Un monstre microscopique eut la très mauvaise idée de prendre pour gîte les intestins de Loris Lecomte, 16 mois, et perturbèrent le repos bien mérité que prenait la famille en Sardaigne. Le bébé et sa maman durent même rappliquer dare-dare en Belgique afin que l'enfant puisse être hospitalisé. Le papa pour sa part est rentré samedi soir.
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Un monstre microscopique eut la très mauvaise idée de prendre pour gîte les intestins de Loris Lecomte, 16 mois, et perturbèrent le repos bien mérité que prenait la famille en Sardaigne. Le bébé et sa maman durent même rappliquer dare-dare en Belgique afin que l'enfant puisse être hospitalisé. Le papa pour sa part est rentré samedi soir.Dimanche à midi, il respirait enfin: "Tout va bien, même si nous avons eu peur. Dommage, car pour la première fois depuis longtemps, j'étais parti l'esprit libre. Tranquille". Jean-François Lecomte aborde un nouveau tournant. En rejoignant La Louvière, il fait d'une pierre deux coups. Non seulement il reste un gardien actif, mais en outre, il accomplit un premier pas vers sa reconversion en devenant officiellement entraîneur spécifique.Jean-François, à 33 ans, vous débutez jeune dans une nouvelle profession. Pas de regrets?Aucun. Lorsque Charleroi m'a signifié que je ne faisais plus partie de ses plans, aucun club de l'élite n'est venu frapper à ma porte. Manifestement, personne ne s'intéressait à moi. En D2, le flou régnait. On a parlé de Visé, sans grande précision. Dès lors, j'ai estimé que l'offre de La Louvière constituait une réelle opportunité.Pas frustrant de devenir le numéro 3? Vous aviez encore quelques belles années devant vous.Peut-être. Physiquement, je pouvais sans le moindre problème tenir encore cinq saisons. Cependant, à un moment donné, il faut savoir faire montre de lucidité. En quatre championnats, je n'ai disputé qu'une trentaine de matches. L'enseignement qu'apportent les chiffres est éloquent. Les portes de l'élite se fermaient. Je devais me rendre à l'évidence.Que vous a-t-il manqué pour vraiment vous imposer?Je me le demande aussi! Je dirai un peu de chance au bon moment. Tant à Saint-Trond qu'à Charleroi, j'ai été titularisé lorsque l'équipe pataugeait. Pas l'idéal évidemment. Au plan technique, j'accusais des lacunes. N'ayant débuté entre les perches qu'à l'âge de 15 ans, je crois que de réelles fondations me faisaient défaut. Enfin, je ne suis pas arrivé à me défaire de l'étiquette de "deuxième". C'est terrible, vous savez. De vous, on a l'image d'un brave gars, doté d'une mentalité exemplaire, capable d'assurer un intérim. Rien d'autre! Dès lors, j'ai manqué de la confiance d'un entraîneur qui m'aurait réellement donné du crédit.C'est précisément au titre de second que vous étiez arrivé au Mambourg.J'étais prévenu, en effet. Logique d'ailleurs car Mrmic est un super pro. Sans doute le meilleur qu'il m'a été donné de côtoyer. Il avait le style de Ranko Stojic. Sobre. Bien placé. Sympa de surcroît. Nous ne pouvions pas discuter à cause de la barrière de la langue. Cela n'empêchait pas de se sentir bien ensemble. Sans les problèmes qui l'ont opposé à la direction du club, il serait devenu une star du championnat de Belgique. Dès que je l'ai vu à l'entraînement, je me suis dit que je n'avais aucune chance. Les événements m'ont donné tort.Là, vous auriez dû saisir votre destin.En théorie oui. Pas simple en pratique. A Charleroi, rien n'est facile.Pourquoi?Au FC Liégeois, j'ai connu la pire chose qui puisse arriver: la disparition d'un club. Pourtant, durant ces moments tragiques, le groupe s'est serré les coudes. Nous n'avons nullement baissé la tête. Nous restions concentrés sur un objectif global. Au Mambourg, je n'ai jamais senti cette ligne de conduite. J'ai assisté à des scènes totalement aberrantes. Robert Waseige avait créé un esprit de groupe. L'équipe du Sporting qui s'est hissée en finale de la Coupe de Belgique disposait des armes pour progresser. J'ai l'impression que par la suite, l'ouvrage s'est détricoté. Lorsque je me suis rendu compte que seulement trois ou quatre joueurs prenaient la peine de passer par leur salle après les matches, j'avais tout compris.N'y avait-il pas moyen de remédier à cet état de faits?Un événement a précipité le chaos au sein du groupe. Je parle de la grave blessure qui a obligé Philippe Albert à écourter sa carrière. Un grand monsieur, lui. On a peu fait allusion à sa présence positive lorsque nous devions cravacher pour nous sauver. Il se trouvait tout le temps à nos cotés. Nous encourageait. Nous conseillait. Philippe se comportait en vrai meneur. Un capitaine exemplaire que tous respectaient. Il n'hésitait pas à se mettre personnellement en difficulté