Top coaching : Vincente Del Bosque

Par rapport à la demi-finale, le coach avait choisi de relancer Fabregas en finale à la place de Negredo et donc d'évoluer sans véritable attaquant de pointe. Après s'être qualifiée par la petite porte contre le Portugal, la Roja a effectué un pressing constant et très haut contre l'Italie, surtout en première mi-temps, ne laissant aucun répit aux défenseurs centraux, Barzagli et Bonucci. De ce fait, le maître à jouer Pirlo a été étouffé et la Squadra n'a jamais pu développer le jeu présenté jusqu'ici. Les remplacements de Del Bosque furent également payants avec les buts dans le dernier quart d'heure des jokers Torres et Mata.
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Par rapport à la demi-finale, le coach avait choisi de relancer Fabregas en finale à la place de Negredo et donc d'évoluer sans véritable attaquant de pointe. Après s'être qualifiée par la petite porte contre le Portugal, la Roja a effectué un pressing constant et très haut contre l'Italie, surtout en première mi-temps, ne laissant aucun répit aux défenseurs centraux, Barzagli et Bonucci. De ce fait, le maître à jouer Pirlo a été étouffé et la Squadra n'a jamais pu développer le jeu présenté jusqu'ici. Les remplacements de Del Bosque furent également payants avec les buts dans le dernier quart d'heure des jokers Torres et Mata. En dehors des choix plutôt discutables de Löw contre l'Italie, la palme du mauvais coaching est revenue à Prandelli. Tout d'abord, il a sacrifié Balzaretti au back droit au bénéfice d' Abate, revenu de sa blessure à l'échauffement contre l'Allemagne. Balzaretti n'a pas eu beaucoup le temps de gamberger, le coach étant obligé de relancer un joueur déçu, après 20 minutes de jeu seulement suite à la blessure de Chiellini. Les montées de Di Natale à la place de Cassano (un joueur capable d'un éclair à tout moment !) à la mi-temps et celle, beaucoup plus surprenante, de Thiago Motta pour Montolivo à la 56e débouchèrent sur les 3 possibilités de changements effectuées à une bonne demi-heure de la fin. A peine le temps de noter sur mon carnet : " que fait-il s'il doit jouer les prolongations ou si un joueur se blesse ? " Patatras, blessure musculaire de Thiago Motta et 30 minutes à 10 contre 11, à 2-0, autant dire : match terminé ! Comme en quarts de finale, il y a eu très peu de danger devant les buts sur phases arrêtées. Ce sont finalement les Italiens, avec Pirlo comme frappeur, qui se sont montrés les plus dangereux sans pour autant être efficaces. Ils ont mis plusieurs fois le feu dans les parages de Casillas sur des corners du stratège de la Juve. Deux sorties approximatives du gardien du Real auraient pu mal tourner pour l'Espagne. Quant aux coups francs axiaux, ils ne présentèrent aucune véritable frayeur pour les équipes présentes dans le carré final. Excepté le penalty concédé en toute fin de match contre l'Allemagne et transformé par Özil, la Squadra Azzurra a géré tous les problèmes de coups francs et autres coups de coin avec énormément de maestria. La prise en charge individuelle des joueurs présents dans les 16 mètres avec tout ce que cela suppose comme ficelles du métier, le retour des 11 joueurs dans le grand rectangle et, le cas échéant, la substitution d'un Buffon à la chasse aux papillons par un Pirlo replié sur la ligne (à 0-0 contre l'Allemagne) sont les principaux éléments de l'efficacité transalpine. Torres, 15 minutes en deux matches pour un but et un assist. Même si après les deux demi-finales, l'Italie avait laissé la meilleure impression, on a retrouvé le niveau de 2010 de la Roja lors de la finale. Tout y était : patience pour déstabiliser le bloc de l'adversaire, jeu en un temps, participation offensive de toute l'équipe y compris les défenseurs principalement les latéraux, maîtrise