La saison des Grands Prix s'est achevée au Brésil. L'heure est au bilan et à la distribution des prix. On ne s'étonnera pas de retrouver le septuple champion du monde seul en haut du hit-parade...
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La saison des Grands Prix s'est achevée au Brésil. L'heure est au bilan et à la distribution des prix. On ne s'étonnera pas de retrouver le septuple champion du monde seul en haut du hit-parade... MICHAEL SCHUMACHER. Les chiffres, d'abord : le champion allemand a gagné 13 des 18 grands prix en 2004, il a fini deuxième à deux reprises et septième de l'ultime confrontation au Brésil, ne rentrant un bulletin blanc qu'à Monaco (accident) et Shangaï (une obscure 12e place). Avec un total de 83 victoires, il atomise la concurrence puisque son plus proche poursuivant est Alain Prost dont le compteur restera bloqué sur le chiffre 51. Parmi les pilotes toujours en activité, David Coulthard est le mieux loti mais, avec 13 succès, il fait bien pâle figure face au Meister. La remarque vaut aussi pour les titres mondiaux : couronné pour la septième fois, le natif de Kerpen creuse l'écart sur Juan-Manuel Fangio (5). Revenons à l'année écoulée pour constater que le bilan de Schumi, impressionnant dans les chiffres, l'est aussi dans la manière : ses adversaires n'ont que rarement été en mesure de contester sa suprématie et il a signé plusieurs courses parfaites, en menant du premier au dernier mètre souvent après avoir signé la pole aux essais (63 en tout, c'est le seul record qui lui échappe toujours au profit d' Ayrton Senna, 65). On notera seulement un léger fléchissement en fin de campagne puisqu'il s'est incliné en Belgique et en Italie, avant de connaître un week-end noir sur la nouvelle piste de Shangaï. Il a bien réagi au Japon mais a terminé sur une fausse note à Interlagos. Il est impossible de dissocier la Scuderia Ferrari û et particulièrement son trio magique Jean Todt- Ross Brawn- Rory Byrne û des succès de son chef de file. Dans quelque discipline sportive que ce soit, rarement une équipe a affiché une telle cohésion et une pareille constance dans la réussite. Une bonne part du mérite en revient à Jean Todt, éternel insatisfait, qui maintient la pression sur ses troupes du premier au dernier jour de l'année. Enfin, on ne peut passer sous silence la part prise par Bridgestone dans la conquête de ce titre. Schumacher-Ferrari-Bridgestone, pas besoin de chercher plus loin les grandissimes favoris du championnat 2005 ! RUBENS BARRICHELLO. Pas facile de vivre dans l'ombre de Michael Schumacher ! Le petit Brésilien a relevé le défi mais sans parvenir à bousculer la hiérarchie, sauf en Italie et en Chine. Il a joué le rôle qu'on attend d'un équipier mais il s'est fait plus de tort que de bien en se proclamant aussi performant que son leader. Très rapide, Rubinho peut aussi passer totalement à côté de son sujet, notamment aux essais, ce qui lui impose des remontées toujours délicates au milieu du peloton. JENSON BUTTON. Sa médaille de bronze n'est pas usurpée tant le play-boy anglais s'est montré convaincant durant toute la saison. En 2003, il avait pris l'ascendant sur Jacques Villeneuve. Il a continué sur sa lancée et entraîné le team BAR-Honda vers le premier peloton. Dix podiums et quatre deuxièmes places, il n'a manqué qu'une victoire pour que la fête soit complète. Après avoir affirmé qu'il piloterait une Williams-BMW en 2005, il s'est rangé au verdict du bureau de reconnaissance des contrats et repart pour un tour avec BAR-Honda. KIMI RAIKKONEN. Même s'il n'apparaît qu'au septième rang du championnat, le Finlandais a prouvé en quelques occasions qu'il était de taille à évoluer au niveau de Schumacher. Sa victoire à Spa fut superbe et il semblait parti pour une prestation haut de gamme à Hockenheim avant la défaillance