Allier la manière au résultat, l'entraîneur du RSCA, Hugo Broos, en avait fait l'un de ses chevaux de bataille, cette saison. Après un quart de championnat, toutefois, force est de constater que ce retour à l'académisme n'a pas encore pris forme sur le terrain. Car si les Mauves se situent au faîte de la hiérarchie nationale, l'équité commande d'écrire qu'ils le doivent davantage à la force de percussion de leurs attaquants qu'à un football bien léché. Avec neuf buts marqués et dix passes décisives, au bout de huit journées à peine, aucune division offensive de l'élite n'a été aussi incisive que celle constituée par le duo Aruna Dindane- Ivica Mornar.
...

Allier la manière au résultat, l'entraîneur du RSCA, Hugo Broos, en avait fait l'un de ses chevaux de bataille, cette saison. Après un quart de championnat, toutefois, force est de constater que ce retour à l'académisme n'a pas encore pris forme sur le terrain. Car si les Mauves se situent au faîte de la hiérarchie nationale, l'équité commande d'écrire qu'ils le doivent davantage à la force de percussion de leurs attaquants qu'à un football bien léché. Avec neuf buts marqués et dix passes décisives, au bout de huit journées à peine, aucune division offensive de l'élite n'a été aussi incisive que celle constituée par le duo Aruna Dindane- Ivica Mornar. Toutes proportions gardées, on se croirait revenu trois ans en arrière à une époque où un autre tandem qui, grâce à sa prolificité en zone de vérité, occultait les approximations du jeu anderlechtois : Jan Koller et Tomasz Radzinski. Ensemble les deux hommes avaient inscrit 45 buts sur la scène nationale, en 2000-2001, et frappé à 12 reprises en Ligue des Champions. Des prouesses qui n'étaient pas restées sans conséquences puisqu'au terme du championnat, le géant tchèque fut transféré au Borussia Dortmund et son compère canadien à Everton. Dans la foulée, deux autres footballeurs quittèrent également le Parc Astrid : Didier Dheedene à destination de Munich 1860 et Bart Goor de l'Hertha Berlin. Financièrement, les champions de Belgique d'alors ne s'en portèrent pas plus mal, en ce sens que ces départs avaient fait gonfler la trésorerie de quelque 20 millions d'euros. Mais, au plan purement sportif, les Bruxellois perdirent de leur superbe en engageant des éléments qui, au départ, étaient loin d'avoir le même statut d'incontournables que leurs devanciers, comme Tarek Saïd, Ode Thompson ou encore Joris Van Hout, tous partis vers d'autres cieux entre-temps. Quant aux autres, transférés durant la même intersaison 2001, il aura fallu patienter un an, voire plus encore, pour qu'ils donnent la pleine mesure de leur talent. Comme Nenad Jestrovic, Ivica Mornar et, dans une moindre mesure, Mark Hendrikx. " Plus jamais le club ne doit retomber dans les mêmes travers ", avait observé le coach d'alors, Aimé Anthuenis, au seuil d'une nouvelle aventure européenne qui s'était transformée en eau de boudin quelques mois plus tard, alors que le RSCA avait terminé quatrième et dernier d'un groupe comprenant le Real Madrid, l'AS Rome et le Lokomotiv Moscou. Mais la question est posée : la direction anderlechtoise, qui a rebâti une formation compétitive dans l'intervalle, saura-t-elle décliner les offres que les plus nantis lui proposeront pour l'un ou l'autre de ses joueurs les plus en vue, tel que Walter Baseggio, par exemple, ou surtout Aruna Dindane, qui n'en finit pas de briller depuis le début de la compétition ? La parole au manager général, Michel Verschueren. " Pour un club de notre dimension, la Ligue des Champions constitue à la fois une aspiration et une exaspération ", observe-t-il. " D'un côté, pour des raisons sportives et pécuniaires évidentes, une participation à cette épreuve est du pain béni. Mais en