L'effondrement d'Anderlecht dimanche passé contre Courtrai devrait constituer un cas d'école pour psys du sport. Ils pourraient commencer par le discours officiel du club. Il y a trois mois, le président aurait bien vu - pourquoi pas ! - son club en finale de l'Europa League. Il y a trois semaines, par contre, il commence à se plaindre pour l'énième fois de la formule des play-offs 1 qui divise les points en deux. Comment les joueurs doivent-ils gérer leur état d'esprit dans ce toboggan émotionnel ?
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L'effondrement d'Anderlecht dimanche passé contre Courtrai devrait constituer un cas d'école pour psys du sport. Ils pourraient commencer par le discours officiel du club. Il y a trois mois, le président aurait bien vu - pourquoi pas ! - son club en finale de l'Europa League. Il y a trois semaines, par contre, il commence à se plaindre pour l'énième fois de la formule des play-offs 1 qui divise les points en deux. Comment les joueurs doivent-ils gérer leur état d'esprit dans ce toboggan émotionnel ? Et puis, où en est le lien entre le coach et ses élèves ? Dimanche, il était clair que le message ne passait pas. Le coach parla de non-exécution des directives. Ce n'est pas la première fois que cette explication est évoquée : la faute à une mauvaise communication tactique ou bien les joueurs craquent-ils complètement sous la pression du match qu'il faut absolument gagner ? J'aimerais qu'un psy explique pourquoi Anderlecht gagne ses matches contre les ténors du championnat dans la saison régulière tout en se traînant contre les soi-disant petits clubs. Et si l'on peut comparer un Courtrai qualifié pour les PO1 à un petit club... Mais ses joueurs, ont-ils vraiment envie de devenir champions ? Pas en les voyant dimanche. Ils " doivent " être champions selon leur club et leurs supporters mais en ressentent-ils l'intime exigence ? Où est cet inner drive qui vient du fin fond des tripes. Quand on veut terminer numberone, on ne s'en laisse quand même pas conter sur son propre terrain ! Toutes les interprétations sont possibles : enfants gâtés, envie de changer d'air, comptes en banque bien garnis, etc. Pas question de tirer sur une ambulance, mais on a affaire à une ambiance fin de cycle...alors que l'équipe a engagé le duo Jovanovic- Mbokani estimé hyper performant en début de saison. Vendredi, les Mauves pourront essayer de se rattraper à Sclessin dans un Clasico de vérité. Le Standard en a pris trois à Gand en montrant de jolies choses en attaque mais en jouant comme des ploucs derrière. Sans doute parce que José Riga change tellement souvent son équipe (et pas toujours quand il y est obligé) que ses éléments ne savent pas vraiment à quoi s'attendre de leurs coéquipiers. Au Standard, pas besoin de psy du sport mais plutôt d'un resserrage des priorités comme ça s'est passé au Club Bruges sous Christoph Daum. Et comme charité bien ordonnée commence par soi-même, c'est le coach qui doit d'abord tracer une ligne nette et s'auto-discipliner dans ses envies. Quand on change trop souvent d'avis, les consignes deviennent forcément floutées. A Bruges, la défense n'encaisse plus et il y a, devant, le trio Meunier- Akpala- Refaelov que son coach voudrait encore plus écarteler sur les ailes, soucieux d'inculquer de bons réflexes à des joueurs qui ne sont pas des ailiers de formation à défaut de posséder talent et a bonne volonté. Refa a d'ailleurs tellement ajouté de grinta dans son jeu qu'il a été non-professionnel et à la base du geste le plus horrible du week-end contre Logan Bailly. Il aurait dû être exclu et suspendu trois matches. Il n'y a pas que les attaquants à protéger... Mario Been a critiqué Daum pour son jeu fermé, mais Genk a eu des occasions grâce à un joli trio : Vossen- Benteke- De Bruyne. Que le Hollandais épargne sa salive : le Club est désormais capable de se créer suffisamment d'occasions de buts et de faire mieux que gagner un à zéro. Et Gand ! Même si elle ne regorge pas de talents, cette équipe possède une organisation superbe grâce à Trond Sollied. Quand on voit les faux pas des équipes de Riga et Jacobs, on doit bien constater que nos entraîneurs nationaux sont engagés dans un duel de prestige avec leurs collègues étrangers dans ces play-offs. On espère qu'ils sauront les relever. PAR JOHN BAETELes joueurs d'Anderlecht ont-ils vraiment envie d'être champions ?