Marc Wilmots dispose de deux mois pour méditer sur la piètre deuxième mi-temps des Diables Rouges en Israël, la semaine dernière. Sur l'énervement d'Eden Hazard lors de son remplacement, sur la manière dont le groupe a accueilli la seconde carte jaune d'un Vincent Kompany qui n'est plus intouchable, sur la nonchalance qu'affichent régulièrement les joueurs, etc...
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Marc Wilmots dispose de deux mois pour méditer sur la piètre deuxième mi-temps des Diables Rouges en Israël, la semaine dernière. Sur l'énervement d'Eden Hazard lors de son remplacement, sur la manière dont le groupe a accueilli la seconde carte jaune d'un Vincent Kompany qui n'est plus intouchable, sur la nonchalance qu'affichent régulièrement les joueurs, etc... Le stage prévu à Bordeaux début juin doit constituer la plateforme idéale pour remettre tous les nez dans la même direction. Passer deux semaines ensemble sera-t-il propice à ce recentrage ? Au Brésil, bon nombre de Diables Rouges ont été surpris par la monotonie des entraînements et le caractère répétitif des exercices. Un monde de différence avec ce qu'ils connaissent à l'étranger, sous la direction de grands entraîneurs. Marc Wilmots a balayé cet argument. Il estime que sur ce point, on ne peut comparer l'approche d'un sélectionneur avec celle d'un entraîneur de club. Il s'est armé de chiffres. Sous sa direction, l'équipe n'a été défaite qu'une seule fois. De fait, on ne peut l'ignorer. Wilmots a le mérite d'avoir, dès son entrée en fonction, rétabli l'esprit de groupe, balayé définitivement le clivage communautaire et poursuivi les travaux de restauration entrepris par Dick Advocaat. Le sélectionneur ne laisse pas poindre la moindre once de doute. Toutefois, il s'agit maintenant de faire progresser cette levée au bagage technique si raffiné. Et de se demander dans quelle mesure ça a été fait jusqu'à présent. Wilmots doit lui-même procéder à l'autoanalyse qu'il exige de ses footballeurs. Ce n'est pas une tâche facile. Car les entraîneurs et la critique, c'est quelque chose. Ils donnent l'impression de ne pas se regarder souvent dans la glace et ont énormément de mal à accepter la moindre remarque à propos de leur travail. Marc Wilmots est un des rares à l'ignorer. Beaucoup plus, par exemple, que Michel Preud'homme, qui met toute sa passion dans son boulot et estime que ceux qui le jugent ne connaissent pas toutes les facettes de son travail. Ça le pique et parfois, ça le prive même de sommeil. Pourtant, Preud'homme n'est pas de ces entraîneurs qui cherchent des excuses. Lundi, il a assisté à la pénible victoire du Club face au Standard. Lors de la conférence de presse qui a suivi, il s'est interrogé sur la mollesse avec laquelle ses joueurs avaient entamé la partie. Ce n'est pas la première fois. Ces dernières semaines, Preud'homme a rendu aux Bleu et Noir leurs anciennes valeurs mais lundi, ils n'ont pu poursuivre sur leur lancée. Le Club n'a pas trouvé de brèche face à un Standard bien organisé et s'est à peine créé une occasion. Il a limité la casse en s'emparant des trois points. Quant aux Rouches, ils vont faire davantage que de la figuration dans ces play-offs 1. L'équipe coulisse comme un harmonica et José Riga peut mêmese permettre de mettre Jelle Van Damme sur le banc. Par moments, Julien de Sart a joué avec une allure fantastique. Peu de joueurs dans ce pays possèdent une longue passe aussi précise. Après cette pause, on ne peut pas encore porter de jugement sur le rythme infernal de ces play-offs. Gand a achevé le championnat régulier sur un 26/30 et s'est joué de Courtrai dimanche. Il n'y a pas duo plus complémentaire que Laurent Depoitre et Moses Simon dans ce championnat. L'ancien avant d'Ostende a énormément évolué chez les Buffalos, ce qui souligne le professionnalisme de Hein Vanhaezebrouck. L'entraîneur sait qu'il ne doit pas brûler les étapes. Il faut aussi voir si ses hommes seront capables de résister, physiquement et mentalement. Anderlecht semble plus avancé. Il possède plus de joueurs capables de faire la différence individuellement. C'est ce qui lui a permis de s'emparer du titre ces trois dernières saisons et c'est comme ça que, lundi soir, il a écarté le Sporting Charleroi, avant ses déplacements au Standard et au Club Bruges. Sans développer un football brillant mais avec subtilité : une déviation de Dennis Praet, un centre au cordeau de Frank Acheampong et le sang-froid d'Aleksander Mitrovic. Le Serbe a encore montré comment il pouvait être une arme fatale : quand il est servi des flancs. PAR JACQUES SYSGand ne doit pas brûler les étapes.