La plupart des sports sont " sans catégories ". Pourtant, en basket ou en volley, tu as plus de chances d'approcher le soleil si tu mesures plus d'1m90 que moins d'1m70 : et tu n'y peux rien si tu es petit, ce n'est manque ni de volonté ni d'épinards. En tennis, faut pas me faire croire que sa taille a avantagé Michaël Chang tout au long de sa carrière. En cyclisme, tu gagneras plus facilement le Tour si ton c£ur bat naturellement à 40 pulsations/minute depuis toujours, alors que d'autres atteignent déjà 80 rien qu'en dormant du sommeil des Justes. En course, un individu doté de davantage de fibres musculaires " rapides " sera plus explosif, même en s'entraînant moins, qu'un adversaire (moi, par exemple...) auquel père et mère (je ne leur en veux pas) n'ont refilé que des fibres " lentes ".
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La plupart des sports sont " sans catégories ". Pourtant, en basket ou en volley, tu as plus de chances d'approcher le soleil si tu mesures plus d'1m90 que moins d'1m70 : et tu n'y peux rien si tu es petit, ce n'est manque ni de volonté ni d'épinards. En tennis, faut pas me faire croire que sa taille a avantagé Michaël Chang tout au long de sa carrière. En cyclisme, tu gagneras plus facilement le Tour si ton c£ur bat naturellement à 40 pulsations/minute depuis toujours, alors que d'autres atteignent déjà 80 rien qu'en dormant du sommeil des Justes. En course, un individu doté de davantage de fibres musculaires " rapides " sera plus explosif, même en s'entraînant moins, qu'un adversaire (moi, par exemple...) auquel père et mère (je ne leur en veux pas) n'ont refilé que des fibres " lentes ". Bref, l'égalité au départ d'une compétition n'existe pas, parce que les différences physiologiques existent : le surcroît de motivation ou d'entraînement ne compense pas toujours, le plus fort est aussi le plus gâté par Dame Nature. C'est comme ça, et ça n'empêche pas le sport de compétition d'être excitant... N'empêche que, pour atténuer ces inégalités, d'autres sports (boxe, judo, haltérophilie...) ont un jour choisi d'instaurer des catégories. Et curieusement, ce furent alors surtout des catégories de poids : comme si les écarts en kilos étaient plus injustes que les écarts en centimètres, ou en atouts naturels moins visibles à l'£il nu ! Mais ça part d'une bonne intention : en haltérophilie davantage qu'en lancer du poids, tu as le droit de rêver d'être un king, voire d'en devenir un, même si tu es un gringalet ! Avec tes petites jambes, tu n'auras jamais la médaille d'or du saut en hauteur, mais tu peux devenir champion olympique de lutte ! Toutefois, le fait d'avoir " catégorisé " ces sports n'a pas accru leur popularité : l'inflation des catégories en atténue le charme. Le spectateur continue de vouloir " le " champion du genre, et de le désigner à sa manière : en s'intéressant davantage aux compétitions/poids lourds qu'aux compétitions/poids plumes... Donc, les fédés ont le choix entre des catégories physiologiques ou pas de catégories ? Presque. Car en fait, tous les sports sont organisés en au moins DEUX catégories, éminemment physiologiques,... et qu'on oublie tant elles sont dans nos m£urs : la catégorie des hommes et la catégorie des femmes ! On peut certes apercevoir des îlots de mixité, mais ceux-ci n'enlèvent rien au principe de la réglementation sexuelle : un double-mixte, c'est obligatoirement un gars et une fille de chaque côté du filet !... Globalement, quel que soit le sport, je n'ai jamais compris pourquoi les dames, féministes farouches incluses, cautionnaient paisiblement cette ségrégation entre sport mâle et sport femelle. Parce qu'il y a plus de pognon à la clé en restant entre filles ? Parce que c'est moins fatigant ( Juju and Co, par exemple, ne jouent jamais 5 sets) ? Parce qu'une promiscuité mixte (vestiaires, etc...) engendrerait des pulsions extra-sportives moralement inconcevables ? Parce que les machos de mecs préféreraient ne plus faire de sport que risquer la tatouille face à une gonzesse ?... Sans doute un peu à cause de tout ça sans trop le dire, mais au moins autant qu'à cause d'inégalités physiques liées au sexe : car 5 grandes basketteuses peuvent très bien rosser 5 basketteurs nains doués, car Marie-Jo Perec aura toujours plus de fibres rapides que Walter Baseggio, car Justine joue bien mieux qu'un B0 mâle du TC Géronsart... Pourtant, la compète gagnerait à être un peu plus " bi ", ça la rendrait plus fair-play, moins teigneuse. Et si j'étais une gonzesse, je râlerais sec de ne pas pouvoir matcher officiellement des gars si j'en ai envie : j'aimerais qu'on me laisse au moins le choix entre rester parmi mes copines, ou aller voir de l'autre côté du miroir ! Et surtout, surtout, si j'étais gonzesse de foot, je trouverais révoltant qu'on me tolère pour arbitrer ces messieurs, mais qu'on me décrète indésirable pour jouer avec : comme si je ne pouvais que faire le ménage des mecs... par Bernard JeunejeanLa compète gagnerait à être un peu plus " bi ", ça la rendrait plus fair-play, moins teigneuse