Quand Patrick Goots a signé pour le Great Old, en 1999, il a été suivi par une masse de supporters, qui accompagnaient depuis des années le citoyen de Dessel et se réunissaient au café De Koerel, le coeur de la vie sociale de la ville.
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Quand Patrick Goots a signé pour le Great Old, en 1999, il a été suivi par une masse de supporters, qui accompagnaient depuis des années le citoyen de Dessel et se réunissaient au café De Koerel, le coeur de la vie sociale de la ville. Christian, Gunter, Benny, Peter et Zjang sont entrés. Ils sont membres d'une équipe de café et sont aussi les amis de Patrick Goots. Rencontre. Christian: Je le connais depuis longtemps, grâce au football. Je le suis depuis Lommel. éa fait 15 ans. Patrick: Nous sortions souvent ensemble. Benny: Je viens d'Anvers et je connais Patrick grâce à son père. Maintenant, nous organisons les déplacements des supporters en car. Peter: J'ai connu Patrick à Dessel. Une seule fois, j'ai été titularisé en équipe fanion alors que Patrick y jouait. Je suis devenu un fervent supporter de l'Antwerp. Patrick: A la fin de la saison, je lui donne tous mes maillots, pour son living.Peter est un vrai. Zjang: J'ai joué avec Patrick à Turnhout. Avez-vous nourri des ambitions personnelles?Gunter: Je suis entré au jeu pour Dessel, à Lommel, qui alignait Leen et Haagdoren, mais je n'en ai pas touché une. J'ai passé mon temps à courir sans toucher un ballon. J'ai vite compris que le niveau était trop élevé pour moi. Je n'étais ni assez bon ni assez rapide et je n'ai pas de caractère. Patrick: Il avait du talent. Il était un des meilleurs mais il manquait de vitesse. Benny a été un bon arrière gauche à Tubantia. Peter a un bon shot. J'ai eu son père comme entraîneur ici, à Dessel, en Scolaires. Zjang n'était pas dépourvu de talent non plus. Alors qu'ils doivent travailler tous les jours, vous avez la belle vie. Le comprenez-vous?Patrick: Certainement. Je les respecte beaucoup. En football, on n'a pas beaucoup d'amis. Eux, ce sont mes potes. Christian : A dix heures, ce soir, je dois mettre mes machines en marche. Patrick: Mais nous devons aussi faire des sacrifices. Quand nous étions jeunes, ils sortaient mais je devais rentrer à 23h30. Paresseux?Gunter: C'est le meilleur avant de Belgique. Regardez ses buts. Avant, je le trouvais paresseux, je m'énervais,mais il était toujours bien placé et il les mettait. Maintenant, il travaille beaucoup. Patrick: C'est l'éternel reproche. Je pense que c'est dû à ma formation. Mes entraîneurs se sont focalisés sur les buts. Ce n'est qu'à Saint-Trond, en 96-97, que ça a changé, car le football a subi une mutation aussi. Jusqu'à ce moment, les consignes étaient claires: - Patrick, reste planté là, les autres font le boulot et tu n'as qu'à marquer. Quand vous y parvenez, on ne dit rien, mais si vous ratez pendant deux ou trois semaines, on vous traite de paresseux. J'ai changé. L'année dernière, j'ai reçu le trophée du joueur le plus méritant. L'Antwerp ne le donne pas au meilleur mais à celui qui a beaucoup travaillé. Parfois, je me dis que si j'avais consenti tous ces efforts il y a dix ans, je serais sans doute plus loin. Mais peut-être ma carrière serait-elle finie. J'ai 36 ans. Je serais peut-être brûlé alors que maintenant, j'ai encore des réserves. Je dois beaucoup à Regi Van Acker. Sous sa direction je suis devenu plus costaud. Gunter: Erwin Vandenbergh ne défendait pas non plus mais on le remarque plus fort chez Patrick. Patrick: Vandenbergh a joué pour des équipes qui gagnaient. Le gardien et l'avant sont plus sollicités dans des équipes qui luttent pour ne pas descendre. Mais je sais quelles erreurs j'ai commises. Que pensez-vous de sa carrière?Benny: Belle, avec de jolis buts. Ce qui lui manque, c'est un grand club. Gunter: Il a trop souvent lutté contre la relégation. Patrick: Beveren n'était pas un mauvais choix, en principe, mais il a laissé partir plusieurs joueurs. J'ai joué à Genk au mauvais moment. Si j'y étais arrivé trois ans plus tard... Il est difficile de planifier une carrière. Bosman