spectaculaire de l'aileron arrière de sa McLaren-Mercedes. Iceman n'a marqué qu'un seul petit point sur les sept premiers GP, tant qu'il a dû piloter une monoplace ratée. L'arrivée de la McLaren MP4/19B lui a permis de retrouver un rang digne de son talent. Trop tard, cependant, pour jouer un rôle dans la course aux places d'honneur. JARNO TRULLI. L'Italien peut se vanter d'être l'un des trois seuls pilotes à avoir fait trébucher Ferrari. C'était à Monaco, durant une période où tout semblait réussir au pilote Renault. Puis le ressort a cassé et Flavio Briatore, le directeur de Renault F1, n'a rien fait pour remettre son compatriote en confiance, au contraire. Toujours est-il qu'à part la pole à Francorchamps, Trulli n'a plus brillé après le GP de France où il avait perdu la troisième place face à Barrichello dans le dernier virage. Passé chez Toyota, il a montré un net regain de forme au Japon. FERNANDO ALONSO. S'il n'a pas démérité, le chouchou de la maison Renault n'est pas parvenu à transcender son team. Rapide, teigneux, tenace, le jeune Espagnol a marqué le pas au moment où la marque française comptait sur lui, quand la deuxième place au championnat des constructeurs s'éloignait au profit de BAR-Honda. Sa pointe de vitesse n'est pas en cause. Peut-être lui a-t-il manqué l'expérience indispensable pour endosser le costume d'un véritable leader. TAKUMA SATO. Révélation de la saison, le Japonais a prouvé qu'il n'a pas hérité de ce volant chez BAR uniquement grâce à l'appui de Honda. Spectaculaire, agressif, risque-tout, il a souvent dynamité le peloton... et amusé les téléspectateurs par des man£uvres osées. Victime d'une épidémie de casses moteur, il a signé une seconde partie de saison très convaincante. JUAN PABLO MONTOYA. Présenté comme un challenger redoutable pour Schumacher, le Colombien semblait perdre sa motivation au fil des courses et il a déçu ses partisans... jusqu'au dernier GP. Mais à Interlagos, il a sauvé sa saison en l'emportant de maîtresse façon devant son futur équipier. Ce succès va lui doper le moral au moment de quitter Williams-BMW pour rejoindre les rangs de McLaren-Mercedes. RALF SCHUMACHER. Monsieur frère a passé une année secouée, au propre comme au figuré. Victime d'un crash très violent à Indianapolis, il a loupé six rendez-vous et n'est revenu aux affaires que pour les trois dernières courses, le temps de rassurer les dirigeants de Toyota dont il défendra le pavillon dès 2005. Durant son passage chez Williams-BMW, Ralf n'est pas parvenu à y fédérer les envies, perdant du temps et de l'énergie dans de futiles querelles avec son équipier Juan-Pablo Montoya. Irrégulier, capable du meilleur comme du pire, il doit mûrir s'il veut sortir de l'ombre de Michael. GIANCARLO FISICHELLA. La patience du petit Italien sera récompensée en 2005 puisqu'il portera les couleurs d'un grand constructeur, Renault. Cette promotion apparaît méritée au vu d'une campagne menée tambour battant sur une Sauber de plus en plus étonnante au fil des courses. Redoutable dans des conditions difficiles, sous la pluie notamment, Fisico a fini dans les points à neuf reprises. MARK WEBBER. Victime du naufrage de Jaguar, l'Australien n'a jamais perdu la foi. Et pour cause. Il savait que plusieurs écuries de pointe se tenaient prêtes à l'accueillir. C'est finalement Williams-BMW qui a enlevé le morceau. N'ayant marqué que sept malheureuses unités cette année au volant d'une monoplace ratée, il a appris à travailler dans des conditions difficiles. Cette expérience lui sera profitable dans son nouvel environnement où il n'est pas toujours évident de trouver ses marques. En effet, les relations humaines ne sont pas la tasse de thé de Frank Williams et de son compère Patrick Head... ANTHONY DAVIDSON. Ne cherchez pas son nom dans les résultats des GP, vous ne l'y trouverez