Le dernier match de Ligue des Champions d'Anderlecht se jouera mardi prochain au Betis... pour du beurre ou pour l'honneur. Les décisions sont tombées pour les deux clubs : les Andalous poursuivront leur aventure européenne en Coupe de l'UEFA, alors que le Sporting devra remiser ses ambitions à la saison prochaine.
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Le dernier match de Ligue des Champions d'Anderlecht se jouera mardi prochain au Betis... pour du beurre ou pour l'honneur. Les décisions sont tombées pour les deux clubs : les Andalous poursuivront leur aventure européenne en Coupe de l'UEFA, alors que le Sporting devra remiser ses ambitions à la saison prochaine. C'est un constat cruel pour le championnat de Belgique, mais on a l'impression que les 20 équipes de D1 espagnole sont hors d'atteinte... Même des équipes comme Osasuna et Getafe jouent actuellement les premiers rôles en Espagne. Et si l'on prend le classement à l'envers, on trouve des équipes comme Bilbao, l'Atletico Madrid, l'Espanyol Barcelone ou Majorque, encore finaliste de la Coupe des Coupes il y a six ans. D'ailleurs, il suffit de prendre le cas du Betis lui-même : s'il participe à la Ligue des Champions, c'est grâce à la 4e place conquise la saison dernière. Mais aujourd'hui, le club n'occupe plus que la 19e et avant-dernière position dans la Liga. Alors qu'il a battu Chelsea chez lui et partagé à Anfield Road contre le tenant de la C1, le Betis est en crise dans son championnat national. Il ne gagne plus, est privé pour plusieurs mois de son attaquant RicardoOliveira (souffrant d'une fracture interne du genou droit avec distension des ligaments, il sera opéré au Brésil par le Dr. Runco) et vient de perdre Dani (l'auteur de l'unique but contre Chelsea), blessé au genou gauche. Le Betis se retrouve donc sans attaquants. On parle de l'engagement de MircoVucinic, actuellement à Lecce... Et preuve que cela ne tourne pas très rond : à l'issue du derby face au FC Séville, il y a dix jours, l'entraîneur LorenzoSerraFerrer a pété les plombs. Battu 1-0 chez les voisins, il a donné un coup de pied à un délégué de l'équipe adverse et écopé d'une amende de 1.800 euros. Ce derby sévillan est l'un des rendez-vous les plus chauds du calendrier en Espagne. Lorsque le stade olympique a été construit, dans l'optique des Championnats du Monde d'athlétisme, on espérait que les deux clubs de football de la ville puissent se le partager mais c'était aussi utopique qu'espérer voir Liverpool et Everton se partager un éventuel nouveau stade ultramoderne sur les bords de la Mersey. Le Betis préfère évoluer dans son stade ManuelRuizdeLopera (du nom du président), qui possède une capacité de 56.500 spectateurs, alors que le FC Séville continue de se produire au stade Sanchez Pizjuan, situé en plein centre-ville au beau milieu d'un centre commercial, et dont la capacité est légèrement inférieure : 45.000 places. Si le FC Séville a fêté son centenaire cette année, le Betis le fêtera dans deux ans. Le club a été fondé en 1907. Cette saison, le Betis s'appuie sur un budget de 35 millions d'euros et compte 40.000 socios répartis entre 340 clubs de supporters. Le président Manuel Ruiz de Lopera est l'unique actionnaire. Il est l'un des promoteurs immobiliers les plus importants d'Andalousie. Entré dans le club comme administrateur délégué en 1992, il en est devenu le président en 1996. Depuis lors, il ne laisse personne indifférent. Qu'on l'aime ou pas, chacun doit reconnaître qu'il a connu davantage de réussite que tous les présidents précédents réunis. En 98 ans d'histoire, dont 85 sans l'apport de Lopera, le Betis n'avait conquis qu'un titre et une coupe. C'était en 1935, sous la direction d' AntonioMoreno, et en 1977, sous la direction de JoséNunezNaranjo. Lopera est devenu le troisième président ayant conquis un trophée : la Coupe du Roi, en juin dernier, face à Osasuna. Avant l'arrivée de Lopera, le Betis n'avait participé qu'en quatre occasions à une compétition européenne. Au cours des 13 dernières années, le club est monté sur la scène européenne à cinq reprises et est devenu, cette saison, le premier club andalou à participer à la Ligue des Champions. Au moment où Lopera est entré dans le conseil d'administration, en 1992, le Betis était au bord de la faillite. L'homme, seulement connu à l'époque de quelques personnes très proches du club, a puisé dans sa fortune personnelle pour racheter toutes les actions. L'unique, même. Si sa générosité suscite l'admiration unanime, il n'en va pas de même en ce qui concerne son caractère. Certains le traitent de paranoïaque. Il se méfie de tout le monde, gère ses affaires d'une main de fer et écarte irrémédiablement quiconque le contredit. Sur le plan sportif, le parcours de Lopera est étroitement lié à celui de Lorenzo Serra Ferrer. Les deux étapes bétiques de l'entraîneur originaire des îles Baléares coïncident avec les périodes fastes du club. Lorsqu'il quitta le Betis pour le FC Barcelone, en 2000-2001, l'équipe est descendue en D2. Le président apprécie cet homme de 52 ans habituellement discret, qui n'a pas besoin d'élever la voix pour se faire respecter dans le vestiaire. Il lui fait confiance, l'écoute et accepte ses conseils, ce qui est exceptionnel de la part de Lopera qui ne croit généralement qu'en lui-même. Quelles sont les qualités de Serra Ferrer ? " C'est un entraîneur sérieux et très travailleur ", affirme Edu, le médian offensif brésilien du club. " Il n'accepte jamais qu'un joueur se repose sur ses lauriers, il travaille beaucoup l'aspect mental. A raison : un sportif ne peut pas se relâcher, car la concurrence n'attend pas. Le Betis doit, en grande partie, son succès à Serra Ferrer. Lorsque les résultats ne suivent pas, on a tendance à pointer l'entraîneur du doigt, mais lorsqu'on gagne, il faut aussi savoir reconnaître les mérites d'un mentor ". DANIEL DEVOS