Voici quinze jours, chacun s'enthousiasmait sur la domination exercée par le football espagnol sur le football européen. Cinq clubs en demi-finale, une possibilité réelle d'avoir deux finales à 100% espagnoles: les limites étaient sans cesse repoussées. Aujourd'hui, sera-t-on obligé de revoir ce jugement? La semaine dernière, les trois clubs espagnols encore engagés en Ligue des Champions jouaient en déplacement. Ils se sont tous...

Voici quinze jours, chacun s'enthousiasmait sur la domination exercée par le football espagnol sur le football européen. Cinq clubs en demi-finale, une possibilité réelle d'avoir deux finales à 100% espagnoles: les limites étaient sans cesse repoussées. Aujourd'hui, sera-t-on obligé de revoir ce jugement? La semaine dernière, les trois clubs espagnols encore engagés en Ligue des Champions jouaient en déplacement. Ils se sont tous inclinés. La Corogne a sombré à Leeds. Remonter à Riazor le handicap du 3-0 concédé à Elland Road relève quasiment de la mission impossible. La qualification demeure davantage à la portée de Valence (battu 2-1 à Arsenal) et surtout du Real Madrid (battu 3-2 à Galatasaray), mais elle est loin d'être acquise. Jeudi, les deux clubs espagnols encore engagés en Coupe de l'UEFA jouaient à domicile. Barcelone n'est pas parvenu à franchir la muraille blanche érigée par Liverpool et a dû se contenter d'un décevant 0-0. Finalement, c'est celui qu'on n'attendait pas qui se trouve le plus proche de la finale. Alavés a fait exploser Kaiserslautern: 5-1. Le match fut émaillé de penalties. Trois furent sifflés en faveur du club basque et un en faveur du club allemand. Le buts ont été inscrits par Contra (2), Jordi Cruyff, Ivan Alonso et Magno. Koch a sauvé l'honneur pour les visiteurs. Où s'arrêtera la belle aventure du petit club de Vitoria qui, il y a une bonne dizaine d'années, évoluait encore en D4? Les infrastructures ont du mal à suivre la progression sportive de l'équipe. Le petit stade de Mendizorroza offre à peine de la place à 20.000 spectateurs. Un petit stade à l'anglaise, avec le public très proche du terrain, où l'on est loin du gigantisme des grands stades espagnols. En coulisses, tout le travail administratif est fait par une poignée de personnes. Et puis, il y a l'entraîneur, Mané (José Manuel Esnal). Arrivé en 1997, il a bâti une équipe de guerriers avec des laissés pour compte ou des anciennes gloires sur le retour. Javi Moreno, dont plus personne ne voulait, est aujourd'hui le meilleur buteur du championnat. Alavés en est à sa première participation à une coupe européenne. Pour un coup d'essai, c'est un coup de maître. (D.Devos)