"Un inconnu ne peut pas battre une star", commente Pierre Godfroid. Vice-champion de Belgique en 1988, notre compatriote n'a cessé de progresser depuis qu'il a atteint l'âge de prendre part aux tournois réservés à ce que l'on appelle les Juniors-Vétérans ou les Vétérans. Son heure de gloire, il l'a connue en 1997 lorsqu'à 40 ans, il devint champion du monde de sa catégorie.
...

"Un inconnu ne peut pas battre une star", commente Pierre Godfroid. Vice-champion de Belgique en 1988, notre compatriote n'a cessé de progresser depuis qu'il a atteint l'âge de prendre part aux tournois réservés à ce que l'on appelle les Juniors-Vétérans ou les Vétérans. Son heure de gloire, il l'a connue en 1997 lorsqu'à 40 ans, il devint champion du monde de sa catégorie. Encore vainqueur récemment du championnat de Belgique indoor, ce militaire à la pré-retraite, nous explique qu'il n'a jamais eu accès au lucratif Nuveen Tour : "D'une part, je le regrette mais, d'autre part, je le comprends aussi. Imaginez un peu que moi, un inconnu, je prenne la mesure de stars comme Borg, McEnroe ou Noah, cela ferait tâche dans l'organisation. Je ne dis pas que je battrais McEnroe mais Vilas, par exemple, est bien moins bon que la plupart de ceux qui disputent les championnats du monde". Comment expliquez-vous cette forme qui apparaît tardivement chez certains joueurs qui n'ont pas été des stars sur le circuit? "Le plus important vient de la motivation. Nous, à 30 ou 35 ans, on continue à avoir envie de progresser et, de fait, nous nous améliorons alors que les stars, elles, ont connu tout ce qu'il y avait de mieux et ne s'entraînent plus de la même façon". Le Tour n'est pas spécialement disputé par les meilleurs : "Prenez l'exemple de Mansour Bahrami qui est souvent en demi-finale ou en finale dans le Nuveen Tour. Eh bien, quand il dispute le championnat du monde, il ne va jamais en finale". Parfois, pourtant, certains joueurs moins connus sont invités... "Cela arrive, en effet. Mais ils ne sont pas autorisés à faire n'importe quoi. Récemment, à Londres, Jeremy Bates avait été convié et le tirage au sort avait voulu qu'il joue le premier tour contre McEnroe. Avant le match, l'organisateur lui a spécifié qu'il ne pouvait pas gagner. Et il a perdu 7-6 au troisième". Ce n'est pas frustrant d'être l'un des meilleurs du monde en 40 ans et de devoir se contenter de disputer des championnats où il n'y a pas d'argent? "Franchement, non! Je ne joue pas pour gagner de l'argent. Nous, ce que l'on nous offre parfois, ce sont nos chambres d'hôtel alors qu'au premier tour d'un tournoi du Tour, le joueur perçoit au minimum 10.000 dollars. Mais bon, à nouveau, je peux comprendre que les organisateurs préfèrent payer des McEnroe et des Vilas que des Godfroid".