Parmi tous les grands attaquants qui ont marqué le football européen au cours des 50 dernières années, rares sont ceux qui peuvent se mesurer à l'Allemand Gerd Müller. Son style de jeu reste gravé dans les mémoires : petit et trapu, robuste physiquement, avec un centre de gravité bas lui permettant de pivoter rapidement en restant sur ses pieds, il a marqué la plupart de ses buts à bout portant, suivant l'exemple des joueurs opportunistes classiques.
...

Parmi tous les grands attaquants qui ont marqué le football européen au cours des 50 dernières années, rares sont ceux qui peuvent se mesurer à l'Allemand Gerd Müller. Son style de jeu reste gravé dans les mémoires : petit et trapu, robuste physiquement, avec un centre de gravité bas lui permettant de pivoter rapidement en restant sur ses pieds, il a marqué la plupart de ses buts à bout portant, suivant l'exemple des joueurs opportunistes classiques. Gerd Müller a atteint le sommet de sa carrière au milieu des années 70 et entraîne aujourd'hui des équipes amateurs au Bayern Munich. Gerd Müller : Etant plus jeune, je possédais déjà cet instinct de marquer. C'est un don avec lequel on naît et que l'on ne peut tout simplement pas apprendre. Je n'ai fait que réagir plus rapidement que mes adversaires, et j'ai toujours suivi les tirs en espérant un rebond. Bien entendu, il m'est arrivé souvent de courir pour rien. Non, cela ne s'exerce pas. Bien sûr, je m'entraînais avec plusieurs équipes dans ma ville natale de Nördlingen : les équipes juniors, la première équipe et même l'équipe des vétérans. Le samedi, je jouais dans l'équipe junior B le matin et dans l'équipe junior A l'après-midi. Lorsque j'étais enfant et que je jouais dans la rue. Les copains savaient que j'étais capable de mettre des buts, j'avais donc le droit de jouer avec les plus âgés. Oui, c'est certain. A l'époque, le football était notre seule distraction. Nous parvenions toujours à trouver un ballon, en plastique le plus souvent ceux en cuir étaient réservés aux enfants de parents plus riches. Mon frère Heinz m'avait acheté un ballon en plastique pour que je puisse jouer. Oui, ce terme a vu le jour du fait que les journalistes parlaient toujours des buts que Müller marquait, il faut le dire, grâce aux magnifiques passes que je recevais des autres joueurs de l'excellente équipe du Bayern Munich d'alors. Les attaquants actuels ne réagissent pas assez vite et ne profitent pas des occasions qui se présentent. Un attaquant devrait toujours être en alerte pour tenter de profiter d'un rebond. D'ailleurs, je ne me préoccupais pas de savoir comment le ballon entrait dans le filet û tant qu'il y entrait ! Je jouais déjà ainsi lorsque j'étais junior : je me mettais en position, faisais semblant d'armer un tir ; le défenseur suivait généralement le mouvement, alors je le crochetais, pivotais et tirais, du gauche ou du droit. Je n'ai jamais vraiment réfléchi au fait que j'aurais pu tirer à 20 mètres de distance ; je me sentais plus à l'aise dans la surface de réparation, en face du but, plutôt qu'à l'extérieur... Pas beaucoup. Mais j'ai marqué mon 200e but de championnat à 18 ou 19 mètres de distance, face à Norbert Nigbur, le gardien de Schalke. C'était contre Atletico Madrid, lors du match rejoué de la finale de la Coupe d'Europe à Bruxelles, le 17 mai 1974. J'ai contrôlé le ballon, pivoté et tiré violemment dans le haut du filet dans un angle très serré. Le score est passé à 2-0 et nous avons finalement gagné 4-0. La finale avait été rejouée parce que Katsche Schwarzenbeck, notre défenseur, avait égalisé à la dernière minute du temps additionnel lors du premier match. Un but marqué depuis une distance incroyable, qui est arrivé