pas. Numéro 3 chez BAR-Honda, le jeune Anglais devait se contenter de montrer son savoir-faire lors des essais libres du vendredi matin. Mais à chaque occasion, il a signé des chronos explosifs, souvent meilleurs que ceux de ses leaders. Certes, il disposait d'une voiture adaptée à ce genre d'exercices. N'empêche, il a impressionné et son nom figure en bonne place sur la liste de plusieurs team managers. DAVID COULTHARD. Comme son chef de file, l'Ecossais n'a fait que de la figuration tant qu'il a piloté la McLaren MP4/19 première version. Le lancement de la nouvelle voiture a amélioré les choses mais DC n'est pas parvenu à se hisser aux premières loges. FELIPE MASSA. Dans un bon jour, le petit Brésilien peut se battre avec les meilleurs. Mais il se rend parfois coupable de grosses fautes et se retrouve souvent impliqué dans des embrouilles pas claires au sein du peloton. BAS LEINDERS. L'autre troisième pilote qui mériterait meilleur sort ! Après une entrée en matière discrète, notre compatriote a progressivement pris ses marques chez Minardi au point de précéder fréquemment les deux titulaires lors des essais libres du vendredi, les seuls auxquels il était convié. Pourtant, il disposait d'une monoplace fatiguée et devait tester diverses solutions techniques. Bas s'en est bien sorti, au point que son nom est cité comme essayeur dans de grands teams. Une opportunité financièrement intéressante, mais le seul Belge en F1 rêve de prendre place sur la grille de départ. ANTONIO PIZZONIA. Appelé à succéder à Marc Gene comme remplaçant de Ralf Schumacher, Jungle Boy ne s'est pas mal tiré d'affaire en terminant à trois reprises dans les points. Difficile de voir en lui un futur grand, le rôle de réserviste de luxe lui sied à merveille. Malheureusement, il ne veut pas s'en contenter. OLIVIER PANIS. Le Français espérait amener Toyota juste derrière les quatre grands, c'est loupé. Son expérience ne lui a pas permis de masquer les lacunes d'un mauvais châssis. Il a tiré sa révérence mais reste essayeur. CRISTIANO DA MATTA. Embarqué lui aussi dans la galère Toyota, le Brésilien en a été... débarqué sans que ses qualités soient en cause. Il est reparti en Champ Car et s'y trouvera bien mieux. NICK HEIDFELD. Présenté en son temps comme un possible Schumi bis, l'Allemand végète en fond de grille. Il n'entre plus dans les plans de Mercedes et doit se contenter des miettes, en l'occurrence un baquet chez Jordan. ZSOLT BAUMGARTNER. A Indianapolis, il est devenu le premier Hongrois à marquer des points en F1, qui plus est sur une modeste Minardi. Cela dit, les top-teams ne se bousculent pas pour s'assurer ses services. JACQUES VILLENEUVE. Le bide de l'année. Renault pensait toucher le jackpot en engageant le Québécois à la place de Jarno Trulli pour les trois derniers GP. Résultat : un zéro pointé après des courses transparentes ! Peter Sauber doit se demander s'il a été bien inspiré en faisant signer un contrat de deux ans à l'ex-champion du monde. RICCARDO ZONTA. Principal bénéficiaire du licenciement de Cristiano Da Matta, cet autre Brésilien n'en a pas profité. CHRISTIAN KLIEN. A part un coup de bol à Spa où il a fini sixième, le jeune Autrichien n'a rien prouvé. GIORGIO PANTANO. Performant en F3000, l'Italien n'a pas convaincu parmi l'élite. Certes, sa Jordan n'était pas une flèche, mais de là à patauger comme il l'a fait... TIMO GLOCK. C'est vrai qu'il a fini septième au Canada mais globalement, le jeune Allemand n'a pas crevé l'écran sur la seconde Jordan. MARC GENE. Remplaçant Ralf Schumacher en France et en Grande-Bretagne, l'essayeur de Williams-BMW y a laissé passer sa chance. GIANMARIA BRUNI. L'autre pilote Minardi avait des sponsors pour payer sa saison, et c'est tout... Eric FaureLe BIDE de l'année, c'est JACQUES VILLENEUVE BAS LEINDERS MÉRITE MIEUX qu'un baquet d'essayeur