équipe fanion, après une absence de cinq mois, mais il n'a pas l'intention d'arrêter pour autant. Au contraire, ce retour en fanfare, après une blessure très délicate, a accru sa faim de foot.
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En guise de boutade, il avait lancé, un jour: "Je dois encore atteindre un dernier objectif: marquer en D1"! Olivier Berquemanne y est parvenu contre le Lierse, lors de son retour en équipe fanion, après une absence de cinq mois, mais il n'a pas l'intention d'arrêter pour autant. Au contraire, ce retour en fanfare, après une blessure très délicate, a accru sa faim de foot.Le médian est le dernier des Mohicans, à l'Albert. Il est le seul rescapé d'un groupe resté longtemps intact. En D1, il combine sa profession de kiné avec le football. Discret, voire effacé, il ne cache pas qu'il éprouve moins de plaisir parmi l'élite qu'en D2 ou en D3 tout en restant viscéralement attaché à Mons, son club.Olivier Berquemanne: C'est un constat, pas une critique, car, pris dans le mouvement, j'espère continuer à y goûter. Mais ce n'est pas le monde de mon choix et je ne regrette pas de ne l'avoir pas abordé plus tôt. En fait, longtemps, nous avons formé:un groupe homogène de dix ou 15 joueurs auxquels se greffaient quelques nouveaux chaque année, mais ils étaient vite mis dans le bain. L'entraîneur s'imprégnait également de notre esprit. Maintenant, c'est moi qui ai dû m'adapter. Nous travaillions tous. Nous arrivions parfois vidés à l'entraînement de 17 heures et nous rigolions comme des fous. Nous étions des amis. Combiner votre profession avec le foot en D1 reste difficile?Le changement n'a pas été important, si ce n'est qu'à 33 ans, j'ai dû me faire à plusieurs entraînements par jour. Au bout de deux mois, ce régime ne constituait plus de problème. Thierry Pister connaissait la D1 et il nous y avait préparés. Il incluait beaucoup de concepts de D1 dans sa tactique, notamment.Vous évoquez Pister. Et Marc Grosjean?Il a le mérite d'avoir aligné d'anciens joueurs au détriment d'éléments plus réputés et il en est récompensé. Il a trouvé un bon mélange entre les joueurs du cru et les transferts réussis.D'emblée, vous avez été titulaire, mais Suray, blessé en début de saison, a ensuite profité de votre propre forfait. Vous avez remplacé Joly puis Suray. Qu'espérez-vous de la fin de la saison?J'ai prouvé contre le Lierse que j'avais retrouvé mes aptitudes et c'est l'essentiel à mes yeux. Je ne me formalise pas de mon statut actuel. D'autres ont joué à ma place et l'équipe a bien tourné. Vous savez, avant mon opération au dos, j'ai entendu tellement de choses sur les séquelles de cette intervention... Lorsque j'ai repris l'entraînement avec ballon, j'ai eu une appréhension mais le club s'est occupé de moi. Il ne m'a pas oublié ni laissé tomber. J'ai obtenu le feu vert médical le 15 février. Une semaine plus tard, j'ai demandé à jouer en Réserves. Il m'a fallu six semaines pour retrouver mes sensations. Pendant un mois, certains mouvements, comme rattraper un ballon en l'air, provoquaient une sensation d'étirement. Depuis quelques semaines, je me sens vraiment bien. Evidemment, je veux redevenir titulaire.Vous avez donc inscrit votre premier but en D1!Oui. Je n'avais pas eu une seule occasion durant les dix premiers matches mais cette fois, ça a marché. En D2, j'inscrivais cinq ou six buts chaque saison. Pendant trois ans, lors de la montée en D2 et pendant nos deux saisons à cet étage, sous Pister, j'ai évolué dans un registre plus offensif alors que maintenant, je dois couvrir Joly.Trois kilos de moinsCe sont deux joueurs différents! Actuellement, je surveille le placement des adversaires et j'évolue en fonction de mes coéquipiers. Offensivement, j'étais plus libre et c'était le pied mais je courais beaucoup. Je ne délaissais pas ma tâche défensive. D'ailleurs, j'avais trois kilos de moins que maintenant. Je m'amusais car j'allais là où se trouvait le ballon. Or, plus je le touche, mieux je me sens.Vous avez joué avec Joly et avec Suray. Votre rôle a changé.Ce sont des nuances. Joly évolue plutôt à droite, Suray à gauche, comme moi, mais ça va. Le Français dirige plutôt les mouvements offensifs alors que Suray joue dans mon registre. Je peux me permettre quelques incursions offensives quand il est là. C'est ainsi que j'ai marqué.Mons n'a plus rien à gagner ni à perdre mais n'achève pas le championnat en roue libre...C'est plus gai comme ça! Nous sommes délivrés d'une grande partie de notre stress. Contre le Lierse, nous avons offert un bon match à nos supporters, ce qui n'avait pas toujours été le cas contre les grands formats. Les entraînements sont plus détendus également. Nous nous laissons aller en restant sérieux. Aviez-vous espéré pareille réussite en début de saison?Non. Je suis d'un naturel pessimiste. Toutefois, après quatre ou cinq matches, grâce à nos bons résultats à domicile, j'ai été rassuré. Hormis le premier match à Beveren, qu'il faut considérer comme une sorte d'entraînement, car nous avions beaucoup de blessés et nous nous cherchions, nous n'avons jamais été ridicules. En voyant le niveau des autres, je suis devenu optimiste. Je n'ai pas craint de contrecoup non plus car Mons est jusqu'au-boutiste. C'est notre marque de fabrique. Par exemple, contre le Lierse, après une bonne première mi-temps, à 2-0, nous avons été acculés dans notre rectangle mais personne ne s'est découragé. Mieux même, tout le monde a travaillé. Même les attaquants sont revenus derrière alors qu'au début de la saison, ils ne l'auraient peut-être pas fait. Ils se sont imprégnés de notre mentalité. Evidemment, des gars comme Douai et De Vreese étaient là avant notre montée et relaient le message aussi.Le maintien étant assuré, le club peut planifier l'avenir. Vous êtes sous contrat jusqu'en 2004. Restez-vous? Certains ont déjà été avertis qu'ils devaient partir. Pas moi. J'espère donc rester mais je n'ai eu aucune confirmation. L'année dernière, la majorité des joueurs dont on ne voulait plus ont été avertis à la fin du tour final. J'espère pouvoir continuer à porter le maillot de Mons la saison prochaine et jouer car je m'amuse plus en match qu'à l'entraînement: là, j'arrive en courant, entre mes rendez-vous. Je n'ai pas eu de nouvelle mais je n'ai rien demandé non plus: ce n'est pas mon genre. Pascale Piérard"J'étais plus heureux en D2 "