dans le filet alors que j'étais justement sur le point de lui hurler de ne pas tirer d'aussi loin, que c'était ridicule ! Il y en a eu plusieurs, comme le but de la finale de la Coupe d'Europe en 1975 contre Leeds United à Paris, que nous avons remporté par 2-0. Mais il est vrai qu'un but qui vous fait gagner la Coupe du Monde est très important. Lorsque j'ai marqué ce but, le ballon venait de rebondir sur mon pied gauche ; Dieu merci, j'ai pu réagir plus vite que les autres et le tirer dans le coin le plus éloigné. C'est le quatrième de mes quatre buts marqués avec l'Allemagne contre l'Union Soviétique à Munich en mai 1972, où nous avons gagné 4-1. Günter Netzer a touché le poteau, la balle est revenue, j'ai tiré, elle a touché le pied du gardien et elle est rentrée. Voilà un cas où il valait la peine de suivre le jeu. Je dirais en avril 1972, lors des quarts de finale du Championnat d'Europe à Wembley. C'était la première fois que l'Allemagne battait l'Angleterre chez elle. Nous avons gagné 3-1 et j'ai marqué un but ; ce fut un match magnifique. Oui, vous parlez de la demi-finale de la Coupe du Monde à Mexico : 3-4 contre l'Italie après les prolongations. Nous n'en menions pas large ce jour-là ! Et j'ai toujours envie d'étrangler mon coéquipier Siggi Held pour avoir perdu le contrôle du ballon juste avant que Tarcisio Burgnich égalise 2-2. C'est un match que je ne supporte plus de visionner û même si je pense que cette Coupe du Monde de 1970 a été la meilleure. Avoir été désigné l'année dernière meilleur joueur des 40 ans de la Bundesliga û et aussi footballeur européen de l'année en 1970. Je n'avais pas vraiment de préférences ; le plus important était d'éviter de jouer contre l'Italien Roberto Rosato qui griffait, mordait et restait juste à côté de vous pendant toute la durée du match. Les Argentins et les Uruguayens avaient aussi tendance à parfois dépasser les limites. Quant aux Brésiliens, je n'ai joué contre eux qu'une seule fois et nous avons perdu 0-1 à Berlin. J'ai peut-être fait une erreur. Cependant, mon choix n'avait rien à voir avec le fait que les épouses des joueurs n'étaient pas invitées au gala qui suivait la finale de la Coupe du Monde, comme le bruit avait couru à l'époque. Je désirais simplement passer plus de temps avec ma petite fille et moins de temps loin de chez moi avec le Bayern. Est-ce que j'en ai vraiment raté autant ? Je me souviens en avoir raté un à Hambourg. Et j'en ai tiré un au-dessus de la barre contre la Yougoslavie. Nous avons perdu ces deux matches. Je devenais un peu nerveux lorsque le score était nul ou que nous n'avions qu'un but d'avance, c'est vrai. Et je n'ai jamais partagé l'idée répandue selon laquelle un joueur qui a été victime d'une faute ne devrait pas tirer le penalty lui-même. Bien sûr. J'ai pensé tellement de fois que j'allais tout rater. Mais ensuite, j'ai toujours eu assez de chance pour marquer un but avec l'équipe nationale ; l'entraîneur Helmut Schön me sélectionnait donc toujours. Oui, ça m'est arrivé une fois, contre la France à Berlin. Avant ce match, je me demandais si j'avais vraiment ma place en équipe nationale alors que je jouais si mal, et tout cela a fait une montagne dans la presse. Lorsque nous sommes arrivés à Berlin, Helmut Schön m'a emmené dans sa chambre et m'a expliqué qu'il ne pouvait me faire jouer. Mais Franz Beckenbauer s'est blessé à l'orteil et je suis entré peu après la mi-temps û et j'ai marqué un but dès que j'ai touché le ballon. Nous avons gagné 5-1. Cette rencontre a tout changé, puisque j'ai retrouvé mon instinct de marquer des buts. Je ne savais pas qu'il avait dit cela û et je ne crois pas qu'il l'ait fait. Mais la situation était déjà