Avant l'apparition de l'euro, le président mouscronnois Jean-Pierre Detremmerie y était allé d'une déclaration inoubliable : " Notre but est d'avoir bientôt un budget d'un milliard de francs belges ". L'objectif des Hurlus était d'égaler Anderlecht à ce niveau. Le club était encore dans l'ascenseur, à l'époque, mais on ne peut plus en dire autant. Même si le grand projet du président-bourgmestre n'est pas resté totalement lettre morte...
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Avant l'apparition de l'euro, le président mouscronnois Jean-Pierre Detremmerie y était allé d'une déclaration inoubliable : " Notre but est d'avoir bientôt un budget d'un milliard de francs belges ". L'objectif des Hurlus était d'égaler Anderlecht à ce niveau. Le club était encore dans l'ascenseur, à l'époque, mais on ne peut plus en dire autant. Même si le grand projet du président-bourgmestre n'est pas resté totalement lettre morte... En dix années de D1, Mouscron est devenu l'une des équipes stables du championnat. Jugez-en plutôt : cette saison, même en traversant des épisodes très douloureux sur le plan des résultats, des finances et de l'éthique, le club a réussi à se serrer les coudes et a failli remporter la Coupe de Belgique. Daniel Devos a brossé le parcours en D1 des Hurlus durant la dernière décennie (p. 38) On y voyage à travers les anecdotes et on se retrouve, à l'orée de la onzième saison, avec un nouvel équipage enfin stabilisé qui a maintenant un solide bagage. Plus question de chasse au trésor, mais plutôt d'un ancrage local avec un budget qui devrait tourner autour de celui de la saison dernière : 6.000.000 d'euros. On est loin des 25 millions d'euros un jour projetés par Detrem' qui devait à ce moment mêler propagande électorale et vision sportive. Un cocktail enivrant mais gare aux gueules de bois... L'annonce de l'engagement de Johan Boskamp au Standard nous fait le même effet que la victoire du groupe finlandais de hard rock à l'Eurovision. C'est énorme, bouleversant, agressif et terriblement... sain. La direction des Rouches a placé sur son banc un monstre de football. Un instinct réel du jeu et un caractère de guerrier, c'est ça Boskamp. Quand des journalistes lui ont dit qu'il n'aurait pas des clients dans le vestiaire (on devait sûrement penser à Sergio Conceiçao et Jorge Costa...), il est parti d'un de ses éclats de rire titanesques en précisant " qu'il avait déjà collé plus d'un joueur au mur " dans sa carrière. Mais Jan Boskamp va parfaitement s'entendre avec les deux moteurs portugais. Costa va lui permettre de jouer haut et d'anticiper sur le jeu adverse en position défensive et Sergio d'orchestrer l'attaque. Boskamp était un médian venu de Feyenoord. Une grande gueule et un grand c£ur. Il faisait tout dans l'entrejeu du RWDM, surtout le sale boulot. Et quand ça frottait sur le terrain, il était toujours impliqué. Demandez à Juan Lozano ce qu'il en pense... Mais d'un autre côté, si Boskamp trouve le muscle important, il a toujours confirmé qu'il ne servait à rien sans cerveau. Joueur, s'il n'avait pas deux entraînements quotidiens, il s'imposait des longs footings pour compenser. Et après l'effort, il buvait du lait et parlait des heures et des heures des matches passés et à venir. Coach, il obtint un rendement maximal à Anderlecht où il remporta trois titres en mettant au point une des plus jolies attaques de l'histoire du football belge, le triangle Marc Degryse- Johnny Bosman- Luc Nilis. Quitte à exiger des internationaux Danny Boffin et Bruno Versavel de se sacrifier derrière eux. C'était une équipe solide et intelligente, il est vrai, et le talent de coach de Boskamp fut d'en tirer le meilleur. Y jouaient encore Filip De Wilde, Marc Emmers, Graeme Rutjes, Philippe Albert, Pär Zetterberg, Celestine Babayaro... Excusez du peu. Et feu Jean Dockx - son fidèle ami - était son adjoint. Aujourd'hui, le Standard lui convient parfaitement : " Je voudrais en refaire le Standard d'avant. Quand on devait y aller jouer, on savait que ce serait dur. On montait sur le terrain en chiant dans notre short ". Pas frais, mais clair : le vestiaire du Standard ne sera plus jamais calme. Soit il résonnera des gros rires d'un coach satisfait, soit de coups de gueule homériques. Aux joueurs à choisir ce qu'ils préfèrent. Et qu'ils sachent aussi que leur nouveau coach n'a pas de points faibles. Tout juste deux péchés mignons : les glaces et le cinéma. john baete