Sur l'armoire de son living traînent plusieurs albums et les trophées gagnés avec les jeunes. Dont la médaille d'or de la Coupe d'Afrique pour Espoirs, disputée en 1999 en Afrique du Sud. Emmanuel Kenmogne est passé par toutes les sélections d'âge du Cameroun et en retient de très grands moments, comme ses rencontres avec Roger Milla et le président de la République, ou encore une victoire au prestigieux Tournoi de Montaigu, où le Cameroun avait notamment battu la France.
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Sur l'armoire de son living traînent plusieurs albums et les trophées gagnés avec les jeunes. Dont la médaille d'or de la Coupe d'Afrique pour Espoirs, disputée en 1999 en Afrique du Sud. Emmanuel Kenmogne est passé par toutes les sélections d'âge du Cameroun et en retient de très grands moments, comme ses rencontres avec Roger Milla et le président de la République, ou encore une victoire au prestigieux Tournoi de Montaigu, où le Cameroun avait notamment battu la France. "A 15 ans, je me suis inscrit dans la plus grande école de foot de mon pays. Plusieurs joueurs ayant entre-temps fait carrière en Europe sont passés par là, dont Rigobert Song. Les professeurs sont presque tous d'anciens internationaux. Je suis ensuite passé au Racing Bafoussam, l'équipe qui m'a permis de débuter en D1. Justice Wamfor jouait là-bas avant de venir à Genk. J'y suis resté deux ans, puis j'ai été transféré aux Sables de Batié, un club de Douala créé en 1995 mais débordant d'ambition et possédant beaucoup de moyens. Nous avons très vite disputé la Ligue des Champions, ce qui m'a permis d'être repéré par plusieurs clubs étrangers. On m'a parlé d'un intérêt français et aussi d'Anderlecht, dont les scouts m'avaient vu à la télévision, mais c'était du long terme. Or, je voulais jouer chaque semaine un match officiel. J'ai alors signé à Africa Sports, une des meilleures équipes du championnat de Côte-d'Ivoire. Cette compétition n'est pas beaucoup plus relevée que celle du Cameroun, mais tout y est mieux organisé: il y a un bon suivi médiatique et des sponsors s'intéressent au foot, ce qui n'est pas le cas dans mon pays. En Côte-d'Ivoire, il y a aussi plusieurs entraîneurs étrangers, qui haussent le niveau. J'ai notamment travaillé avec deux coaches suisses et j'ai connu Valère Billen". En transit à Bastia et à LommelSi l'on en croit le nouvel attaquant des Loups, au Cameroun, le manque d'infrastructures est un très gros problème. Par contre, la fédération met les petits plats dans les grands dès qu'il s'agit de préparer une de ses équipes nationales pour un tournoi. "Avec les jeunes, j'ai notamment fait des stages en Angleterre. Pour ces phases préparatoires, on parvient toujours à trouver de l'argent. J'en ai bien profité car cela m'a permis de décrocher un contrat à Africa Sports. Et dès ma première saison à Abidjan, j'ai été sacré meilleur buteur de D1", reconnaît Kenmogne.Alfred Raoul, l'homme qui a amené beaucoup de joueurs africains à Lokeren, lui parle alors de l'Europe. Au moment où le Cameroun fait la loi à la Coupe d'Afrique des Nations, Kenmogne passe pas mal d'heures dans les avions. Il atterrit à Bastia, où il s'entraîne dix jours avant d'apprendre que ce club a déjà trop de footballeurs extra-communautaires. Il prend alors la direction de Lommel. Il joue avec la Réserve de ce club contre Lokeren et marque deux buts. "Le lendemain, Alfred Raoul m'a dit que je serais quand même mieux dans un club francophone. Il m'a alors amené à La Louvière. Je suis arrivé le jour du match contre Bruges et j'ai pu signer jusqu'à la fin de cette saison".Meneur de jeu à l'origineEmmanuel Kenmogne (1m74, 70 kg) a laissé jusqu'ici une bonne impression lors des matches de l'équipe Réserve des Loups. Et il a fait ses débuts en championnat contre Charleroi, jouant les dernières minutes.Fils d'un prof de maths et d'une ménagère, Manu a dû longtemps batailler avec ses parents pour pouvoir se consacrer au football : "Mon père ne voulait pas en entendre parler. Il désirait que je termine d'abord mes humanités. Je lui ai obéi et, une fois mon diplôme en poche, je lui ai dit: -Maintenant, je suis assez grand pour décider moi-même. J'avais une obsession, qui était la même que celle de 90% des footballeurs africains: obtenir une chance en Europe. Mon père est malheureusement parti sans prévenir. Un jour, on m'a dit de rentrer d'urgence à la maison, à Yaoundé, après un match de championnat. Quand je suis arrivé, j'ai appris qu'il venait de mourir". Kenmogne n'a pas toujours été attaquant. Il fit ses débuts en D1 camerounaise comme numéro 10, puis un de ses entraîneurs décida que sa pointe de vitesse serait plus utile sur un flanc. Ensuite, un autre coach lui prédit une grande carrière devant. "J'y ai vite pris goût. Je suis obsédé par le but adverse. Je déteste quitter un stade sans avoir marqué au moins une fois. Même à l'entraînement, ça me démange. Si je n'ai pas marqué pendant un petit match, je me rattrape avant de rentrer au vestiaire. Je prends les ballons qui traînent et je les expédie dans un but vide".Pierre Danvoye, ,