vis-à-vis de l'entraîneur et du comité pour défendre l'ensemble. En très peu de temps, il a offert beaucoup au Sporting. Je ne suis pas certain qu'il a eu droit à une poignée de main pour le remercier.Vous êtes amer?Je me refuse à cracher dans la soupe car je suis quand même reconnaissant aux Zèbres de m'avoir sorti du noyau B de Saint-Trond où je croupissais. Cela étant, s'il fallait tout raconter, une édition spéciale de Foot Magazine n'y suffirait pas. Il y a des anecdotes que je ne divulguerai sous aucun prétexte. Cela fait partie de la popote interne d'un vestiaire. Par contre, je ne peux pas passer sous silence l'attitude de trop de mes équipiers. Certains se foutaient éperdument de leur travail. Ronald Foguenne et moi venions de Liège. Systématiquement, nous étions pourtant les premiers dans le vestiaire. Est-ce normal? A 9 heures 15, heure indiquée, nous avions revêtu notre équipement. Nous attendions. Certains arrivaient une demi-heure plus tard sans que cela entraîne de sanctions. A ce que je sache, un ouvrier qui doit pointer à 8 heures et qui le fait avec 5 minutes de retard est appelé chez son chef de service. Pas au Mambourg. Un gros incident vous a opposé à Enzo Scifo.On peut le dire. Il faut remettre l'histoire dans son contexte. Lorsqu'il est arrivé en tant que joueur, nous avons lié des liens extraordinaires. Nous formions un petit groupe dont il faisait partie. J'avais confiance en lui. L'affaire à laquelle vous faites allusion s'est produite après notre défaite face à Mouscron. Malgré le 1-3, j'avais joué un bon match. Au point d'être désigné "Protector de la semaine". Les jours qui ont suivi se sont déroulés normalement. Le vendredi soir, un ami qui est allé surfer sur le site Internet du Sporting m'a téléphoné pour me dire que je ne figurais pas dans le onze de base. Le lendemain, je me suis évidemment présenté au rendez-vous de 16 heures pour nous rendre à Lokeren. Enzo a fait sa théorie. Durant celle-ci, il m'a dit: -Maintenant, nous allons parler de ton cas. Simple: Olivier Renard endossait la vareuse de titulaire. J'étais nerveux mais poli pour lui poser deux questions: un, était-il normal que je sois le seul à ne pas être au courant? Deux, pourquoi? Il m'a répondu qu'il revenait à Gulyas de me prévenir. Quant au second volet, il ne l'a pas abordé. Je me suis levé. J'ai quitté la salle en claquant la porte. Je ne voulais pas que ma mauvaise humeur contamine les autres. Pour me calmer, j'ai pris place dans le car. Là, Scifo m'a viré en disant par la suite que je refusais d'aller sur le banc. Faux! Par après, nous avons renoué le dialogue. Malheureusement, le ressort était cassé. Arriva ensuite l'épisode tragicomique d'Alost.Durant les jours qui ont suivi cette rencontre, l'ambiance ressemblait à une chape de plomb. Je n'ai pas envie d'en dire davantage.Et vos relations avec Olivier Renard?Excellentes. Un bon copain. Il a de la chance d'appartenir à l'Udinese! Il pourra s'y refaire une santé. Retrouver ses moyens qui sont énormes. Olivier sera un tout bon. Il a toutes les qualités requises. Il ne lui manque que des planches ainsi qu'un peu de méchanceté. Ce qu'il a vécu cette année le fortifiera. Je ne comprends pas Charleroi. Gaspiller un tel talent, c'est fou.C'est l'entraîneur qui parle?Sans doute un peu, oui. Je me réjouis d'entrer en fonction. J'ai hâte de faire la connaissance de Daniel Leclercq. Ainsi que d'Ode Tidman et Sylvio Proto. Le Suédois n'a que 21 ans pour 18 à Proto, c'est une bonne chose. Devoir driver un gars de mon âge ou plus âgé aurait été délicat pour une entrée en matière. Ici, pas de problème. Je ne changerai pas ma manière d'aborder les garçons. Au RTFCL et à l'école de perfectionnement Foot 2000, j'ai abordé les catégories allant des Diablotins aux Scolaires. Il était temps que je passe aux adultes. Hormis le travail de base, je m'évertuerai prioritairement à peaufiner les points forts de chacun en essayant de gommer les défauts. Les rapports humains s'avèrent également essentiels. Ils apportent la sérénité. La confiance. Deux atouts déterminant pour le poste à pourvoir.Avez-vous définitivement tracé une croix sur votre carrière de joueur?Non! Imaginez un instant que Tidman se blesse au moment où l'équipe connaît un creux. Serait-ce rendre service à Proto de le plonger dans un bain brûlant? Le cas échéant, je préférerais prendre des risques plutôt que de lancer le gamin si les circonstances ne s'annoncent pas favorables.Comment s'est effectué votre passage chez les Loups?Je le dois à Benoît Thans. Il fait partie de mon cercle d'amis. Même lorsque je traversais de cruels moments à Charleroi, il est demeuré à mes cotés. Si j'ai surmonté les épreuves, je lui en suis redevable.Daniel Renard