technique et passes dans la profondeur au moment opportun pour mettre à mal une défense italienne dépassée par les évènements. Bref, du très grand art ! Pas de but encaissé en 210 minutes (1 sur les 570 minutes disputées lors du tournoi), les chiffres parlent d'eux-mêmes et font de l'équipe espagnole une machine de guerre (comme en 2010) dans le jeu en perte de balle. Et en plus, en finale, Del Bosque s'est appuyé sur un pressing haut digne du grand Ajax des années 70. Cette manière d'opérer s'est avérée d'une redoutable efficacité et a privé le maître à penser Pirlo d'une grande partie de son emprise sur le jeu des Transalpins. Ses décrochages assez bas étaient inutiles tant la pression des Xabi Alonso, Busquets et autre Xavi était quasi permanente. Et quand celle-ci était déficiente, Fabregas se chargeait de fermer la porte. La position bien rentrante de Silva et Iniesta a placé les Italiens dans un étau dont ils ne sont pas parvenus à se dépêtrer. Avec un 4 défensif très haut et parfaitement aligné et un gardien d'une concentration optimale, rien ne pouvait arriver aux Ibères dans les phases de plein jeu. Le deuxième de Balotelli contre l'Allemagne avec une frappe en pleine lucarne suite à un assist de 40 mètres de Montolivo. Celle décroisée de Silva pour ouvrir le score en finale. Cassano sur le premier but de Balotelli contre la Mannschaft : il mystifie Hummels avant de déposer le cuir, du pied gauche, sur la tête de son complice offensif. Fabregas qui fait joujou avec la défense italienne avant de centrer sur la tête de David Silva pour le 1-0. Cassano, à la 32ème minute de la finale, d'une frappe en force d'une bonne vingtaine de mètres, repoussée des poings par Casillas. Chiellini qui doit sortir après 20 minutes, sur blessure, lors d'une finale d'EURO. Casillas, auteur de deux sorties approximatives sans conséquence fâcheuse en finale. Jordi Alba, sur le deuxième but espagnol après une course remarquable de plus de 50 mètres sur une-deux quand il vient tromper Buffon. La Panenka de Ramos face au Portugal lors des tirs au but. David Silva et surtout, en finale, Fabregas. Bonucci qui met un coup de coude à son adversaire espagnol et qui se tient le visage alors qu'il n'a pas été touché, pour simuler le penalty. La montée de Di Natale en finale avec une belle tête après 50 secondes et un face à face remporté par Casillas après 7 minutes. A 0-0, face à l'Allemagne, Pirlo qui, pour une fois, était resté au premier piquet sur corner. Torres qui, sans un excès d'altruisme pour offrir le quatrième but à Mata, terminait seul meilleur buteur de l'EURO avec un temps de jeu très réduit. Pirlo et Balotelli n'ont pas confirmé en finale leur prestation face à l'Allemagne. Ronaldo a été un cran en dessous des deux matches précédents. L'équipe allemande en général et Hummels en particulier, qui, sans deux ou trois approximations face à l'Italie, aurait pu être le meilleur joueur du tournoi. Gardien : Casillas, sobre, invaincu et capitaine des champions d'Europe. Défense (de dr à g) - Boateng, un des rares Allemands à sortir la tête de l'eau face à l'Italie. - Pepe, le vrai patron de la défense portugaise. - Sergio Ramos, le défenseur du tournoi, très fort derrière et offensif. Cerise sur le gâteau : la Panenka aux tirs au but en demi. - Jordi Alba, la grande révélation du tournoi et peut-être, l'homme de la finale avec un but fantastique en prime. Entrejeu - Pirlo, bien qu'effacé en finale, l'homme de la victoire face aux Allemands. - Xabi Alonso, travailleur infatigable. - David Silva, débloqueur de la situation en finale. - Iniesta, moins percutant qu'en début de tournoi, d'une précision remarquable. Attaque - Balotelli, pour ses deux goals contre les Allemands. - Fabregas, fantastique en finale dans un rôle qui n'est pas le sien.