Une super-équipe avec trois et parfois quatre All Stars grassement payés, comme c'est désormais le cas aux Golden State Warriors : cela semble contradictoire avec l'esprit de la NBA, dont l'objectif a toujours été d'équilibrer les forces en présence afin de créer une véritable compétition.
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Une super-équipe avec trois et parfois quatre All Stars grassement payés, comme c'est désormais le cas aux Golden State Warriors : cela semble contradictoire avec l'esprit de la NBA, dont l'objectif a toujours été d'équilibrer les forces en présence afin de créer une véritable compétition. Pour y arriver, on a mis en place le système de la draft, qui permet aux équipes les plus faibles de la saison précédente de recruter les meilleurs joueurs universitaires, et le plafond salarial, qu'une franchise ne peut en principe pas dépasser, sous peine de fortes amendes. Depuis les accords de 2011 (qui sont déjà renégociés), la NBA a même augmenté la luxury tax de façon non pas linéaire mais progressive, et a même introduit une repeater tax encore plus lourde visant à sanctionner les clubs qui dépassent le salarycap pendant trois années d'affilée, dans le but précisément d'éviter ce genre de super-équipes. Cela n'a pas servi à grand-chose, car les riches propriétaires de clubs mettent joyeusement la main au portefeuille pour attirer (beaucoup) de grandes vedettes. Ainsi, le propriétaire des Cleveland Cavaliers, Dan Gilbert, a dépensé pas moins de 145 millions d'euros en salaires la saison dernière, dont 49 millions pour la taxe de luxe. Les Golden State Warriors ont, eux aussi, dû payer 13,5 millions d'euros d'amendes, un peu plus qu'Oklahoma. Pas étonnant qu'il s'agisse ici de trois des quatre finalistes de Conférences... Si les Warriors ont pu offrir un salaire annuel de 24 millions d'euros à Kevin Durant, c'est pour deux raisons. Primo : Stephen Curry dispose toujours d'un contrat inférieur, qu'il avait signé lorsqu'il était handicapé par des problèmes de cheville et n'était pas encore la superstar qu'il est aujourd'hui. Selon les termes de ce contrat - qui en est à sa dernière saison - il ne touche 'que' 11 millions d'euros annuels. Autant dire des cacahuètes en NBA. En outre, Klay Thompson et Draymond Green - les deux autres membres du Big Four - avaient également signé au préalable des contrats qui ne correspondent pas à leur valeur actuelle. Cet été, Golden State s'est également séparé de quelques gros contrats comme Andrew Bogut et Harrison Barnes. Il y avait donc de la place pour un nouveau gros salaire comme celui de Durant. Secundo : la hausse du plafond salarial de 77 millions à 103 millions d'euros (une augmentation de près de 34%), obtenue grâce au nouveau contrat télé que la NBA a conclu avec ESPN et Turner Sports, d'une valeur de 21,13 milliards d'euros pour neuf ans, soit 2,34 milliards par saison... C'est la raison pour laquelle Cleveland a également pu offrir à LeBron James un nouveau contrat de deux ans d'une valeur de 58,5 millions d'euros. Il devient ainsi le joueur le mieux payé. Mais tout est relatif : ces 58,5 millions ne représentent que le salaire, car si l'on y ajoute les contrats commerciaux, LBJ vaut beaucoup plus que cela. Malgré tout, les clubs ne peuvent offrir qu'un certain pourcentage de leur masse salariale globale à un seul joueur. Ces max contracts ont cependant été mis sur la table pour les négociations entre la NBA et l'association des joueurs, qui - ce n'est pas un hasard - est représentée par... James.