Nous allons laisser retomber le Mondial, nous l'avons bien mérité: et je vous "conclusionnerai" un petit quelque chose là-dessus à tête bien reposée, lors de la nouvelle saison de Sport/Foot Magazine qui s'ouvre dans trois semaines. En attendant, je vous conseille trois films (parus en vidéo ou DVD) et deux livres à thématique évidemment sportive: et s'ils vous plaisent comme à moi, ça vous fera au moins cinq moments de farniente sportif durant cet été!
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Nous allons laisser retomber le Mondial, nous l'avons bien mérité: et je vous "conclusionnerai" un petit quelque chose là-dessus à tête bien reposée, lors de la nouvelle saison de Sport/Foot Magazine qui s'ouvre dans trois semaines. En attendant, je vous conseille trois films (parus en vidéo ou DVD) et deux livres à thématique évidemment sportive: et s'ils vous plaisent comme à moi, ça vous fera au moins cinq moments de farniente sportif durant cet été! Nanni Moretti, La chambre du fils, 2000. Le sujet n'est pas directement sportif puisqu'il traite, en dribblant joliment le mélo, de la douleur d'une famille suite à la mort accidentelle d'un fils. Mais, comme dans d'autres films (méconnus) de Moretti, l'action principale baigne dans un climat où le sport rôde en permanence, en sourdine, comme une petite musique accompagnant la quotidienneté des protagonistes. Ceux d'ici bavardent sur une piste d'athlétisme, jouent au basket, font de la plongée... ou leur jogging matinal comme Moretti lui-même, acteur dans son film, et dont la superbe foulée à l'économie en dit plus que de longs discours : Nanni Moretti est un cinéaste sportif dans son âme. Ernest Dickerson, Future Sport, 1998. C'est de la science-fiction sportive, l'action se déroule en l'an 2025. Les absolument bons d'un côté, les vraiment mauvais de l'autre, tout est prêt pour une caricature à l'américaine pavée de bonnes intentions, et de la présence de l'autre Wesley: pas notre Sonck, leur Snipes ! Le sport du futur est ici un mélange (hyper violent, l'eusses-tu cru ?) de skateboard et de foot américain dans un espace clos circulaire: ce qui fait immanquablement penser au légendaire Rollerball, tourné par Norman Jewison en 1975 avec James Caan. Je vous recommande de revoir Rollerball pour comparer, ... mais de ne regarder que celui-ci si vous manquez de temps pour les deux ! Car y'a pas photo entre les deux films : formellement moins speedé, celui d'hier va bien plus loin dans le scénario, et donc dans sa réflexion sur le sport. Khyentse Norbu, La coupe, 1999. C'est le premier film d'un réalisateur bouddhiste du Bhoutan, ...et les acteurs sont les moines d'un monastère au pied de l'Himalaya ! Pendant le précédent Mondial de foot en France, de jeunes moines font le mur pour aller suivre au village les retransmissions télévisées, ...et découvrez la suite ! C'est une comédie douce et zen sur l'universalité du football. Et c'est surtout pour nous, occidentaux gavés blasés de foot télévisé, une belle leçon d'enthousiasme humble pour notre sport favori. Stephen King, La petite fille qui aimait Tom Gordon, Alb. Michel, 2000. C'est un des derniers-nés du grand maître de l'angoisse, et c'est un livre d'angoisse avant d'être un livre de sport. Mais la petite fille, qui s'est perdue dans la forêt, est une fana de base-ball en même temps qu'une fan absolue de Tom Gordon, le lanceur des Red Sox... Suivez comment, dans son imaginaire de gamine, l'amour pour son sport et pour son idole vont l'aider à dominer l'épreuve et la trouille. Nick Hornby, Carton jaune, 1992, 10/18 Poche. Né en 1957 outre-Manche, Hornby est devenu écrivain à succès dès ce premier roman, autobiographique. Avec un humour aussi ravageur que britannique, il raconte qu'il est tombé dans la marmite des supporters d'Arsenal quand il était petit. éa ne l'a jamais quitté depuis, et tout ce qui lui est arrivé par ailleurs (amour, travail...) s'est toujours articulé autour de ce qu'il était d'abord et essentiellement: un inconditionnel des Gunners! En même temps qu'un commentaire socio-subjectif sur 25 années de foot anglais, c'est l'histoire d'un mec plus introspectif qu'intello auquel l'amour obsessionnel du foot a fait subir 1.000 tortures: mais qui sait parfaitement que, sans le foot, il en aurait subi 10.000 au minimum! Incontournable même si ce fut écrit voici dix ans, ...même si les Gunners ont donné à Hornby bien des bonheurs depuis lors!