Selon Jean-François Bourg, économiste français du sport, le Real Madrid n'a pas réalisé une mauvaise opération financière avec le transfert de Zidane. Il annonce même de nouveaux records en la matière : "D'un point de vue strictement moral, on peut être choqué par ce transfert, mais il a une vraie rationalité économique. On parlait déjà en avril 2001 d'une proposition de 3,7 milliards de la part de Newcastle pour Rivaldo. Je suis sûr que, dans quelques années, de jeunes joueurs comme Ronaldinho pourront dépasser ces montants. Dès l'année prochaine, on pourrait même voir des propositions atteindre 4,4 ou 4,9 m...

Selon Jean-François Bourg, économiste français du sport, le Real Madrid n'a pas réalisé une mauvaise opération financière avec le transfert de Zidane. Il annonce même de nouveaux records en la matière : "D'un point de vue strictement moral, on peut être choqué par ce transfert, mais il a une vraie rationalité économique. On parlait déjà en avril 2001 d'une proposition de 3,7 milliards de la part de Newcastle pour Rivaldo. Je suis sûr que, dans quelques années, de jeunes joueurs comme Ronaldinho pourront dépasser ces montants. Dès l'année prochaine, on pourrait même voir des propositions atteindre 4,4 ou 4,9 milliards pour un joueur qui exploserait au moment de la Coupe du Monde".L'investissement serait donc rentable?Jean-François Bourg: Oui. On a l'impression qu'il s'agit d'une somme folle, mais le montant avancé pour Zidane s'amortit sur plusieurs années de contrat, sans oublier que le club pense déjà au moment où il revendra le joueur et prend ses précautions avec des clauses libératoires. A l'heure où l'économie du foot se libéralise et où les recettes du pay per view et des produits dérivés se développent, l'image de la star est vraiment irremplaçable. Les footballeurs qui coûtent cher sont plutôt les joueurs moyens ou anonymes, qui n'ont aucun impact sur la vente des produits dérivés. La politique du Real ressemble tout de même à une fuite en avant...C'est vrai : le club doit prévoir sur plusieurs années le paiement du transfert de Zidane et engager son avenir sur des recettes futures. Cela n'est possible que parce qu'il n'y a pas de contrôle de gestion en Espagne. C'est là une anomalie qui témoigne des distorsions de concurrence en Europe et montre que l'avenir du modèle européen n'est pas du tout assuré. L'absence de contrôle de gestion, la nouvelle économie du foot et sa logique libérale font qu'en Europe la concurrence ne concerne qu'une vingtaine de clubs, qui ont les moyens de s'acheter les meilleurs joueurs.Les clubs espagnols sont-ils les plus dépensiers?L'absence de contrôle de gestion favorise les dépenses sans compter des clubs espagnols. Les pays latins, comme l'Espagne et l'Italie, sont plus laxistes, à la différence de l'Allemagne ou de la France par exemple. Cette situation n'est pas normale puisque ces clubs participent tous à la même compétition européenne, laquelle se retrouve faussée. L'UEFA doit donc mettre en place un contrôle de gestion et des règles, afin que les clubs ne puissent pas faire n'importe quoi, surtout quand ils sont endettés.Un salaire de plusieurs dizaines de millions mensuels, tel qu'il a été proposé à Zidane, pourrait donc être très vite dépassé?Les gains annuels de Zidane atteignent 514 millions de francs belges. C'est dérisoire par rapport à ce que gagnent Tiger Woods ou encore Michael Schumacher, qui a plus de trois cents produits griffés à son nom! La tendance dans le football est à l'individualisation de l'exploit mais la discipline reste sport collectif : les flux financiers circulent entre clubs. Outre-Atlantique, ce sont les sportifs qui récupèrent la manne financière, car il n'y a pas de transferts de club à club".