est venu trop tard pour moi. J'aurais aimé jouer aux Pays-Bas: leur football me convient bien. Pensez-vous qu'il aurait pu évoluer dans un grand club?En choeur : Certainement. Zjang: Et il serait devenu international. Patrick: Si mon transfert a échoué, c'est la faute du manager. Je voulais signer, mais il m'en a empêché. Courtrai n'était pas encore sauvé et il craignait qu'on n'utilise ce transfert contre moi par la suite. Christian: Il suffisait de se taire. C'est innéPatrick: C'est inné. On peut l'entraîner mais il faut l'avoir dans le sang. Prenez ce ballon à Charleroi. Tout le monde en a parlé et il paraît que CNN et Eurosport l'ont montré, mais quand j'observe ma vidéo, j'en compte bien d'autres. Du gauche, du droit. Sans l'avoir appris, j'avais ce don dans ma jeunesse. Zjang: Tu te souviens des tests à Turnhout? Patrick: Le club avait acheté une machine en Amérique, pour mesurer la force de nos jambes. Le médecin s'est fâché, estimant que je me fichais de lui, tellement mon score était faible. Il est venu à l'entraînement, pour constater que ce n'était pas une question de force mais de jeu de jambes et de l'endroit où je frappais le ballon. Au fitness, je suis toujours le plus mauvais. Ce n'est pas non plus une question d'abdominaux car je n'en fais jamais. Quel est le meilleur avant de Belgique?Gunter: En production... ce gars-là. Il a inscrit deux fois plus de 30 buts en D2, sans oublier tous ses goals à l'étage supérieur. Alignez Sonck en D2 quand il aura 30 ans. Tiendra-t-il jusqu'à 37 ans? Le sommet, c'est que tous les jours, dans le journal, on lisait qu'un club cherchait un avant. Or, il y en avait un fameux en D2. Patrick: Chaque attaquant est différent. Sonck a été brillant l'année dernière, il l'est moins maintenant. Si je considère la période qui va du Nouvel An à maintenant, nous nous tenons de près. J'ai joué un an avec Seol. C'est un bon avant aussi. Mais on dépend beaucoup de son équipe. Quel genre d'entraîneur est Patrick?Benny: Il nous apprend beaucoup. Gunter: On s'entraîne beaucoup avec ballon, ce qui compte pour un joueur. Peter: C'est parfois trop dur. Christian: Nous ne formons qu'une équipe de café mais il prend ça au sérieux. Gunter: Pendant le match, il n'hésite pas à jurer. Patrick: J'y suis bien obligé. On nous attend au tournant parce que je suis connu. Nous devons en faire plus. Quand ça ne va pas comme je l'entends, ils en ramassent. éa a toujours été comme ça. Gunter: Il n'oblige pas les attaquants à travailler mais je le fais quand même. Zjang: Ce n'est pas vrai. Christian: Ceux qui ne sont pas dans le match peuvent s'en aller après deux ou trois fautes. Sur le terrain, nous ne sommes plus des camarades. Gunter: éa me serait difficile mais il parvient à séparer amitié et football. Benny: Certains n'ont pas bien accepté cette attitude. Utilisez-vous les exercices de D1 pour vos entraînements?Patrick: Je suis sans doute le joueur qui a eu le plus d'entraîneurs durant sa carrière. Chacun m'a apporté quelque chose. Il faut adapter les entraînements. Ces cinq gaillards sont doués, d'autres le sont nettement moins. Il est déjà arrivé qu'un exercice qui me semblait simple rate complètement. Gunter: Vous avez une semaine pour l'apprendre, nous, nous devons l'appliquer dès la première seconde. Patrick: Je connais des équipes du même niveau qui vont courir dans les dunes en début de saison. Ce n'est pas mon truc. Ils ont une journée de travail derrière eux, je ne peux pas les crever le jeudi. Peter: Tu n'aurais personne. Patrick: J'essaie de participer aux entraînements et je les motive encore plus. Parfois, je dis que j'en fais plus ici qu'à mes propres entraînements. Je suis peut-être déjà vieux mais je continue à adorer ça. J'aime m'entraîner. Il ne faut pas me donner un programme plus léger qu'aux autres, je ne le supporterais pas. Daerden et Wellens m'ont montré la voie à suivre: même en fin de carrière, ils ont continué à prester chaque semaine, simplement parce qu'ils aimaient leur sport. Je n'ai jamais été blessé, j'ai la silhouette idéale pour durer. Peter T'Kint"Il aurait dû être international"