tant que parent pauvre, par rapport aux représentants des grandes nations footballistiques, nous courons évidemment le risque de voir nos meilleurs éléments focaliser sur eux l'attention des grands clubs. A cet égard, les deux joueurs les plus exposés sont bien évidemment Walter Baseggio et Aruna Dindane, qui n'ont d'ailleurs jamais caché avoir d'autres ambitions que le Sporting. Dans les deux cas, nous sommes couverts, dans la mesure où, contrairement à ce qui s'était produit pour Didier Dheedene, ces deux garçons sont encore sous contrat, respectivement, jusqu'en 2005 et 2006. S'ils nous quittent, ce sera inévitablement contre monnaie sonnante et trébuchante. Nous-mêmes, nous ne les pousserons pas vers la porte de sortie, conscients de l'apport précieux qu'ils seront toujours capables de nous fournir. Mais si chacune des parties pouvait réaliser une bonne affaire, il serait sot de ne pas s'asseoir à la table des négociations. Il en était allé ainsi, en 2001, avec Jan Koller et tout le monde y avait trouvé son compte : le joueur, en paraphant un contrat astronomique et Anderlecht, qui avait encaissé un montant record à l'époque, un peu plus de 12,5 millions d'euros. Certains nous ont reproché d'avoir fait primer l'argent sur les considérations sportives dans ce dossier. Ce n'est pas vrai. Au printemps de la même année, nous pensions nous être prémunis en doublant ni plus ni moins le salaire du joueur, tout en lui offrant un nouveau bail de longue durée. Malgré quoi, les Allemands étaient revenus à la charge en proposant à notre club et au joueur des conditions impossibles à refuser. En général, quand un montant de transfert dépasse le tiers du budget d'un club, il est difficile de rester de marbre. Et c'est la raison pour laquelle nous avions fléchi. Non sans avoir acquis deux éléments qui nous ont rendu de précieux services entre-temps, même si leurs débuts furent laborieux : Nenad Jestrovic et Ivica Mornar. En ce qui concerne Aruna Dindane, nous n'avons pas procédé autrement jusqu'ici : le joueur s'est lié à des conditions plus avantageuses, en cours de saison passée, mais nous sommes conscients qu'il est en train d'épater la galerie. Avec le risque, évident, qu'il ne sera peut-être plus des nôtres la saison prochaine. Une chose est sûre : si Aruna Dindane s'en allait, ce sera en fin de compétition et non durant le mercato d'hiver. Tant que Nenad Jestrovic n'aura pas recouvré l'intégralité de ses moyens, nous manquerons de solutions à l'avant. C'est la raison pour laquelle un départ n'est pas envisageable en janvier. En outre, nous avons également retenu la leçon de ce qui nous était arrivé il y a deux ans quand, d'un championnat à l'autre, nous avions été privés de 75 % de notre potentiel offensif suite aux transferts de quatre joueurs. A présent, les mouvements se feront au compte-gouttes et ils ne concerneront plus autant d'éléments aussi déterminants dans un seul secteur. Un attaquant et un médian, d'accord, mais pas deux attaquants ou deux médians. Auquel cas nous créerions un nouveau déséquilibre. D'autre part, si Aruna Dindane était cédé, une solution de rechange s'imposerait. Si l'Ivoirien s'est révélé complémentaire tour à tour avec Nenad Jestrovic et Ivica Mornar, l'association de ces deux derniers en pointe n'est pas garante d'un même succès. Nous avions songé à une alternative avec le Lierrois Arouna Kone, en début de saison. Mais celui-ci, pour doué qu'il soit, ne présente quand même pas les mêmes qualités que son compatriote ivoirien chez nous. C'est pourquoi d'autres pistes sont à l'étude pour le moment. Quoi qu'il arrive, nous ne serons cette fois plus démunis ". " Difficile de rester de marbre quand un transfert représente plus du tiers de notre budget " (Michel Verschueren)