O tto Baric, est un très mauvais perdant. Sur le terrain, son équipe n'a pas su trouver la parade face à l'équipe bien organisée, et très solidaire dans tous les secteurs, d' Aimé Anthuenis. Le coach croate chargea l'arbitrage à fond en estimant que Graham Poll avait été pro-Diables Rouges. L'exclusion de Josip Simunic lui restait probablement en travers de la gorge. Et il s'avança en affirmant être sûr à 100 % que la Croatie battrait la Bulgarie le mois prochain à Zagreb, et arracherait la deuxième place du groupe et le droit de prendre part aux matches de barrage. Aimé Anthuenis balaya ces insinuations comme il se devait : " Baric peut être heureux que son équipe ne se soit pas retrouvée à neuf tant ses joueurs furent brutaux, surtout après le repos ".
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O tto Baric, est un très mauvais perdant. Sur le terrain, son équipe n'a pas su trouver la parade face à l'équipe bien organisée, et très solidaire dans tous les secteurs, d' Aimé Anthuenis. Le coach croate chargea l'arbitrage à fond en estimant que Graham Poll avait été pro-Diables Rouges. L'exclusion de Josip Simunic lui restait probablement en travers de la gorge. Et il s'avança en affirmant être sûr à 100 % que la Croatie battrait la Bulgarie le mois prochain à Zagreb, et arracherait la deuxième place du groupe et le droit de prendre part aux matches de barrage. Aimé Anthuenis balaya ces insinuations comme il se devait : " Baric peut être heureux que son équipe ne se soit pas retrouvée à neuf tant ses joueurs furent brutaux, surtout après le repos ". Cela étant dit, la Belgique a vaincu le début d'un signe indien. Elle restait sur trois mauvais matches face aux Croates : un match nul, deux défaites, cinq buts encaissés, aucun marqué. C'est désormais un souvenir. Aimé Anthuenis man£uvra très bien sur le long chemin menant à ce match. Il laissa les Croates s'installer dans leur certitude d'avoir une grande équipe. Pourtant, la Ligue des Champions étant la référence suprême, un regard sur la feuille d'arbitrage n'était pas inutile. Dans les équipes de départ, trois Croates ( Dario Simic du Milan AC, Robert Kovac du Bayern Munich, Ivica Mornar d'Anderlecht) seront présents sur la plus grande scène européenne contre sept Diables ( Eric Deflandre, Daniel Van Buyten, Timmy Simons, JelleVan Damme, Philippe Clement, Walter Baseggio, Wesley Sonck). Alors, pourquoi souffrir d'un quelconque complexe d'infériorité ? Raymond Goethals et Wilfried Van Moer avaient raison de souligner que la Croatie avait perdu de sa grandeur d'antan. Sur le plan technique, et pris individuellement, les Slaves ont des atouts que nous n'avons certes pas. Leur football est plus pensé ou léché que le nôtre mais un collectif, c'est aussi l'engagement, la volonté, le mental (à la hauteur après l'égalisation croate), le jusqu'au-boutisme, l'organisation à défaut de grandes envolées collectives, etc. Les Belges ont totalement inscrit leurs arguments dans ce contexte. Les Croates s'attendaient peut-être à rencontrer une équipe timorée et gênée par les problèmes de Mbo Mpenza. Aimé Anthuenis a bien utilisé cette carte. Mbo semblait indispensable et l'équipe belge s'alignerait quasiment sans aile droite en cas de forfait. Baric avoua que la présence ou pas de Mbo figurait au centre de ses préoccupations. En réalité, le coach fédéral belge devinait en son for intérieur que la perle noire de Mouscron, qui se soigna durant dix jours, s'entraîna individuellement mais jamais collectivement, ne jouerait pas. On ne lance pas un homme au feu suite uniquement à un bon échauffement d'avant match. Mais en le maintenant dans le groupe et dans l'attention générale, Aimé Anthuenis préservait Sandy Martens et surtout l'inexpérimenté Jonathan Walasiak. La presse ne s'intéressa qu'à Mbo. Sandy et Jonathan purent se préparer tranquillement. Anthuenis annonça sa décision finale au Rouche sur le coup de midi, le jour du match après un dernier test de Mbo. S'il l'avait fait plus tôt, la presse se serait jetée sur Wali. Et cela aurait été bonjour la pression. On le devina d'ailleurs déjà assez tendu lors de l'hymne national. Le Standardman entama le match de façon crispée avant de se relaxer, d'être à la base du deuxième but en s'infiltrant dans la défense croate, en simplifiant ses passes, en signant une belle transversale, en expédiant une fusée vers Stipe Pletikosa, en serrant bien vers Philippe Clement et en soutenant à plus d'une reprise Eric Deflandre. On ne pouvait en demander plus pour une première titularisation. La vision d'Aimé Anthuenis est de plus en plus en plus claire. Elle passe par un 4-4-2 souple, c'est connu. Derrière, Geert De Vlieger a sauvé deux balles très chaudes. Eric Deflandre fut bon à droite. Le duo Timmy Simons-Daniel Van Buyten est désormais indiscutable. La tour de l'OM a mis Ivica Olic, puis Dado Prso, dans sa poche. Du bon boulot avec un magnifique règne dans les airs et de solides sorties de mêlées. A part une erreur qui généra une occasion de but croate, Timmy Simons joua en patron et ses passes en profondeur, dans l'axe, étaient toujours précises. Jelle Van Damme a plu par son engagement, sa rage de vaincre, sa puissance : quel lion. Il imposa sa hargne alors que la deuxième mi-temps se transformait en champ de bataille. Van Damme se laissa emporter par son enthousiasme et fut parfois brouillon à la construction : c'est à mettre sur le compte de sa jeunesse. Philippe Clément et Walter Baseggio furent discrets. L'Anderlechtois aurait dû avoir un plus gros impact offensif. A sa décharge, on remarquera que la Croatie alignait cinq médians et qu'il n'était pas question de baisser la garde, surtout après le repos quand l'ambition fut d'abord de protéger le 2-1. Dans le principe de base d'Aimé Anthuenis, les flancs doivent alors prendre le relais, perforer ou servir les deux attaquants. Même si Bart Goor eut d'entrée de jeu une occasion cinq étoiles, ce ne fut pas toujours évident. Dès lors, Thomas Buffel fut amené à décrocher. Le joueur de Feyenoord y a perdu son latin, atterrit dans des zones où il ne devait pas se retrouver, s'époumona à récupérer des ballons qu'il avait perdus, fut bouffé tout cru par les ogres croates, ne fut pas d'une grande utilité à Sonck. Ce match de gladiateurs ne lui convenait pas du tout car il vit de beau football, pas de lutte gréco-romaine. Il ne faut pas du tout le condamner car son talent et sa jeunesse (22 ans) sont incontestables. Mais sur ce ring-là, on aurait aimé voir Cédric Roussel aux côtés de ce sacré Sonck (9 buts en 11 matches) qui, lui, est indispensable. Aimé Anthenis pense qu'il devrait changer tout son système en y introduisant le frappeur de Genk. Pourquoi ? Roussel serait un point d'appui, comme il sait le faire, Sonck décrocherait, tournerait autour de lui. Un Roussel dans le groupe, ce n'est pas une motion de censure à l'égard de Buffel, mais un atout de plus. L'équipe nationale d'Aimé Anthuenis a beaucoup progressé au fil de cette phase qualificative. Si la Bulgarie signe un miracle à Zagreb, Aimé Anthuenis se rendra-t-il en pèlerinage à Fatima, au Portugal ? Pierre Bilic