suffisamment difficile. Premièrement, je n'avais pas très envie de quitter ma ville natale. Deuxièmement, à mon arrivée à Munich, nous avons subi quatre semaines d'entraînement de début de saison à l'école sportive de Grünwald à Munich. Après quatre jours, je me disais que j'étais cinglé û j'étais épuisé physiquement, complètement vidé. Ensuite, je me suis cassé le bras lors d'un match contre TSV 1860 et j'ai dû m'arrêter pendant six semaines. Je n'ai pu faire mes preuves que plus tard, lorsque nous avons battu TSV 5-2 et que j'ai marqué trois buts contre le gardien Pyka, qui est parti pour Schalke peu après. A ce moment-là, la première équipe du Bayern était tenue à égalité 1-1 par Ingolstadt. Le président du club Wilhelm Neudecker a alors voulu que je joue dans cette équipe. Lors de mon premier match, contre Fribourg, j'ai marqué trois buts. 80 buts, c'est beaucoup ! Mais je pense que je pourrais en marquer 40. De nos jours, un avant-centre a plus d'espace face à une défense à quatre qu'à mon époque : un défenseur nous marquait de près et ensuite, il fallait encore passer le libéro. Et nous étions bien plus brutalisés que les joueurs le sont aujourd'hui ! Detlef Pirsig de Duisburg était vraiment méchant û il arrivait vers vous en sautant. Je ne restais pas sur son chemin lorsque nous jouions à l'extérieur mais à Munich, je courais en cercles autour de lui. Brême avait également quelques durs, comme Sepp Piontek ou Horst Höttges. Et il y avait aussi Willi Schulz, qui ne préoccupait jamais de savoir s'il attrapait le ballon ou le joueur. A mon époque, Roberto Rosato et, plus tard, un autre Italien, Alessandro Costacurta. Paolo Maldini constitue une catégorie à part, mais je n'ai pas été très impressionné par Alessandro Nesta depuis l'année dernière. Fernando Hierro a très bien joué pour le Real Madrid. L'Allemagne ne possède actuellement aucun grand défenseur central ; Philipp Lahm de VfB Stuttgart est le meilleur arrière latéral. Ronaldo, grâce à sa vitesse. Le Néerlandais Ruud van Nistelrooy û toujours en mouvement, il est rapide, peut tirer des deux pieds, représente un danger permanent autour du but et court après chaque ballon. Non, pas vraiment. Non, pas du tout. Je ne peux plus, après les opérations que j'ai subies aux hanches. Mais je joue au tennis tous les jours, si possible. J'arrive sur le terrain d'entraînement du Bayern chaque matin à 7 h 30 et je retrouve quelques jeunes joueurs dans les vestiaires. Je discute ensuite avec l'entraîneur amateur, Hermann Gerland, et à 10 heures, nous sommes sur le terrain. Je prends une pause à midi pour jouer au tennis, faire un sauna ou profiter d'un massage, et l'après-midi se passe avec la séance d'entraînement. Mais il me reste du temps pour mon rôle de grand-père, que j'apprécie beaucoup. Je ne préfère pas. Il est difficile d'enseigner réellement à un joueur comment marquer des buts. Ces conseils sont généralement oubliés une fois sur le terrain, de toute façon. Ils ne sont pas assez concentrés et manquent l'occasion soudaine et inespérée de marquer. Je n'aime pas tellement passer d'une fête à l'autre. Je suis bien plus heureux avec mes amis û des personnes que je connais depuis 30 ans. Je prends cela comme un honneur. Cependant, les autres joueurs ont fait leur part. Je communiquais de façon presque télépathique avec Franz, surtout lorsque nous effectuions ces une/deux û mais malheur à moi si je partais du mauvais côté ! Il faisait alors toujours le même geste dégoûté de la main. Oh oui, Franz pouvait être vraiment odieux sur le terrain lorsqu'il le voulait ! Karlheinz Wild" Les attaquants actuels ne sont PAS ASSEZ CONCENTRéS et ne voient pas venir l'occasion soudaine et inespérée "