Les difficultés du Calcio

La Juventus et Manchester United ont réalisé deux des exploits de la quatrième journée de la première phase de la Ligue des Champions. Cela a permis à deux attaquants de se distinguer : Zlatan Ibrahimovic et Ruud Van Nistelrooy. Malgré un résultat serré, le succès des Turinois en Bavière (0-1) est plus significatif que celui des Anglais face au Sparta Prague (4-1) qui distribua quelques cadeaux. Ruud Van Nistelrooy et Zlatan Ibrahimovic ont brillé de façon différente. L'exploit du grand Suédois vaut les quatre buts signés par le Hollandais. Il était difficile de tenter un passage en force entre deux défenseurs avant de tirer au but : Oliver Kahn ne put maîtriser la balle et Alessandro Del Piero en profita pour marqu...

La Juventus et Manchester United ont réalisé deux des exploits de la quatrième journée de la première phase de la Ligue des Champions. Cela a permis à deux attaquants de se distinguer : Zlatan Ibrahimovic et Ruud Van Nistelrooy. Malgré un résultat serré, le succès des Turinois en Bavière (0-1) est plus significatif que celui des Anglais face au Sparta Prague (4-1) qui distribua quelques cadeaux. Ruud Van Nistelrooy et Zlatan Ibrahimovic ont brillé de façon différente. L'exploit du grand Suédois vaut les quatre buts signés par le Hollandais. Il était difficile de tenter un passage en force entre deux défenseurs avant de tirer au but : Oliver Kahn ne put maîtriser la balle et Alessandro Del Piero en profita pour marquer. La paternité de ce but revient pour 50 % à Ibrahimovic. Tout était bouché, contrôlé dans tous les secteurs de jeu mais le Juventus est déjà habituée à jouer dans de telles conditions en Italie. Comme Van Nistelrooy, il a éclaté dans un championnat de moyenne envergure, en Hollande, où les attaquants jouissent d'une grande liberté. A mon avis, Ibrahimovic a choisi une voie plus difficile que celle de Van Nistelrooy. Ce dernier a certes opté pour un des plus grands clubs du monde, avec ce que cela représente comme stress, mais l'Angleterre, ce n'est pas l'Italie. Au jeu des comparaisons, Ruud Gullit et Marco van Basten sont supérieurs à Van Nistelrooy parce qu'ils ont survolé ce qui se fait de plus dur pour un attaquant : le Calcio. Thierry Henry s'est cherché en Italie avant de s'éclater en Angleterre. Van Nistelrooy est un grand finisseur mais on aurait tort d'estimer que le Suédois n'est qu'un pivot. Le joueur de la Juventus est aussi un attaquant rapide, superbe technicien et finisseur hors catégorie. Ibrahimovic a ma préférence. L'Olympique de Lyon s'est déjà offert un billet pour le tour suivant. Ce n'est pas qu'un exploit, c'est une confirmation dans le chef d'un club devenu une réalité solide dans le panorama européen. Jacques Santini avait livré du bon travail et Paul Le Guen continue sur cette lancée depuis trois ans. La stabilité est un des atouts de ce club bien géré sur le plan commercial. Lyon a maintenu son ossature et a su réaliser au fil des années de très bons transferts avec, en premier de cordée, il y a quelques années, un certain Sonny Anderson. Lyon entretient de bonnes relations au Brésil. Je rappelle que Juninho reste son maître à penser. Mais il y a d'autres Cariocas comme Cris ou Nilmar, auteur de deux buts à Fenerbahce. Ce constat m'amène à signaler que de nombreux joueurs brésiliens se distinguent en Ligue des Champions ou en Coupe de l'UEFA. Parmi eux, il y a de nombreux internationaux et d'autres qui ne tarderont pas à atteindre leur niveau. Dès à présent, vu ce foisonnement de joueurs talentueux, je ne vois pas qui pourra battre le Brésil lors de la prochaine phase finale de la Coupe du Monde en 2006. J'ai cru que Beveren avait une chance de gagner à Zagreb. C'était la crise au Dynamo, selon la presse. Quelle crise ? Si Beveren avait déjà été atomisé par Stuttgart, on avait quand même vu du jeu face aux Allemands. Cette fois, Beveren, pourtant réputé pour son capital technique, a été incapable de montrer quoi que ce soit face aux Croates. Le Dynamo est très fort. Collectif, technique individuelle, lecture du jeu : tout y était. Un autre joueur croate m'a impressionné : Ivan Klasnic du Werder Brême. Il a tout de suite tué les derniers espoirs mauves en Ligue des Champions. Il y a beaucoup de talents dans tous les pays de l'ex-Yougoslavie. A méditer avant Belgique-Serbie & Monténégro. Propos recueillis par Pierre Bilic